N° 144, novembre 2017

Perspectives sur les sources d’énergies alternatives en Iran


Shahâb Vahdati


Barrage de Kâroun 4

Depuis que l’homme existe, il a utilisé des ressources naturelles telles que l’eau, le vent, le sol, puis le charbon, le pétrole et le gaz comme sources d’énergie. Au cours des cent dernières années, ces ressources ont principalement été utilisées pour la production d’énergie électrique, qui est l’un des produits les plus universels et les plus consommés de nos jours.

La situation géographique de l’Iran, dans une région riche en hydrocarbures, offre à ce pays une position-clé en termes de sécurité énergétique. Pendant des siècles, les énergies solaire, éolienne et hydraulique ont été utilisées aux côtés des énergies fossiles produites à partir du bois ou du charbon. Puis, proportionnellement au développement et au progrès technique d’un pays, d’autres ressources fossiles comme le gaz et le pétrole ont été extraites en quantités importantes, entraînant parfois des dégâts irréversibles pour l’environnement. L’accumulation de ces conséquences, menaçant la santé et le bien-être humains, exige un examen de la politique énergétique dans le monde en général et en Iran en particulier. Une des solutions retenues dans le cadre de cet examen consiste au remplacement des énergies fossiles par des ressources renouvelables, telles que celles durablement utilisées par l’homme avant le gaz et le pétrole : l’énergie éolienne, l’énergie solaire, l’énergie hydraulique, etc.

En 2012, la capacité totale des producteurs d’électricité en Iran s’élevait à 65217,2 MW, grâce à l’exploitation de 25 centrales à vapeur, 61 centrales à gaz, 14 centrales à cycle combiné, 40 centrales diesel, 48 centrales hydroélectriques (grandes, moyennes, petites et miniatures) ; 168 éoliennes, six unités photovoltaïques, deux centrales à biogaz et 55 centrales thermiques, appartenant au ministère de l’Énergie ou à certaines grandes entreprises industrielles du secteur privé.

Il est évident que la principale ressource d’électricité produite en Iran est issue des carburants fossiles. Cela a entraîné de graves conséquences environnementales dans de nombreuses régions du pays.

Produire de l’électricité à partir de l’énergie hydroélectrique, barrage de Kâroun 4

Les centrales hydroélectriques dites gravitaires

 

L’eau est une importante source d’énergie écologiquement « propre ». À l’heure actuelle, il est possible de produire de l’électricité à partir de l’énergie du flux de la rivière (énergie hydroélectrique) et de celle des mouvements de l’eau créés par les marées (usines marémotrices). Les usines hydroélectriques et marémotrices iraniennes sont en bon état, certaines nécessitant cependant des rénovations pour de meilleures performances. Les centrales hydroélectriques ont une durée de vie plus longue, une efficacité accrue et des coûts de construction plus faibles par rapport aux autres types de centrales électriques.

En Iran, l’hydroélectricité au fil de l’eau constitue la quasi-totalité des centrales hydroélectriques utilisées. En outre, l’eau de leurs réservoirs formés par des barrages approvisionne terrains agricoles, industries et services communaux. Il convient de noter certains défauts de ces centrales hydroélectriques, et particulièrement les dégâts environnementaux, causés par la construction des barrages : inondation permanente des terres situées derrière les barrages et déplacement forcé de la population de ces terres. Le coût élevé et les dommages environnementaux importants typiques de la construction des grandes centrales hydroélectriques sont l’un des facteurs qui limitent le développement de ce secteur énergétique, en particulier dans les pays en développement dont fait partie l’Iran. Par conséquent, dans de tels pays, l’attention est plutôt portée sur des petites centrales hydroélectriques. Ceci est dû à un certain nombre d’avantages desdites centrales, en particulier leur durabilité, les moyens économiques de ces pays, leur universalité, la possibilité qu’elles offrent pour favoriser le développement des régions rurales et les considérations écologiques.

Parc d’éoliennes dans la province de Qazvin

L’Iran est géographiquement situé dans une zone semi-aride et aride, ce qui détermine une répartition très inégale des précipitations atmosphériques. Il existe sur le territoire iranien de nombreux fleuves, grands et petits, dont les plus importants sont Kâroun, Atrak, Gorgân, Tadjan, Karkheh, Helmand, etc. La plupart des rivières mentionnées sont peu profondes ou récemment asséchées en raison de la réduction de la superficie des glaciers de montagne et de la diminution des précipitations. L’eau n’y coule que pendant certains mois de l’année. Néanmoins, les petites et grandes centrales hydroélectriques construites sur ces rivières fournissent une partie de l’alimentation électrique nécessaire au pays. Ces centrales hydroélectriques sont divisées en six catégories : grandes (100 MW), moyennes (10-100 MW), petites (1-10 MW), mini-centrales (100-1000 kW), micro-centrales (10-100 kW), et pico-centrales (moins de 10 kW). Les centrales hydroélectriques de capacité moyenne ont généralement été construites sur les cours d’eau de bas débit, ce qui est le cas de la majorité des rivières en Iran. Les centrales hydroélectriques à moyenne puissance sont les plus nombreuses parmi les différents types de centrales. Les barrages de ces centrales servent, en particulier, à prévenir la perte d’eau. Les centrales miniatures et micro-hydroélectriques, situées principalement dans le nord du pays, sont plutôt expérimentales.

Sur la production brute d’électricité de l’Iran au début de 2012, 16,7% provient des 48 centrales hydroélectriques du pays. La part des centrales grandes, moyennes, petites, miniatures et micro-miniatures dans la production électrique est respectivement de 9,19% ; 7,4% ; 0,67% et 0,03%.

 

Les centrales éoliennes

 

Comme d’autres sources d’énergie renouvelables, l’énergie éolienne est largement disponible, mais instable. Néanmoins, dans le monde entier et surtout dans les régions où le mouvement des masses d’air existe continuellement, on constate une augmentation nette de la part des centrales éoliennes dans la production d’électricité. Ceci est dû à leurs faibles coûts de production et à la diminution marquée de l’impact négatif sur l’environnement.

En prenant en compte les conditions naturelles de son territoire, l’Iran a un potentiel important pour générer de l’électricité issue de l’énergie éolienne et pour en approvisionner le réseau national. À l’heure actuelle, les éoliennes produisent environ 98,2 MW/h d’électricité. Tous les parcs éoliens, fonctionnant dans le pays, ont une capacité égale à 660 kW. Leur contribution à la production brute d’électricité est faible et s’élève à environ 2%, mais il existe un potentiel considérable d’utilisation de cette ressource.

Parc d’éoliennes aux alentours de la ville de Manjil

La majorité des parcs d’éoliennes est située aux alentours de la ville de Manjil, ainsi que dans les provinces de Qazvin et du Khorâssân, où les caractéristiques du paysage (lacs et montagnes environnants les parcs) créent des conditions favorables à des vents forts et constants. Ce type de relief est typique d’une bonne partie du territoire iranien. Par conséquent, le potentiel de production d’électricité par les centrales éoliennes est incontestable. Les études montrent que dans 26 régions du pays (avec 45 sites parfaitement appropriés), des centrales éoliennes d’une capacité totale d’environ 6 500 MW peuvent être installées. Selon les calculs de conception, la capacité des installations éoliennes pour 2030 devrait être d’environ 2000 MW. Il convient de préciser que l’Iran est le seul fabricant d’éoliennes au Moyen-Orient.

 

Les centrales solaires

 

L’énergie solaire est elle aussi respectueuse de l’environnement, peu coûteuse et inépuisable. La crise énergétique, la réduction des ressources fossiles et les changements climatiques ont considérablement augmenté l’intérêt pour cette source d’énergie à travers le monde, et surtout dans les pays à fort potentiel d’insolation. En raison de ses conditions territoriales et climatiques, ce potentiel est significatif pour l’Iran. Le ministère de l’Énergie développe et met en œuvre actuellement un certain nombre de projets dans ce domaine. Cependant, bon nombre de parcs solaires iraniens actuels sont destinés à la recherche ou à l’alimentation de petits établissements. Ainsi, la puissance des dispositifs utilisés est insignifiante. La capacité totale des centrales solaires en Iran au début de 2012 était d’environ 97 kW, ce qui est extrêmement faible par rapport à d’autres types d’énergie. En outre, à l’heure actuelle, de nombreux projets sont suspendus par manque de financements. Néanmoins, cette méthode de production d’électricité est extrêmement prometteuse pour l’Iran. Le pays possède un potentiel important pour le développement de l’énergie solaire, avec 300 jours ensoleillés par an et le fait que chaque mètre carré moyen de son territoire reçoit des radiations solaires équivalent à 2200 kWh.

Les experts pensent qu’en développant son parc de centrales solaires, l’Iran pourrait non seulement satisfaire ses propres besoins, mais aussi exporter l’énergie ainsi produite.

Potentiel de rayonnement solaire en Iran

 

Conclusion

 

Les importantes réserves d’hydrocarbures de l’Iran, en particulier le gaz naturel, sont un atout qui facilite la construction de centrales électriques à gaz et des centrales à cycle combiné pouvant utiliser des combustibles hydrocarbonés liquides et solides.

En outre, en raison de ses caractéristiques naturelles et climatiques, le territoire iranien possède également un potentiel important pour l’utilisation des énergies renouvelables abondantes. Actuellement, la technologie et le savoir-faire appropriés existent déjà, mais les problèmes économiques et le manque de programmes gouvernementaux spécifiques entravent et ralentissent le développement de ce secteur. Pourtant, d’après les prévisions, dans un proche avenir, la contribution de ces types d’énergie à la production brute d’électricité pourrait être doublée.

Bibliographie


- Armstrong, Robert C., Catherine Wolfram, The frontiers of energy, Nature Energy, Tome 1, 2016.


- Dubovski, V., Denisova, A., Solnichnaya energhia ecotekhnologhi i resourssoberezhenie (trad. du russe : L’Energie solaire : Écotechnologie et économie de ressources), éd. Mir, Moscou, 2000.


- Sazanova, Evgenia et Topalov, Alekseï, Evropa ustala ot vetra i vodi (trad. du russe : L’Europe est fatiguée du soleil et du vent), Journal RU, 2016.


- Farâzmand, Nâhid, Ayandeh-ye energi-hâye tadjdid pazir, anjoman-e jahâni-ye energi-hâye tadjdid pazir (L’Avenir des énergies renouvelables), éd. Société mondiale des énergies renouvelables, Téhéran, 2015.


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