N° 99, février 2014

La dépendance et l’indépendance à la vie
Une ancienne histoire iranienne


Traduit par

Royâ Nassirnejâd


Un mendiant alla un jour à la rencontre d’un soufi et le vit assis sur un matelas moelleux sous une belle tente dont les cordes étaient fixées à terre par des clous dorés. En voyant ce spectacle, le mendiant s’écria :

- Mais qu’est-ce que cela ? J’ai beaucoup entendu que l’on fait des louanges au sujet de ta dévotion et de ton indépendance vis-à-vis de ce monde, mais le luxe de ta vie m’a vraiment déçu.

Le soufi dit en souriant :

- Je suis prêt à quitter tout cela et à t’accompagner.

Après avoir prononcé ces paroles, il se leva pour suivre le mendiant, oubliant même de chausser ses pantoufles.

Ils se mirent en route et suivirent un chemin, jusqu’à ce que le mendiant se souvienne qu’il avait oublié le bol dont il se servait pour mendier dans la tente du soufi.

- « Mais que dois-je faire alors ? Comment pourrais-je vivre sans ce bol ? Attends-moi, je vais le chercher, je reviens tout de suite », dit le mendiant.

Le soufi sourit et dit d’un air chargé de sens :

- Ecoute-moi bien, mon bon ami ! Les clous dorés de ma tente s’enfoncent bien dans la terre et pas dans mon cœur, alors que ton bol de mendicité a pénétré dans ton cœur et te suit tout le temps ! N’oublie pas qu’être dans le monde ne signifie pas être dépendant de lui. Bien au contraire, c’est la présence du monde dans la pensée qui aboutit à la dépendance !


Visites: 215

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.