Mohammad-Javad Mohammadi

Université de Téhéran

14 articles

  • Aux origines du dogme trinitaire

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 115, juin 2015

    Les trois grandes religions du monde, majoritaires en nombre de fidèles, sont issues de la tradition abrahamique. Le judaïsme, le christianisme et l’islam, toutes se réclament de l’essentiel du message d’Abraham à savoir le monothéisme : "Dis ? gens du Livre ! Venez à une parole commune entre nous et vous que nous n’adorions que Dieu sans rien lui associer et que nous ne prenions point les uns et les autres pour Seigneurs en dehors de Dieu." Le Coran invite ainsi les deux autres confessions (...)


  • Hossein Ibn Ali
    Martyr des larmes*

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 72, novembre 2011

    Martyr, héros, révolutionnaire ou simple opposant des Omeyyades ? « Qui est ce Hossein dont le monde entier est fou amoureux ? » Le nom, bien que retentissant dans plusieurs pages de l’histoire de l’islam, est surtout intimement lié à la Bataille de Karbalâ. Or, cette dernière clôt la tumultueuse et fructueuse vie d’un homme qui aurait bientôt été sexagénaire.
    Dès sa prime enfance, Hossein, objet d’une grande affection de la part de son grand-père, attira l’attention des musulmans qui trouvaient (...)


  • La structure du waqf

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 56, juillet 2010

    Dans la tradition juridique de l’islam, l’institution du waqf, occupant une place importante, prête à certaines ambiguïtés structurales ; ce qui suscite des débats et des controverses. La première polémique regarde la nature du waqf sur laquelle les juristes divergent dans la mesure où d’aucuns le prennent définitivement pour un contrat,


  • Le doute méthodique de Descartes
    garant de la véracité épistémique

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 43, juin 2009

    Descartes a explicitement annoncé sa volonté de fonder sa philosophie sur une base solide et inébranlable : "[…] tout mon dessein ne tendait qu’à m’assurer et à rejeter la terre mouvante et le sable pour trouver le roc ou l’argile."
    Dès lors, l’acte fondateur de la philosophie cartésienne devient le doute, mais un doute métaphysique à valeur méthodique et épistémique. Un doute épistémique est pour Descartes une condition pour obtenir une connaissance certaine. Pour atteindre la connaissance indubitable, il (...)


  • La question de l’unicité de l’être

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 35, octobre 2008

    La question de l’unicité de l’être (wahdat al-wujûd) au sens philosophique du terme est relativement nouvelle et a émergé avec Mollâ Sadrâ. Dans son sens mystique, la question de l’unicité de l’être fut posée dès les premiers siècles de l’islam et Ibn ’Arabi fait partie des philosophes les plus connus ayant abordé cette question. Cependant, cette question semble aller au-delà de la signification et des définitions philosophiques que l’on a pu en donner.
    Il faut cependant d’abord évoquer les différents sens (...)


  • Aux origines de la philosophie

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 14, janvier 2007

    Il est toujours très difficile, voire impossible, d’écrire sur la naissance ou la disparition d’un savoir, d’un courant de pensée ou même d’un simple concept. Et il l’est encore plus, lorsqu’il s’agit de la philo-sophia. Pendant longtemps, on a soutenu que la philosophie était née en Grèce antique lorsque les premiers penseurs présocratiques ont cherché à convaincre, en ayant recours à la raison et à l’argumentation, plutôt qu’en expliquant le monde à travers la mythologie et les croyances mythiques qui, (...)


  • Rashid al-Din Watwât

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 10, septembre 2006

    L’Imam Rachid Al-Din Watwât, né à Balkh au Vème siècle de l’hégire, est aujourd’hui considéré comme l’un des premiers rhétoriciens de la littérature persane et arabe. Il est en effet l’auteur de plusieurs essais et traités dans le domaine de la prose et de la poésie. En outre, par les liens établis au travers de ses correspondances avec un bon nombre de littéraires et savants au quatre coins de la Perse, il a connu, de son vivant et très rapidement, une grande notoriété au sein de la haute société de (...)


  • Perspective sohrawardienne

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 9, août 2006

    A l’occasion du 8 mordad, journée de commémoration à la mémoire de Chahab Al-Dine Yahya Sohrawardi
    Ce fut à Sohrawarde en Azerbaïdjan, province iranienne, riche en doctes et érudits, que naquît, en 1155 (549 de l’hégire), l’un des esprits les plus profonds de la tradition métaphysique iranienne, le philosophe et mystique persan Chahab Al-Dine Yahya Sohrawardi. Avide de connaissance et de savoir, le futur Cheykh-é-Echragh se lança très jeune dans un long voyage qui allait le conduire, à son insu sans (...)


  • Nâsser Khosrow

    Maaike Bleeker, Mohammad-Javad Mohammadi, Shâhin Ashkân N° 8, juillet 2006

    Curieux destin que celui de ce grand poète, né en 394 de l’Hégire, à Ghobâdian, dans la province de Balkh. Pendant les quatre-vingt sept ans de son existence, il fut le témoin d’une époque historique tumultueuse et eut une étonnante trajectoire de vie.
    Son enfance coïncida avec l’âge d’or du gouvernement Ghaznavide, renommé pour la prodigalité légendaire du Sultan Mahmoud dont jouirent les poètes de sa cour. A sa naissance, le Sultan Mahmoud régnait déjà depuis cinq ans et Nasser avait sept ans lorsqu’une (...)


  • Regard sur La malédiction de la terre de Jalâl Al-e Ahmad

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 7, juin 2006

    Al-é-Ahmad s’inscrit dans une lignée de penseurs et d’écrivains iraniens qui ont choisi depuis quelques décennies, avec des perspectives différentes, gauche ou islamique, de rendre compte de l’émergence, dans le milieu intellectuel des années trente, d’une nouvelle entité : le social. Ainsi, progressivement, la représentation de la société apparaît dans le genre romanesque et remplace l’univers fantastique du conte iranien. A son tour, Al-é-Ahmad s’empare du concept comme matériau romanesque. Son expérience (...)


  • Râbe’eh Bent- Ka’ab Ghozdari

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 5, avril 2006

    Rabée Bente-kaab Ghozdari est la plus ancienne des poétesses connues de langue persane. Contemporaine de Rudaki, elle naquit probablement dans la première moitié du IVe siècle de l’hégire. Issue d’une lignée princière, elle bénéficia, dès son plus jeune âge, d’une éducation éclectique et raffinée. Hédayat la considère dans Majma-Al-Fosaha, séduisante et dotée d’une véritable finesse d’esprit. Sa poésie reflète en particulier l’expression sincère de la passion amoureuse. Mais selon Jâmi, qui la situe dans (...)


  • Kassaï de Merv

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 4, mars 2006

    Hakim Abu-Al-Hassan Kassaï, grand poète chiite du IVe siècle de l’hégire, naquit en 341 à Merv. Sa biographie reste lacunaire mais on sait néanmoins qu’il fut de son vivant un poète confirmé et reconnu, qu’il fit de vieux os et qu’il vit l’époque samanide et l’arrivée des Ghaznavides au pouvoir. Malheureusement le peu qui nous soit parvenu de sa poésie ne suffit pas à constituer un recueil. Elle comprend essentiellement des pièces courtes chantant la sagesse et la clairvoyance, suggérant la mélancolie de la (...)


  • Roudaki
    Le père de la littérature persane

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 3, février 2006

    Rudaki, grand poète iranien et père de la littérature persane, naquit vers 865 ap. J.C. à Banoj, un petit village près de Samarkand. D’une intelligence exceptionnelle, il apprit le Coran par cœur à l’âge de 8 ans. Doté de multiples talents, il fut également excellent chanteur et musicien, ce qui le conduisit finalement à Boukhara, métropole culturelle et politique de l’époque. Il fut ensuite appelé à la cour du roi samanide Nasr Ebn Ahmad. Promu rapidement poète officiel de la cour, et comblé d’honneurs et (...)


  • Le Waqf un héritage éternel

    Mohammad-Javad Mohammadi N° 1, décembre 2005

    Les propriétés dites waqfs, étendues dans toutes les régions du monde musulman et possédant une ampleur exceptionnelle, ont constitué depuis toujours une part importante du patrimoine des pays d’islam. Elles ont joué un rôle non négligeable dans les destinées économiques et politiques de ses Etats et de leur peuple. De tout temps, considérablement développés par les fidèles, certains waqf ont pris la forme de grandes propriétés, et la modernité aidant, se sont transformés en associations aux multiples (...)