N° 113, avril 2015

Les attractions touristiques de la province de Fârs
2ème partie


Hamideh Haghighatmanesh

Voir en ligne : Les attractions touristiques de la province de Fârs (1 ère partie : Shirâz)


Paradis perdu (Behesht-e gomshodeh) dans la région de Kâmfirouz, Marvdasht

La province de Fârs, située au sud-ouest de l’Iran, s’étend sur une superficie de 122 608 km2 et est à ce titre la cinquième province la plus vaste d’Iran. Les provinces limitrophes sont celles d’Ispahan au nord, de Hormozgân au sud et au sud-est, de Boushehr à l’ouest et au sud-ouest, de Kohkilouyeh au nord-ouest, de Kermân à l’est et de Yazd au nord-est. Les monts Zâgros, l’un situé au nord-ouest et l’autre au sud-est de la province, sont de hauts plateaux montagneux divisant la province en deux zones géographiques distinctes. Lors du dernier recensement de 2010, le nombre d’habitants de la province s’élevait à 4 528 513 personnes. Shirâz est la capitale du Fârs, et les autres villes principales de cette province sont Abâdeh, Bovânât, Dârâb, Estahbân, Eghlid, Fasâ, Firouzâbâd, Kâzeroun, Khonj, Jahrom, Sepidân, Lâr, Lâmerd, Marvdasht, Mamasani ou encore Neyriz.

En tant que l’un des plus anciens centres de la civilisation iranienne et la capitale gouvernementale la plus importante de l’Antiquité iranienne, notamment des rois achéménides et sassanides, la province abrite un grand nombre d’attractions historiques, mais aussi naturelles et géotouristiques en grande majorité situées à proximité de ses principales villes. Il va de soi que l’on ne peut aborder ici l’ensemble de ces attractions - nous nous contentons d’un florilège en insistant sur les plus visitées, en commençant par la capitale de la province, ville des grands poètes d’Iran.

Persépolis (Takht-e Djamshid)

Marvdasht :

Persépolis (Takht-e Djamshid) : Ancienne capitale de l’empire achéménide, Persépolis se situe dans la plaine de Marvdasht, au pied de la montagne Kouh-e Rahmat, à environ 70 km au nord-est de la ville de Shirâz. Sa construction commença en 521 av. J.-C. sur ordre de Darius Ier et se poursuivit pendant plus d’un siècle. Le site de Persépolis est un vaste complexe érigé sur une terrasse monumentale. ہ proximité de la Terrasse se trouvaient d’autres éléments dont les habitations de la ville basse, des tombes royales, des temples et des jardins. De nombreux bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais attestent de la diversité des peuples composant l’Empire.

Le portrait de Rostam (Naghsh-e Rostam) : Ce site archéologique situé à environ 6 km de Persépolis, à Marvdasht, est appelé ainsi car les Perses pensaient que les bas-reliefs sassanides sous les tombes représentaient Rostam, héros mythique perse. Le site contient quatre tombes royales achéménides et trois registres de bas-reliefs. L’une serait la tombe de Darius Ier, mais les trois autres tombes se trouvant à ses côtés ne portent aucune inscription permettant de les identifier avec certitude. Outre les tombes, il existe sept grands bas-reliefs taillés dans la roche de Naghsh-e Rostam. Face à la roche se trouve un monument zoroastrien appelé Ka’beh-ye Zartosht, et à l’extrémité du site se trouvent deux petits temples de feu.

La ville historique d’Estakhr

(Takht-e Tâvous) : A 7 km de Persépolis, le visiteur peut découvrir les restes de ce qui fut l’une des plus belles villes de Perse datant de l’époque achéménide. Conquise plusieurs fois, il n’en reste aujourd’hui que des ruines qui témoignent encore de sa splendeur passée, telles que la Grande Porte de pierre de la ville, des colonnes et des murs.

Cascade de Dashtak

Le barrage de Darius (Doroudzan) : Il y a près de 2400 ans, les besoins agricoles d’irrigation à l’époque achéménide ont mené à la construction de ce barrage près du village de Doroudzan. Il reste considéré comme un chef-d’œuvre d’ingénierie construit au meilleur endroit possible de la rivière, fournissant ainsi l’eau nécessaire aux champs. Ce barrage construit sur ordre de Darius est connu comme étant le plus ancien barrage de terre du Moyen-Orient.

Le village et la cascade de Dashtak : Dashtak est un vieux village de Marvdasht où ont été retrouvés des objets remontant à l’époque achéménide. La beauté de la nature environnante et la cascade située dans cette région historique à 65 km au nord-ouest de Marvdasht et à proximité d’une forêt de noyers valent également le détour.

Le Paradis perdu (Behesht-e gomshodeh) : Située à Marvdasht dans la région de Kâmfirouz à 120 km du nord-ouest de Shirâz, cette vallée verdoyante aux paysages spectaculaires et aux nombreuses cascades fait partie des zones protégées de la province de Fârs.

Firouzâbâd :

Le château d’Ardeshir Bâbakân : Ce château, qui fut également un temple zoroastrien, a été construit sur ordre d’Ardeshir Bâbakân, fondateur de la dynastie sassanide. Il est l’un des monuments les plus imposants de l’architecture sassanide. Il comprend de nombreuses salles, et le stuc décoratif du haut de ses murs est toujours intact, 1800 ans après sa construction.

La ville historique de Gour : Construite tout en rond, cette ville datant de l’époque achéménide et située à proximité de Firouzâbâd est un endroit chargé d’histoire antique. Les historiens rapportent qu’excédé par la résistance de ses habitants face à son armée, Alexandre aurait ordonné qu’on l’engloutisse sous l’eau, grâce à la construction d’un barrage. Après avoir fondé la dynastie sassanide, Ardeshir Bâbâkân restaura la ville et la choisit comme capitale.

Le bas-relief de la Victoire (Naghsh-e pirouzi) : Datant de l’époque sassanide, il figure la victoire d’Ardeshir sur le dernier roi arsacide. C’est le plus grand bas-relief d’Iran.

Bas-relief à Naghsh-e Rostam

Tangeh Haygher : Située à 35 km du sud-ouest de Firouz-Abâd, cette région, surnommée "Grand Canyon de l’Iran" en raison de la grande profondeur de sa vallée, est dotée d’une végétation et d’une faune endémiques uniques en leur genre. Depuis des années, les autorités tentent de faire figurer cette région sur la liste des géo-parcs iraniens de l’Unesco, mais la construction du barrage Haygher semble menacer ce projet.

La zone protégée Shahid : Elle constitue l’habitat d’espèces rares d’oiseaux migrateurs et d’animaux sauvages, et est un lieu de randonnée privilégié de la province.

Pasargades :

Le site archéologique de Pasargades est la principale attraction de la région. Il comprend de nombreux monuments historiques dont le mausolée de Cyrus, la forteresse Tall-e Takht, la Prison de Salomon, ainsi que les ruines de deux palais royaux, l’un datant probablement du règne de Darius et l’autre de celui de Cyrus.

Le mausolée de Cyrus le Grand : Autrefois située au milieu des jardins royaux, cette tombe qui constituait le cœur de Pasargades fut construite vers 530-540 av. J.-C. Alors qu’il visitait la tombe de Cyrus, Alexandre ordonna à l’un de ses soldats d’entrer dans le monument. Ce dernier y trouva une caisse en or contenant des objets royaux et guerriers ayant appartenu à Cyrus, ainsi que de nombreux bijoux et pierres précieuses.

Tall-e Takht : Construite en haut d’une colline, la forteresse de Darius, également connue sous le nom de « Trône de la mère de Salomon », est située à environ 2 km au nord-est du mausolée de Cyrus. Après son couronnement, Darius transforma ce bâtiment, auparavant lieu de réception, en une forteresse d’une superficie d’environ 2 hectares.

La Tour de pierre (bordj-e sangi) ou Prison de Salomon : Construite à l’époque des Achéménides, elle est le monument de Pasargades qui constitue l’un des meilleurs témoignages de la maîtrise architecturale et artistique des ingénieurs et architectes de l’époque. Diverses opinions existent concernant l’usage de ce monument : selon certains, il s’agirait du mausolée de Kamboudjieh, fils et successeur de Cyrus, d’autres soutiennent que cette tour abritait un temple de feu zoroastrien, d’autres encore estiment que l’endroit servait de centre d’archivage des documents administratifs achéménides d’importance. Le plan architectural du monument semble cependant confirmer l’hypothèse d’un lieu à usage rituel, le mystère n’ayant pas été encore élucidé par les archéologues.

Le complexe royal de Pasargades : Situé au centre du site de Pasargades, ce complexe est constitué de plusieurs châteaux, l’un ayant été habité par Cyrus, un autre, nommé Darvâzeh, possédant un bas-relief où figure un homme possédant des ailes, et le dernier, appelé Bâr-e Am, était destiné à l’accueil des invités et autorités des autres nations par Cyrus.

Le château d’Ardeshir Bâbakân, Firouzâbâd

Kâzeroun :

Le complexe historique de Bishâbour constitue le lieu touristique principal de la ville. Il comprend notamment la ville antique du même nom, le détroit de Tchogân, la grotte et la statue du roi sassanide Shâpour, la grande salle de cérémonie de Shâpour, le temple d’Anâhitâ, la forteresse Dokhtar, un temple de feu, ou encore la mosquée Djâmeh.

Le détroit de Tchogân (Tangeh-ye Tchogân) : Situé près de la ville historique de Bishâbour et à 25 km de Kâzeroun, il est situé au voisinage d’important bas-reliefs et gravures datant de la période sassanide. C’est également le lieu où les rois s’adonnaient à la pratique du jeu traditionnel du tchogân, l’ancêtre du polo.

La grotte de Shâpour I : Située au bout de Tangeh Tchogân, une statue de Shâpour I, fils d’Ardeshir Bâbakân, se trouve à son entrée.

Le lac Parishân : Ce lac, qui se distingue par sa beauté et son étendue et bénéficie d’une protection gouvernementale, est aujourd’hui gravement menacé de disparition.

Parmi d’autres attractions de cette ville, nous pouvons évoquer les plaines de narcisses (narges-zâr), l’orangeraie Bâgh Nazar, ou encore le village Davân, ou Mâsouleh de Fârs, datant probablement de l’époque sassanide.

Abâdeh :

La forteresse Izad-Khâst datant de l’époque sassanide, le barrage, le pont et le caravansérail d’Izad-Khâst remontant à l’époque safavide, le château du roi sassanide Bahrâm Gour, la forteresse Gabri, l’Emârat-e Kolâh Farangi, un bel édifice datant de l’époque qâdjâre, la mosquée Djâmeh Souriân ou encore la zone protégée Basirân font partie des lieux à visiter de cette ville.

Tangeh Haygher à 35 km du sud-ouest de Firouz-Abâd. Photo de Atoussâ Taghavi

Djahrom :

Parmi les monuments historiques incontournables de Djahrom, citons la caverne Sang-Shekan datant de l’époque safavide ; le temple du feu sassanide, situé à proximité du Mausolée de Bârbad ; le légendaire aède de la cour des Sassanides ; la Citadelle Gabri, dont le puits creusé à même le roc attire l’attention. Citons encore le Marché Zendyieh, datant du XVIIIe siècle, jumeau du Marché Vakil de Shirâz, au style très caractéristique de la période zend ; l’antique village de Behdjân, à la nature vierge et préservée, vieux de plus de quinze siècles ; l’antique village de Tâdvân et sa grotte exceptionnelle ; la Route des Epices, chef-d’œuvre d’ingénierie tracée au XVIe siècle liant l’Inde et l’Afrique à la Route de la Soie ; la caverne Varâ ; la forêt de Tchâhtiz ; la grotte calcaire Shafagh et enfin, le village Hakân et ses superbes prairies.

Lârestân :

Autre grande ville de Fârs, Lârestân possède également son lot de beautés historiques et naturelles. Citons, entre autres, la forteresse antique Ejdehâ-Peykar, à l’est de laquelle la mère de Nâder Shâh Afshâr repose dans un discret monument ; le Marché Gheysarieh, bon exemple de styles architecturaux iraniens juxtaposés, des styles pré-safavides aux qâdjârs, et stratégiquement entouré par plusieurs caravansérails safavides ; la citadelle sassanide Parvizeh-Evaz, perchée à 200 mètres au-dessus de la ville ; la Mosquée Djâmeh de Lâr, œuvre safavide ; le jardin Neshât enclos sur une belle bâtisse, siège du gouverneur de Lâr à l’époque safavide ; le mausolée de Pir Sorkh, vieil ermite soufi ; l’antique réservoir d’eau de Dahân-Shir, les réservoirs d’Evaz ainsi que le pont safavide Abbâsi. La nature du Lârestân mérite également d’être citée, notamment son Parc protégé, où vivent des espèces végétales et animales parfois endémiques et caractéristiques de cette région à la croisée de plusieurs différentes biosphères.

Nature vierge et préservée de Djahrom

Dârâb :

Comme la majorité des villes de la région, Dârâb possède une histoire prestigieuse que vient rappeler ses monuments. Citons parmi eux le temple de feu d’Azarakhsh au nord duquel un moulin de pierre sassanide en très bon état peut être visité ; la ville antique de Dârâbgerd, datant de l’époque des Achéménides et qui, en tant que première capitale sassanide, fut baptisée en l’honneur du roi sassanide Dârâb et construite selon un plan arrondi sur une plaine vaste et fertile ; la mosquée Djâmeh, le plus ancien monument de la nouvelle ville de Dârâb ; le temple de feu Azarjou à l’extérieur duquel deux puits de pierre ont été taillés à même la montagne ; le bas-relief de Shâpour, datant de l’époque sassanide, montrant les victoires de Shâpour Ier contre les Romains ; et le village historique de Navâygân, au voisinage de la citadelle Peykân. La nature de Dârâb, quant à elle, est fameuse pour ses points d’eau, notamment la source de Kâseh-roud qui descend du Zâgros et s’écoule dans la vallée Forg sous forme de belles cascades ; les 64 cascades du détroit de Raghz ; la belle cascade Fadâmi, à l’eau très douce, qui ne s’assèche pas même au plus chaud de l’été ; le village verdoyant de Lâyzangân avec ses belles prairies, vergers et grottes ; la source Golâbi, ravitaillant la ville en eau de façon permanente.

Détroit de Raghz, Dârâb

Sepidân :

Sepidân est une destination de randonnée et de découverte de la nature. La ville est située à proximité de la passe de Tizâb au fond de laquelle coule une rivière d’eau très douce, protégée par la montagne et fraîche toute l’année ; une autre passe connue de la région est celle, verdoyante, de Baghdioun et ses douze cascades superposées. Autre source d’eau incontournable : le lac Barm, enclavé entre deux hautes montagnes, Riz Boland et Ghalâgerd. Cette région montagneuse est tout aussi belle à visiter en hiver, alors recouverte de neige, quand la haute cascade Mourziân gèle, offrant un spectacle sublime. Parmi les autres cascades des environs, nous pouvons citer Mârgoun, qui sort du corps même de la montagne, tout près du sommet, ce qui en fait l’une des plus hautes cascades du monde ; Tchikân, située à l’ouest d’un village de ce même nom et qui s’écoule dans la passe de Ghouredân, réputée pour sa nature vierge car difficile d’accès.

Gerâsh :

Gerâsh est une ville à la fois ancienne et méconnue. Parmi ses monuments historiques ou naturels, on peut nommer la citadelle de Gerâsh ou Homâyoun-Dej, datant du VIIIe siècle et bâtie sur un mont, ainsi que le barrage sassanide de Fadâgh, construit au fond d’une vallée étroite afin d’y recueillir et conserver l’eau douce des rivières qui y passent. A proximité de la ville se trouve également Berkeh Kal, le plus grand réservoir d’eau (berkeh) de l’Iran, dont la date de construction est inconnue, des rénovations y ayant été effectuées à la fin du XIXe siècle.

Sarvestân :

Dans cette petite ville de la province de Fârs, les monuments sont plus rares, mais tout aussi intéressants. Citons parmi eux le mausolée de Sheykh Youssef Sarvestâni, dans le centre-ville, qui date probablement de la période ilkhânide, ainsi que le Château sassanide de Sâssân, principalement bâti en pierre et craie. Sarvestân est également réputé pour son lac Mahârlou, à l’eau très salée et d’usage industriel.

Sarvestân :

Dans cette petite ville de la province de Fârs, les monuments sont plus rares, mais tout aussi intéressants. Citons parmi eux le mausolée de Sheykh Youssef Sarvestâni, dans le centre-ville, qui date probablement de la période ilkhânide, ainsi que le Château sassanide de Sâssân, principalement bâti en pierre et craie. Sarvestân est également réputé pour son lac Mahârlou, à l’eau très salée et d’usage industriel.

Berkeh Kal, le plus grand réservoir d’eau (berkeh) de l’Iran, Gerâsh

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