N° 78, mai 2012

La quiétude de la pierre ou la tranquillité de la feuille ?*


Annette Abkeh


Un jeune homme était assis près d’un ruisseau et fixait la surface de l’eau avec tristesse et mélancolie. Un sage qui passait par là le vit, se rendit compte de son bouleversement et s’assit à ses côtés. Lorsque le jeune homme remarqua le sage, il lui dit spontanément : « Je suis très abattu et toute ma vie est en tourment. J’ai besoin de calme mais ne sais où le chercher. »

Le sage prit une feuille détachée d’un arbre et gisant sur le sol, la lança dans l’eau du ruisseau et dit : « Regarde cette feuille, lorsqu’elle tombe dans l’eau, elle cède au cours de l’eau et le suit. » Puis le sage prit une grosse pierre du bord du ruisseau et la jeta dans l’eau. Celle-ci s’y enfonça à cause de sa pesanteur et se plaça tout au fond, à côté des autres pierres.

Le sage poursuivit : « Tu as vu aussi cette pierre ? En raison de sa lourdeur, elle a pu affronter la puissance du cours d’eau et se mettre au fond du ruisseau. Dis-moi, lequel préfères-tu ? Le calme de la pierre ou la tranquillité de la feuille ? »

Le jeune homme regarda avec stupéfaction le sage et répondit : « Mais à mon avis, la feuille n’est pas tranquille. Elle monte et descend au gré du flux de l’eau du ruisseau et on ne sait où elle se trouve actuellement. Au moins, la pierre sait où elle est, et malgré l’écoulement de l’eau au-dessus et autour d’elle, elle est restée ferme et stable. Je préfère la sérénité de la pierre ».

Le sage sourit et répliqua : « Pourquoi te lamentes-tu alors des contrariétés de la vie ? Si tu as opté pour la quiétude de la pierre, aie donc le courage de résister aux tourments de la vie et reste inébranlable là où tu te trouves ».

Ce disant, le sage se leva pour partir. Le jeune homme, qui avait retrouvé son calme, expira profondément l’air de ses poumons, se leva à son tour, et fit un bout de chemin en compagnie du sage. Après quelques minutes, au moment où ils voulaient se quitter, le jeune homme questionna le savant en ces termes : « Si vous étiez à ma place, que feriez-vous ? Choisiriez-vous la sérénité de la pierre ou la quiétude de la feuille ? » Le savant lui sourit et dit : « Je me suis soumis durant toute ma vie en toute confiance au Créateur du fleuve de la vie et au cours de la vie ; de même, comme je suis conscient d’être au sein d’une rivière dont chacune des gouttes est le signe de la présence de Dieu, ses déferlements ne me font jamais peur ; c’est ainsi que je préfère la sérénité de la feuille ».

* texte traduit du persan et choisi sur le site www.persian-star.org


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