N° 160, mars 2019

La femme dans le miroir de l’islam


Zeinab Moshtaghi


Tout au long de l’histoire, la femme a essuyé de grandes injustices. Elle a souvent été dépourvue de ses droits les plus élémentaires et considérée comme inférieure à l’homme autant sur le plan physique que moral.

En portant un regard attentif sur la place de la femme dans les civilisations et les religions antérieures à l’islam, on constatera que ce dernier se distingue par l’estime qu’il réserve à la femme. Dans cet article, en prenant en considération d’autres points de vue, nous essaierons de répondre aux questions suivantes : est-ce que l’islam considère que la femme, en tant qu’être humain, est égale à l’homme, ou inférieure à lui ? Est-ce que les droits naturels et humains de la femme et de l’homme sont identiques ou différents ? Quelle est la place de la femme dans le Coran et dans l’islam ?

 

Introduction

 

Avant l’avènement de l’islam, les civilisations sumérienne, assyrienne et babylonienne réduisaient la place et le rôle de la femme à une portion congrue. Le Code de Hammourabi, par exemple, a poussé l’injustice jusqu’à la rendre responsable des péchés qu’elle n’aurait pas même commis, alors qu’il ne condamne pas un homme qui aurait assassiné une femme. La religion de Manu, elle, réduisait la femme à un bien transmissible par héritage. Elle n’avait pas droit à l’instruction et son rôle se limitait à procurer du plaisir aux hommes. Pire, la vie de la femme prenait fin à la mort de son époux car la tradition voulait qu’elle fût brûlée avec lui sur le même bûcher (Conf. « Femme en Islam », 21/01/09 8:29 p. 33) Quant à la civilisation chinoise, elle considérait la femme comme un signe de malheur et de mauvaise fortune. Elle était cloitrée chez elle et ne pouvait porter son regard sur personne. (Ibid., p. 34) Chez les Grecs, la femme était considérée comme un être impur. Le poète Hésiode disait qu’elle était « dotée d’un cerveau de chien et de beaucoup de ruse ». Le grand orateur Demostène, lui, parlait des femmes en ces termes : « Nous prenons les prostituées pour le plaisir, les amantes pour la santé quotidienne de nos corps, et les épouses pour la procréation ». Les Romains, eux, ont longtemps considéré la femme comme un animal crasseux. Les temples lui étaient interdits et, de ce point de vue, le paradis aussi. Selon eux, sa féminité était la cause même de son incapacité juridique. Selon la Torah, c’est Ève qui est derrière la tentation d’Adam. Dans la Genèse (III, 12) on peut lire : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Genèse, 3). La femme faisait partie des biens de son époux et devait, de ce fait, céder ses droits humains et matériels. (Conf. « Femme en Islam », 21/01/09) 8:29, p. 34) Les Israélites donnaient leurs femmes en offrande en les sacrifiant par le feu pour rentrer dans les grâces de Molok. Ainsi dans Jérémie 32, il est dit : « Et ils ont construit des hauts-lieux consacrés à Baal dans la vallée de Ben-Hinnom, pour brûler leurs fils et leurs filles en l’honneur de Molok ; c’est là une abomination que je n’avais pas ordonnée. » (Jérémie, 32) (Ibid., p. 35). Les Arabes de la période préislamique détestaient tellement avoir des filles qu’ils les enterraient vivantes. Dieu dit : « Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde [l’envahit]. Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement ! » (Sourate Les abeilles (An-Nahl), versets 58-59).

Voici donc quelques aperçus sur les conditions de vie et la position sociale de la femme dans diverses sociétés avant l’apparition de l’islam. Aujourd’hui, concernant les droits des femmes, il existe encore une controverse et un questionnement : les droits naturels et humains de la femme et de l’homme sont-ils identiques ou différents ? En d’autres termes, les droits accordés par la nature aux êtres humains sont-ils monosexuels ou bi-sexuels ? Est-ce que la sexualité masculine ou féminine affecte ou non, d’une manière ou d’une autre, les droits et obligations humains ?

Tous les mouvements sociaux apparus depuis le XVIIe siècle en Occident tournent autour des notions de « liberté » et d’« égalité ». Et puisque le mouvement des droits de la femme est l’un des derniers de la série, et puisque l’histoire sociale des femmes européennes, de ce point de vue, est sombre, la Déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies ne parle que de liberté et d’égalité. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, toutes les discussions engagées et l’ensemble des mesures prises avaient trait aux droits des nations sur les États ou au droit du travail. Au XXe siècle, la question des droits de la femme fut évoquée et, pour la première fois en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies proclama l’égalité des droits entre l’homme et la femme. [1]

« Sans aucun doute, la femme, en tant qu’être humain, est née libre, comme tout autre être humain, et elle a, de ce fait, des droits égaux. Mais la femme est un être humain avec certains traits particuliers, tout comme l’homme est un être humain avec certaines autres particularités. Les traits de leurs caractères sont différents, et leurs mentalités sont différentes. Le monde de la femme est différent du monde de l’homme, la structure et la nature de la femme sont différentes de celles de l’homme, il résulte naturellement que beaucoup des droits, des devoirs et des sanctions de l’un et de l’autre diffèrent. Cette différence n’est pas arbitraire, il résulte simplement de leurs particularités respectives. La nature les a faits différents à dessein. De même que nous nous sommes inspirés de la nature pour proclamer la liberté et l’égalité pour les êtres humains, de même nous devons nous laisser guider par la nature pour décider si les droits de l’homme et de la femme sont semblables ou différents. Certainement, la liberté et l’égalité sont deux points essentiels. Mais il faut ajouter que l’égalité des droits est une chose et leur similitude en est une autre. L’égalité des droits de l’homme et de la femme sur le plan de la valeur morale et matérielle est tout à fait différente de l’uniformité et de la similarité de leurs droits. Nous avons mis l’accent sur le fait que la femme est un être humain, mais nous avons oublié qu’elle est femme aussi. » [2]

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« Ce qui est étonnant, c’est le fait que chaque fois qu’on évoque les différences naturelles et innées entre l’homme et la femme, certains supposent que ces différences seraient le signe de l’imperfection de la femme et de la perfection de l’homme, ce qui les conduit à croire que les hommes bénéficient de certains privilèges dont seraient privées les femmes. Ils ne savent pas qu’il ne s’agit pas de perfection et d’imperfection. Il n’était nullement dans l’intention du Créateur de rendre les uns parfaits et privilégiés, et les autres défectueux et démunis. En réalité, c’est le non-respect de la position naturelle de la femme qui conduit le plus souvent à la priver de ses droits. » [3]

À propos des droits de l’homme et de la femme, l’islam a une philosophie qui lui est propre. L’islam ne croit pas que dans tous les cas, l’homme et la femme doivent avoir les mêmes droits et les mêmes obligations. Dans certains cas, leurs droits et leurs obligations sont différents, et, par conséquent, parfois leur position est à cet égard similaire, et parfois dissemblable. Si l’islam établit cette différence entre l’homme et la femme, ce n’est pas parce qu’il considère la femme avec mépris, ni parce qu’il la regarde comme un être inférieur.

 

L’homme et la femme sont deux étoiles, avec leurs orbites distinctes dont elles ne doivent pas sortir : « Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour. Chacun d’eux vogue dans son orbite » (Sourate Ya-Sin, verset 40). Leur bonheur, tout comme le bonheur de toute la société humaine, dépend de la condition dans laquelle ils se déplacent dans leurs orbites distinctes. La liberté et l’égalité ne peuvent être utiles que si chacun des deux sexes s’aligne sur sa nature propre.

Certains prétendent que l’islam est la religion du sexe mâle, qu’il ne reconnaît pas la femme comme étant un être humain à part entière et que, pour cette raison, il ne lui accorde pas des droits égaux à ceux de l’homme. Toujours selon certains esprits, l’islam regarderait la femme avec mépris, et ne respecterait pas sa propre prétention à l’égalité, notamment dans les relations familiales. Pour eux, l’islam montre une nette préférence pour l’homme en matière de droits et lui accorde de nombreuses concessions au détriment de la femme. [4]

 Les critiques de l’islam se basent sur le principe selon lequel homme et femme étant des êtres humains, ils sont donc égaux et également dignes, et doivent à ce titre jouir des mêmes droits. Le point qui mérite d’être pris en considération à cet égard est de savoir si, sur la base de la dignité humaine, ils doivent tous deux avoir des droits égaux et sans discrimination de sexe, ou s’ils doivent jouir des mêmes droits indépendamment de leurs différences dans la vie. Sans doute la dignité humaine et l’humanité sont elles des caractéristiques communes. L’égalité des droits va également de soi. Mais est-il nécessaire qu’ils aient des droits similaires ?

En réalité, il s’agit de deux choses différentes. L’égalité signifie être égal en degré et en valeur, alors que la similarité signifie l’uniformité. L’islam ne croit pas à l’uniformité de l’homme et de la femme. Mais, en même temps, il ne réserve aucun comportement préférentiel aux hommes en matière de droits. Il a observé le principe de l’égalité entre l’homme et la femme, mais il s’oppose à l’uniformité de leurs droits. L’islam n’a pas accordé à l’homme et à la femme des droits similaires. Mais il n’a pas prescrit non plus des devoirs et des punitions similaires aux deux sexes. Ceci dit, la valeur totale des droits accordés à la femme n’est pas inférieure à celle des droits accordés à l’homme. [5] 

Pourquoi l’islam différencie-t-il les droits et obligations de l’homme et de la femme dans certains domaines ? Est-il préférable que les droits de la femme et de l’homme soient à la fois égaux et similaires, ou bien égaux et dissemblables ? Pour répondre à ces questions, nous aborderons trois volets :

  1. La perspective de l’islam sur la place de la femme au vu de sa nature.
  2. L’impact et les conséquences des différences biologiques entre les deux sexes. Ces différences influencent-elles les droits de la femme et de l’homme ?
  3. Quelle est la fondation théorique sur laquelle se base l’islam pour différencier, dans certains cas, les hommes et les femmes ? Cette philosophie est-elle encore valable ?

Le Coran est venu corriger la déviation intellectuelle et comportementale qui a marqué la conception de la femme dans les civilisations et les religions anciennes. La question féminine a été très longuement débattue et continue de l’être en islam. Le Coran comporte de nombreuses indications sur ce sujet. 

Pour connaître la perspective islamique sur la femme, il faut connaître ce que le Coran dit à propos de ses caractéristiques innées. D’autres religions aussi ont évoqué cette question, mais seul le Coran précise que l’homme et la femme ont été créés simultanément, de la même origine, et qu’ils ont tous deux la même nature profonde. En effet, parlant d’Adam, le Saint Coran dit : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. » (Sourate Les femmes (An-Nisa), Verset 1)

Le Coran a institué son égalité avec l’homme en responsabilité : « Toute âme est l’otage de ce qu’elle a acquis. » (Sourate Le revêtu d’un manteau (Al-Muddattir), verset 38). Il ne la considère pas responsable de la tentation d’Adam car Dieu a interdit à tous, à Adam comme à Ève, d’approcher l’arbre. Dieu dit dans le Coran : « Ô Adam, habite le Paradis, toi et ton épouse ; et mangez-en vous deux, à votre guise ; et n’approchez pas l’arbre que voici ; sinon, vous seriez du nombre des injustes. » (Sourate Al A’râf, verset 19).

C’est Satan qui les a tous deux dévoyés du droit chemin : « Puis le Diable, afin de leur rendre visible ce qui leur était caché - leurs nudités - leur chuchota, disant : « Votre Seigneur ne vous a interdit cet arbre que pour vous empêcher de devenir des Anges ou d’être immortels. » (Sourate Al A’râf, verset 20). « Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. » (Sourate La vache (Al Baqarah), verset 36)

 

Et Adam et Eve se sont repentis pour que Dieu pardonne leur acte : « Tous deux dirent : « Ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. Et si Tu ne nous pardonnes pas et ne nous fais pas miséricorde, nous serons très certainement du nombre des perdants » (sourate Al A’râf, verset 23).

Dans la sourate La vache (Baqara), versets 30-38, nous lisons : “Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : « Je vais établir sur la terre un vicaire « Khalifa ». Ils dirent : « Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? » - Il dit : « En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas ! » Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit : « Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ! » (dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu’Adam). - Ils dirent : « Gloire à Toi ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous a appris. Certes c’est Toi l’Omniscient, le Sage ». Il dit : « Ô Adam, informe-les de ces noms » ; Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Allah dit : « Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ? » Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les infidèles. Et Nous dîmes : « Ô Adam, habite le Paradis toi et ton épouse, et nourrissez-vous-en de partout à votre guise ; mais n’approchez pas de l’arbre que voici : sinon vous seriez du nombre des injustes ». Peu de temps après, Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes : « Descendez (du Paradis) ; ennemis les uns des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps. Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Allah agréa son repentir car c’est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux. Nous dîmes : « Descendez d’ici, vous tous ! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, ceux qui [le] suivront n’auront rien à craindre et ne seront point affligés ».

Dieu a créé l’être humain (homme ou femme) pour qu’il soit Son Lieu-tenant (Calife) sur terre. La lieu-tenance est liée au statut d’« être humain ». Le statut d’être humain, c’est-à-dire le fait d’être pleinement un être humain, est la Lieu-tenance divine. Cette station n’est pas spécifique à telle personne ou à telle catégorie de personne, même si elle ne s’est réalisée pleinement que chez les Prophètes et les Proches-élus de Dieu, particulièrement la famille pure du Prophète Mohammad. L’être humain est le lieu-tenant de Dieu et la station de l’être humain est exempte de différenciation sexuelle. La voie de la perfection est ouverte à tous, hommes et femmes confondus. Aucune condition de sexe n’est posée pour la quête de la perfection. Ainsi, au sujet de la question de la « Lieu-tenance » et de toutes les Perfections humaines d’un point de vue spirituel, les différences de sexe n’interviennent aucunement.

La différence des sexes intervient au niveau de la répartition des tâches exécutives qui renvoient à « la Lieu-tenance apparente » (au gouvernement, au pouvoir exécutif), qui sont étudiées en droit (al-fiqh) et qui ont toutes pour finalité l’obéissance à Dieu. [6] 

"En islam, la femme est une fleur." Recommendation tirée de Nahj-al Balâgha (La Voie de l’Eloquence), lettre 31 : "Ne confie pas un travail trop dur pour elle à une femme car elle est délicate [...]."

Dans le verset 195 de la sourate La famille d’Imran (Al-Imrân), Dieu insiste sur le fait qu’il n’y a aucune différence entre l’homme et la femme : Leur Seigneur les a alors exaucés (disant) : « En vérité, Je ne laisse pas perdre le bien que quiconque parmi vous a fait, homme ou femme, car vous êtes les uns des autres. »

Dans le Coran, nous pouvons également lire ceci : « Quiconque, mâle ou femelle, fait une bonne œuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions." (sourate Les abeilles (Al-Nahl), verset 97)

Contrairement à ce qu’affirment d’autres religions à ce propos, le Coran ne dit pas que la femme a été créée d’une matière inférieure à celle de l’homme, ni qu’elle a été créée à partir d’un membre d’Adam : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux-là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. » (sourate Les femmes (Al-Nissa), verset 1). En outre, au verset 71 de la sourate Sâd, nous pouvons lire : « Quand ton Seigneur dit aux Anges : « Je vais créer d’argile un être humain. » ; de même qu’au verset 14 de la sourate Les appartements (Al-Hujurat), il est dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. Allah est certes Omniscient et Grand Connaisseur. »

Par conséquent, on peut constater que l’islam n’a pas une position de mépris vis-à-vis de la femme, sur le plan de sa création et de son origine. De plus, l’islam répond aux théories qui considèrent la femme comme une créature inférieure au service de l’homme. Dieu dit dans le Coran : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (sourate Qui éparpillent (Al-Dhariyat), verset 56). De plus, il est précisé dans le Coran que le ciel, la terre, l’air, les nuages, les plantes et les animaux ont été créés tous au service de l’humanité, sans distinction de sexe : “Et Il vous a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, le tout venant de Lui. Il y a là des signes pour des gens qui réfléchissent. » (sourate 45, verset 13) ; de même : « Ne voyez-vous pas qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos d’Allah, sans science, ni guidée, ni Livre éclairant. » (sourate Luqman, verset 20).

Le Coran ne dit pas que la femme a été créée pour l’intérêt de l’homme, mais que « Les femmes sont un habillement pour vous [les hommes] et vous êtes un habillement pour elles. » (sourate La vache (Al-Baqarah), verset 187).

Parmi d’autres théories qui méprisent la femme, certaines mettent en doute ses dispositions spirituelles et morales. Selon ces théories, la femme n’a pas de place au paradis et ne peut atteindre un haut degré spirituel, ni atteindre le même degré de proximité à Dieu qu’un homme. Néanmoins, en réponse à ces théories inégalitaires, de nombreux versets coraniques enseignent que la récompense que l’être humain souhaite avoir le Jour du Jugement, et la proximité d’Allah, ne sont nullement liées à son sexe, et dépendent uniquement des bonnes actions accomplies indifféremment par l’homme ou la femme. D’autre part, le Coran, chaque fois qu’il évoque un grand personnage et un saint, met à côté de lui une grande dame sainte. Ainsi, il parle avec beaucoup de révérence des femmes respectives d’Adam et d’Abraham, et des mères de Jésus et de Moïse. Et lorsqu’il note que la femme de Noé et celle de Lot n’étaient pas des épouses dignes, il ne manque pas, ailleurs, de nous apprendre que la femme de Pharaon était une grande dame victime d’un mari pervers. Ainsi, il apparaît que le Coran a voulu tenir un certain équilibre entre l’homme et la femme dans les histoires qu’il a mises en scène, et éviter que les héros de ces histoires soient exclusivement des hommes. En évoquant la mère de Moïse, le Coran dit : « Nous avons fait connaître à la mère de Moïse Notre Volonté en [lui] disant : Mets-le dans un panier, et jette-le dans la rivière, afin que les flots le déposent sur la berge. » (Sourate Tâhâ, verset 39). A propos de Marie, mère de Jésus, il dit qu’elle avait atteint une si haute position spirituelle que les anges venaient lui parler pendant qu’elle faisait ses actes d’adoration au sanctuaire, et qu’elle recevait ses provisions alimentaires de sources surnaturelles. Même Zakariyyâ, le prophète de son époque, était surpris par la haute position spirituelle de Marie.

Il y eut beaucoup de femmes saintes dans l’histoire de l’islam. Peu d’hommes ont atteint la sublime position de Khadijah, et aucun homme, hormis le Saint Prophète et l’Imâm Ali, ne pouvait rivaliser avec Fâtima Zahrâ. [7] L’Imâm Khomeini a ainsi dit à son propos : "Toutes les dimensions imaginables en une femme, un être humain, existaient et s’étaient magnifiées dans Fâtima Zahrâ. … Elle était une femme de spiritualité, un être humain dans le sens plein du terme, elle était l’exemple même de l’humanité, la vérité même de la femme. Elle était un être céleste qui s’’était manifesté à ce monde sous la forme d’un être humain. Elle était un être divin... » [8] 

L’Ayatollâh Khomeiny a également affirmé à l’occasion de la Journée nationale de la femme en Iran, qui célèbre notamment l’anniversaire de la naissance de cette Sainte : « Que soit béni pour l’illustre Nation iranienne et particulièrement pour les femmes distinguées, le jour béni de la femme, jour honoré [de la naissance] de l’élément brillant pleinement représentatif des vertus humaines et des valeurs sublimes du khalifeh (Lieu-Tenant) de Dieu dans le monde. Et plus béni encore et plus précieux soit le choix très éminent du vingtième jour de Jamâdi al-Sanî, jour glorieux de la naissance de celle qui est l’un des miracles de l’histoire et d’une des gloires du monde. » [9] 

Ainsi, comme nous l’avons vu, l’islam ne commet pas de discrimination entre l’homme et la femme dans leur cheminement vers Allah. La seule différence que l’islam ait faite entre la femme et l’homme dans leur marche vers la Vérité est qu’il a choisi l’homme pour porter la Charge de la Prophétie, du Message et de la guidance des gens vers le Droit Chemin, car il a considéré qu’il convenait mieux à cette tâche.

Une autre théorie qui méprise la femme est celle qui conseille la renonciation et le célibat. En effet, certaines religions considèrent que l’atteinte d’un haut degré de spiritualité n’est pas compatible avec le fait d’avoir des relations sexuelles. Un des dirigeants religieux de l’époque contemporaine n’a-t-il pas déclaré : « Coupez l’arbre du mariage avec la hache de la virginité » ? Les hommes religieux de cette catégorie tolèrent le mariage seulement en tant que moindre mal. [10] L’islam s’oppose fermement à cette vision, et considère le mariage comme étant sacré et le célibat comme une attitude blâmable. Le saint Prophète dit : « J’aime dans la vie d’ici-bas trois choses : le parfum, les femmes, et la Prière, qui est la prunelle de mon œil. » Bertrand Russell dit : « L’islam mis à part, toutes les religions regardent les relations sexuelles avec suspicion. En revanche, l’islam, soucieux de l’intérêt social, les a régularisées et restreintes, sans toutefois les considérer comme un acte bas. » [11] 

Traduction d’une salutation religieuse à Fatimah Zahra : "Salut à toi, la Dame parmi toutes les femmes de la première à la dernière"

Selon une autre théorie qui avait cours dans le passé, la femme serait un mal indispensable pour l’homme. Anciennement, beaucoup de gens éprouvaient un immense mépris à son égard et la considéraient comme une source de malheur et de tous les ennuis. Le Coran souligne au contraire le fait que la femme est une bénédiction pour l’homme, et la source de son confort et de sa tranquillité d’esprit : « Parmi les Signes d’Allah : Il a créé pour vous [...] des épouses, afin que vous reposiez auprès d’elles, et Il a établi l’amour et la bonté entre vous. » (sourate Les Romains (Al-Rûm), verset 21).

Selon une autre théorie rabaissant la position de la femme et ignorant son importance dans l’engendrement des enfants, la femme ne serait qu’un simple récipient destiné à recevoir et faire grandir la semence de l’homme. Telle était la croyance des Arabes de l’époque pré-islamique et d’autres nations. Mais lorsqu’on se réfère au Coran, on constate qu’il nous présente une opinion tout à fait différente à cet égard : “Ô gens ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle [...] Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux d’entre vous... » (sourate Les appartements (Al-Hujurât), verset 13).

Il établit ainsi l’égalité entre l’homme et la femme quant à leur position. Il l’a fait dans les différentes déclarations adressées aux hommes et aux femmes et en différents endroits, ce qui a fini par éradiquer ce préjugé qui prévalait dans de nombreuses cultures à l’apparition de l’islam. [12] 

 

Conclusion

 

Ce qui précède montre clairement que l’islam ne comporte, sur le plan philosophique et des motifs de la création, aucune vue méprisante pour la femme et que, bien au contraire, il s’est appliqué à réfuter les opinions qui considéraient la femme avec mépris. L’islam a une philosophie spécifique qui lui est propre, et qui diffère de ce qui s’est passé il y a quatorze siècles et de ce qui se passe maintenant. L’islam ne croit pas que dans tous les cas, l’homme et la femme ont les mêmes droits et les mêmes obligations - dans certains cas, ces derniers diffèrent. Le Coran dit clairement dans de nombreux versets que la femme a été créée de la même origine que l’homme, et que la femme et l’homme partagent la même nature humaine et spirituelle profonde. Et Dieu a assujetti tout ce qui est dans les cieux et sur la terre pour l’être humain. La voie de la perfection est ouverte à eux deux, tandis que les différences entre sexes résident dans leurs responsabilités pratiques. Selon l’Imam Khomeiny, « L’islam a sauvé [l’humanité] de ce qui existait durant la période de l’ignorance pré-islamique (jahiliyat). Dieu sait que l’islam a rendu plus de services à la femme qu’il n’en a rendu à l’homme. » [13] Et : « L’islam a rendu à la femme des services qui n’ont pas d’équivalent dans l’histoire ; l’islam a tiré la femme du bourbier et il lui a donné une personnalité. »14 L’Imam Khomeiny rappelle ainsi l’identité universelle de la femme originelle, son rôle dans la famille et dans la société. Il met en évidence le rôle de l’islam pour favoriser son développement, son accomplissement, et son perfectionnement au côté de l’homme, en complémentarité avec lui. Il insiste également sur le rôle que la femme iranienne a joué dans la Révolution islamique, son sens élevé des responsabilités face à l’islam et à la société, sens qui s’est maintenu dans la structure de la République islamique.

Bibliographie


- Khomeiny Rouhollâh, Jâygâh-e zan dar andisheh-ye Emâm Khomeiny, éd. Moassesseh-ye Tanzim va Nashr-e Assar-e Emâm Khomeiny, 1378 hs


- Motahhari, Mortezâ, Nezâm-e Hoghough-e Zan dar Eslâm (Le système juridique des droits de la femme en Islam), Téhéran, éd. Sadrâ, 1357 hs.


- Javâdi Amoli, Abdollâh, Zan dar Ayeneh-i Jalâl va Jamâl, Téhéran, éd. Markaz-e Farhangi Raja, 1369 hs.

Notes

[1Motahhari, Mortezâ, Nezâm-e Hoghough-e Zan dar Eslâm (Le système juridique des droits de la femme en Islam), Téhéran, éd. Sadrâ, 1357 hs, pp. 15-16. Ibid. pp.17-18.

[2Ibid., p.21.

[3Ibid., pp. 110-111.

[4Ibid., pp. 112-113.

[5Javâdi Amoli, Abdollâh, Zan dar Ayeneh-i Jalâl va Jamâl, Téhéran, éd. Markaz-e Farhangi Raja, 1369 hs, pp. 101-106.

[6Ibid. pp. 123-154.

[7Khomeiny Rouhollâh, Discours du 26/2/1358 hs. Jâygâh-e zan dar andisheh-ye emâm Khomeiny, éd. Moassesseh-ye Tanzim va Nashr-e Assar-e Emâm Khomeiny, 1378 hs, p.18.

[8Ibid., Discours du 25/1/1361 hs. p. 16.

[9Motahhari, Mortezâ, Op. Cit., pp. 115-118.

[10Ibid., p.119.

[11Ibid. p.120.

[12Rouhollâh Khomeiny, Op. Cit., p.55.

[13Idem.


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