N° 112, mars 2015

Les attractions touristiques de la province de Fârs
1 ère partie : Shirâz


Hamideh Haghighatmanesh

Voir en ligne : Les attractions touristiques de la province de Fârs (2ème partie)


Darvâzeh Ghor’ân : Cette ancienne porte de la ville est située au nord-est de Shirâz

La province de Fârs, située au sud-ouest de l’Iran, s’étend sur une superficie de 122 608 km2 et est à ce titre la cinquième province la plus vaste d’Iran. Les provinces limitrophes sont celles d’Ispahan au nord, de Hormozgân au sud et au sud-est, de Boushehr à l’ouest et au sud-ouest, de Kohkilouyeh au nord-ouest, de Kermân à l’est et de Yazd au nord-est. Les monts Zâgros, l’un situé au nord-ouest et l’autre au sud-est de la province, sont de hauts plateaux montagneux divisant la province en deux zones géographiques distinctes. Lors du dernier recensement de 2010, le nombre d’habitants de la province s’élevait à 4 528 513 personnes. Shirâz est la capitale du Fârs, et les autres villes principales de cette province sont Abâdeh, Bovânât, Dârâb, Estahbân, Eghlid, Fasâ, Firouzâbâd, Kâzeroun, Khonj, Jahrom, Sepidân, Lâr, Lâmerd, Marvdasht, Mamasani ou encore Neyriz.

En tant que l’un des plus anciens centres de la civilisation iranienne et la capitale gouvernementale la plus importante de l’Antiquité iranienne, notamment des rois achéménides et sassanides, la province abrite un grand nombre d’attractions historiques, mais aussi naturelles et géotouristiques en grande majorité situées à proximité de ses principales villes. Il va de soi que l’on ne peut aborder ici l’ensemble de ces attractions - nous nous contenterons d’un florilège en insistant sur les plus visitées, en commençant par la capitale de la province, ville des grands poètes d’Iran.

Mausolée de Shâh Tcherâgh

Shirâz

Le mausolée de Shâh Tcherâgh : Ce mausolée, qui est le principal lieu de pèlerinage de la province, abrite le tombeau du fils du septième Imâm des chiites, l’Imâm Moussâ Kâzem qui, décidant de rejoindre son frère l’Imâm Rezâ alors dans le Khorâssân, fut assassiné en chemin par les agents du calife abbasside Ma’moun et enterré à Shirâz. Outre sa valeur spirituelle pour les chiites, le mausolée en lui-même a une importante valeur historique et architecturale. A l’est du mausolée, on peut également visiter la mosquée Djâmeh Atigh, l’une des plus anciennes de la ville.

La mosquée Nasirolmolk : Datant de l’époque qâdjâre, elle se situe également à proximité du mausolée de Shâh Tcherâgh. Elle comporte deux iwâns au nord et au sud, ainsi que deux parties couvertes (shabestân) à l’est et à l’ouest. Celui situé à l’ouest est le plus beau : il possède sept portes de bois ornées de verres multicolores, ses murs sont décorés de belles céramiques, et son plafond orné de motifs floraux et de versets coraniques. Sa décoration est inspirée de celle de la mosquée Vakil située dans la même ville.

La mosquée Moshir : considérée comme étant l’un des plus importants monuments historiques de Shirâz, cette mosquée date de l’époque qâdjâre et a été construite par Hâdji Mirzâ Abolhassan Khân Moshirolmolk. Au nord de cette belle mosquée se trouve un petit shabestân ainsi que deux minarets ornés de céramiques colorées.

La mosquée Vakil : située à l’ouest du marché Vakil et à côté du hammâm du même nom, elle fait partie des monuments les plus beaux datant de l’époque zend et est dotée d’une grande importance artistique et architecturale. Construite sur ordre de Karim Khân Zend, cette mosquée est dotée de deux iwân et de deux shabestân.

Mosquée Nasirolmolk

Le marché Vakil : Egalement construit sur ordre de Karim Khân Zend, ce marché est situé au centre de Shirâz. La mosquée et le hammam historique du même nom se trouvent à sa proximité. Ce marché tout en longueur est considéré comme l’un des sites les plus beaux restés du règne de Karim Khân Zend. Il semble que ce dernier, après avoir admiré l’ancien marché de Lâr datant de l’époque safavide, ait ordonné de construire ce marché à Shirâz selon le même plan. Il a longtemps été le cœur économique de la ville.

Le hammam Vakil : Ce hammam datant de l’époque zend a été construit selon les techniques architecturales les plus novatrices de son époque. La forme de l’entrée, les pentes et les angles, tout concourait à conserver la chaleur au maximum.

Sarâ-ye Moshir ou Golshan : Ce monument de forme octogonale datant de l’époque qâdjâre est situé au bout du marché Vakil. L’architecture de cette œuvre de Mirzâ Abolhassan Khân Moshirolmolk s’inspire du modèle des caravansérails safavides. Dans l’espace fermé de l’octogone, on peut admirer des bâtiments ayant de hauts plafonds carrelés et en muqarnas. Darvâzeh Ghor’ân : Cette ancienne porte de la ville est située au nord-est de Shirâz, entre les monts Tchehel Maghâm et Bâbâ kouhi. Après sa construction, un Coran a été ajouté au-dessus de la porte afin que, selon une croyance ancienne, les voyageurs soient bénis et protégés lorsqu’ils passent en dessous. A l’époque zend, Karim Khân a procédé à la restauration de la porte en y ajoutant une chambrette où sont disposés deux anciens exemplaires précieux du Coran.

Shabestân de la mosquée Vakil

Le tombeau du poète Hâfez (Hâfezieh) : Au nord de Shirâz, près de Darvâzeh Ghor’ân, au sein de Khâk Mosallâ, l’un des célèbres cimetières de la ville, se trouve le mausolée du grand poète iranien Hâfez. Un premier monument doté d’une voûte a été construit autour de la tombe pour la première fois sur ordre de Shamseddin Mohammad Yaghmâee, ministre des Moghols d’Inde et un temps gouverneur du Fârs. Il a été restauré à l’époque safavide, puis une seconde fois à l’époque de Nâder Shah Afshâr. Enfin, Karim Khân Zend fit construire le monument actuel reposant sur quatre colonnes et mit une pierre de marbre sur son tombeau, la même que l’on peut admirer aujourd’hui.

Le tombeau de Saadi (Saadieh) : Situé à 4 km au nord-est de Shirâz, au pied de la montagne et à côté du jardin Delgoshâ, le lieu de sépulture de Saadi est aussi celui où il a passé la fin de sa vie. Khâdjeh Shamseddin Mohammad, ministre de l’Ilkhânide Abâqâ Khân, a décidé d’y construire un mausolée, puis sur ordre de Karim Khân Zend, un monument royal en stuc à deux étages y a ensuite été édifié. Les architectures traditionnelle et nouvelle se côtoient dans le mausolée actuel, devant le porche où figure un bel iwân.

Sarâ-ye Moshir ou Golshan

Le mausolée de Khâdjou-ye Kermâni : Ce mausolée, situé au nord de Shirâz et à proximité de Darvâzeh Ghor’ân, contient le tombeau de ce grand poète. La rivière de Roknâbâd, tant célébrée par Hâfez, le traverse, tandis qu’un peu plus haut se trouvent trois grottes dont l’une était le lieu de retraite de Khâdjou.

Emârat-e Kolâh-Farangi (musée Pârs) : Datant de l’époque zend, ce bâtiment de forme octogonale construit sur ordre de Karim Khân servait durant son règne à l’accueil des invités et ambassadeurs étrangers, et s’y déroulaient les cérémonies officielles. Il est également appelé bâgh-e hokoumati (jardin gouvernemental). Transformé depuis en musée baptisé Pârs, il contient de nombreux objets allant de l’époque préhistorique à la période actuelle.

L’Orangeraie (nârendjestân) de Ghavâm : Ce grand complexe historique construit par Ghavâmossaltaneh, gouverneur du Fârs à l’époque de Nâsereddin Shâh Qâdjâr, comprend notamment la maison de Zitatolmolk, une orangeraie et plusieurs hammâms.

Mausolée du grand poète iranien Hâfez (Hâfezieh)

A proximité se trouve également une autre belle maison ancienne, celle de Zinat-ol-Molk Ghavâmi, femme pieuse et charitable de l’époque qâdjâre.

Le musée de madame Tussaud de Shirâz : reprenant le principe du célèbre musée anglais à une moindre échelle, ce lieu expose la représentation en cire de nombreux personnages marquants de l’histoire iranienne, dont Karim Khân, Saadi, Mansour Hallâdj, etc.

Le Divân-khâneh : Comptant parmi les plus somptueux de Shirâz, cet édifice datant de la période zend fut utilisé à l’époque de Karim Khân Zand comme centre gouvernemental. Il comporte notamment de belles peintures sur sa façade, des gravures sur pierre, ou encore des muqarnas sur bois et stuc.

Bâgh-e Eram : Ce jardin, situé à l’extérieur de la ville et à 3 km du mont Bâbâ-kouhi, date de l’époque seldjoukide. Le bâtiment principal du jardin, construit selon les styles architecturaux à la fois safavide et qâdjâr, comporte trois étages et un sous-sol où se trouve un bassin orné de belles céramiques multicolores. Le jardin en lui-même abrite de nombreuses espèces d’arbres, et est utilisé par l’université de Shirâz en tant que jardin botanique.

Autres jardins de Shirâz : De façon générale, la ville de Shirâz se caractérise par la présence en son sein ou dans sa banlieue, de nombreux parcs et jardins. Parmi ces jardins, nous pouvons citer le jardin des Oiseaux, qui abrite près de 2000 oiseaux de 300 espèces distinctes et provenant de 42 pays africains, européens et asiatiques ; le jardin Tchehel-Tan, qui date de la période zend où se trouvent 40 tombeaux appartenant à 40 derviches de Shirâz ; le jardin Jahân-namâ, l’un des plus anciens de Shirâz qui faisait autrefois partie de Dja’farâbâd et Mosallâ auxquels Hâfez fait beaucoup allusion dans ses poèmes ; le jardin Haft-Tanân, qui abrite le musée des pierres, le tombeau de sept mystiques, et est l’un des lieux les plus anciens de Shirâz ; le jardin Delgoshâ, dont l’existence remonterait à l’époque sassanide, connu pour sa belle et grande orangeraie, et situé dans un lit montagneux, à côté d’un canal souterrain nommé Mâriz Saadi ; ou encore le jardin Afif-Abâd ou Golshan, situé à l’est de Shirâz, abritant l’un des plus grands musées d’armes du Moyen-Orient. A l’époque safavide, ce jardin servait pour les promenades royales, et une citadelle y a été construite à l’époque de Shâh Abbâs.

À suivre...

Emârat-e Kolâh-Farangi (musée Pârs)

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3 Messages

  • La qualité de cette architecture ancienne est remarquable.
    Les constructeurs d’alors ont conçu leurs bâtiments pour les inscrire dans la durée.
    Le summum à mon sens est la maitrise de la géométrie des céramiques.
    Merci pour cet article qui rapproche les adeptes de cultures différentes.
    Il y a 40 ans j’ai découvert votre pays(deux mois de séjour), j’espère y retourner un jour avant le grand voyage...

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  • Bonjour, J’arrive le 27 février en provenance de France pour Shiraz. Je compte faire un long périple de plusieurs semaines à travers l’Iran (avec sac à dos). Pouvez-vous m’aider à trouver quelques bonnes adresses d’hébergement chez l’habitant, et pour commencer à Shiraz` ?
    Merci !
    Médéric Vildebrand, Albi, France

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    • Mon expérience d’hébergement chez l’habitant se situe seulement dans le village troglodyte de Kandovân dans la province iranienne d’Azerbaïdjan, au cours d’un voyage avec un groupe d’amis. Ce sont les habitants eux-mêmes qui nous avaient spontanément proposé un hébergement dans leurs grottes, en toute simplicité, cela va sans dire car ce village est dénué de tout hébergement hôtelier. Se munir d’un bon duvet.

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