N° 134, janvier 2017

Les Iraniens de l’étranger (I)
Diaspora iranienne installée aux États-Unis


Khadidjeh Nâderi Beni


Les premières émigrations iraniennes aux États-Unis ont été enregistrées entre 1890 et 1910. Durant cette période, des membres des minorités arménienne et assyrienne de l’Azerbaïdjan, située au nord-ouest de l’Iran, influencés par la propagande d’Américains présents sur place, quittent le pays pour s’établir dans le Michigan, le Wisconsin et l’Illinois, en particulier dans la ville de Chicago. Et depuis 1911, on voit l’implantation et l’augmentation d’une population iranienne en Californie.

 

A partir de 1950, l’émigration iranienne aux États-Unis a été divisée en trois périodes (cette division est faite selon le motif de l’émigration) :

 

1) 1950-1979 : durant cette époque, les enfants de familles des classes supérieure et moyenne sont envoyés à l’étranger et plus particulièrement aux États-Unis pour continuer leurs études. Selon les statistiques officielles, avant l’arrivée de la République islamique en 1979, plus de 60 000 Iraniens habitent aux Etats-Unis, et près de 35 000 d’entre eux sont étudiants.

 

2) 1979-1995 : suite à l’instauration de la République islamique suivie de la guerre Iran-Irak, de nombreuses familles rattachées à la cour des Pahlavis, ainsi qu’un certain nombre de déserteurs quittent le pays. Les États-Unis sont alors une destination très prisée par les migrants iraniens. On peut estimer que l’émigration iranienne de cette période est souvent d’origine politique. Les statistiques datant de cette époque montrent que près de 150 000 Iraniens quittent l’Iran pour s’installer aux États-Unis.

3) Depuis 1995 : durant ces dernières décennies, l’immigration iranienne s’est poursuivie. Selon les statistiques étatiques, plus d’un million d’Iraniens a émigré, et plus de 380 000 d’entre eux ont choisi les États-Unis pour leur résidence permanente. Durant ces années, outre les étudiants qui vont poursuivre leurs études dans des universités étrangères, des ouvriers et commerçants iraniens quittent leur pays pour aller travailler à l’étranger. Les chiffres montrent que durant ces deux dernières décennies, près de 300 000 Iraniens se sont expatriés pour des motifs économiques. On peut ainsi conclure que durant cette troisième phase, l’émigration économique est la plus courante.

 

La communauté irano-américaine

 

Selon les statistiques, la communauté iranienne la plus nombreuse hors d’Iran se trouve aux États-Unis. Certaines sources, dont le Groupe des études iraniennes1 du MIT (Massachussetts Institute of Technology), en 2010, on dénombre plus de 1,5 million de personnes d’origine iranienne, ce qui fait d’elle la diaspora la plus conséquente. Selon les recherches faites par le FIIB (Fortune Institute of International Business), le revenu moyen d’une famille iranienne émigrée aux États-Unis est près de 30% plus élevé que la moyenne nationale. Les informations fournies par cet Institut précisent également que plus de 50 Iraniens émigrés occupent de hautes fonctions au sein de grandes entreprises industrielles, privées ou étatiques.

 

On estime que l’ensemble des capitaux d’origine des Iraniens émigrés dépasse les 200 millions de dollars, ce qui explique pour une bonne part l’intégration réussie de cette diaspora. En outre, la communauté iranienne établie aux États-Unis est considérée comme étant l’une des plus éduquées parmi d’autres populations immigrées. Selon les statistiques du MIT, plus d’un quart des Iraniens installés aux États-Unis est titulaire de master ou de doctorat, ce qui constitue un record parmi les 67 communautés étrangères installées aux États-Unis. Selon l’inventaire donné par le MIT, plus de 500 professeurs irano-américains font partie du Corps académique des grandes universités étasuniennes.

 

La participation politique

 

Selon des estimations concernant l’élection présidentielle américaine de 2004, le taux de participation électorale des citoyens irano-américains ne dépasse pas 10%, ce qui fait de la diaspora iranienne la moins active en matière de participation politique dans le système étasunien. Les experts pensent que les Iraniens émigrés ont bien réussi dans les domaines économique, social et culturel, mais du fait de cette importante colonie, ils doivent s’impliquer plus activement dans le monde politique américain. Pour ce faire, le Groupe des études iraniennes du MIT a proposé des programmes pour améliorer la participation politique des Irano-Américains.

 

La répartition de la population iranienne

 

Les dernières statistiques montrent que la communauté iranienne la plus importante en nombre se trouve en Californie et plus particulièrement à Los Angeles, surnommée par les Iraniens de l’Amérique « Tehrangeles » ou « Irangeles ». Les quartiers et les régions les plus fréquentés par les Iraniens sont Westwood, Beverly Hills, San Ferdinando, Encino, Glendale, Santa Monica. Il faut ajouter que près de 30% de la population habitant à Beverly Hills est d’origine iranienne. Pour le reste, la majorité des Irano-Américains vit à Chicago, Las Vegas, New York, Houston, etc.

 

Les Iraniens immigrés sont majoritairement de confession musulmane. Selon les estimations, près de 80% des membres de la communauté irano-américaine sont musulmans, les autres étant juifs, chrétiens arméniens, chrétiens assyriens et autres. Ces dernières années, l’Orange Country, et plus précisément la ville d’Irvine, abrite la plus grande agglomération musulmane iranienne. Plusieurs mosquées et centres religieux y ont été construits et de ce fait, cette ville est considérée comme l’un des grands centres musulmans actifs aux États-Unis. Selon les statistiques présentées en 2013 par l’ISG, le nombre des Iraniens immigrés aux États-Unis a dépassé le 1,5 million.

Sources :


- Adelkhah, Fariba, « Les Iraniens de Californie », publié in Les Etudes du CERI (Centre d’Etudes et de recherches internationales), n ’b0 75, mai 2001.


- Emami, Jessica, Iranian Americans, Immigration and assimilation, Public Affairs Alliance of Iranian Americans (PAAIA), 2014.


- Eslâmi, Mohsen, "Târikhtcheh va âmâr-e mohâdjerat-e irâniân be âmrikâ" (Historique et statistiques de l’immigration iranienne aux États-Unis), publié in Soureh-ye Andisheh, n ’b0 16, 1998.


- Neuve-Eglise, Amélie, « Diaspora iranienne dans le monde », publié in La Revue de Téhéran, n ’b0 14, Janvier 2007.

Sites internet :


- www.irdiplomacy.ir


- www.khbaronline.ir


- http://www.comiteafi.net


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