N° 130, septembre 2016

Avec l’« ouverture », la culture iranienne rayonne un peu plus en France


Samuel Hauraix


Avec l’accord sur le nucléaire de juillet 2015, la curiosité pour l’Iran et sa culture a pris de l’ampleur en France. Un intérêt qui ne date pas d’aujourd’hui, tant les échanges culturels ont marqué l’histoire commune aux deux pays.

 

Un raz-de-marée médiatique. Voilà ce qu’a engendré l’annonce de la mort d’Abbas Kiarostami, lundi 4 juillet à Paris. Nécrologies par dizaines, compilations exhaustives de réactions : l’emballement a été à la hauteur du mythe. Journalistes, politiques, personnalités du monde cinématographique et culturel… qu’ils soient Français ou Iraniens, ont rendu hommage à « l’âme du cinéma iranien ». Le journal Le Monde, par exemple, a regretté « une perte majeure, celle d’un immense artiste qui aura marqué d’une emprise indélébile l’histoire du cinéma mondial ».

 

Quelques semaines plutôt, un des nombreux héritiers de Kiarostami faisait aussi la une : Asghar Farhâdi, doublement récompensé au dernier festival de Cannes, en mai. Pour son film Le Client, le cinéaste s’est distingué avec le prix du meilleur scénario et le prix d’interprétation masculine, décerné à son acteur principal Shahâb Hosseini. « Je reçois ce prix comme un hommage au cinéma iranien », déclarait l’auteur, à France Télévisions, après la récompense. Hosseini ajoutait même : « Ce que je ressens fortement ce soir, c’est la joie que doit éprouver mon peuple, le fait que parmi les prix décernés, deux aient été remportés par notre pays. » Cette « joie » et la fierté iranienne se sont exprimées tant sur les réseaux sociaux qu’à l’aéroport de Téhéran où des centaines de personnes attendaient le retour des « héros » au pays.

Ces deux séquences sont les derniers exemples notables de l’exposition de la culture iranienne en France. Aujourd’hui, voir une œuvre iranienne primée ou son auteur mis en avant n’a plus rien d’un phénomène nouveau, tant cette culture a su se faire sa place dans le paysage artistique français. Mais pour avoir une idée plus ou moins précise de son ampleur, un long voyage dans le temps s’impose.

 

Longue histoire culturelle commune

 

Les liens culturels entre les deux pays se sont tissés des décennies, et même des siècles durant. Si les premiers contacts commerciaux et diplomatiques entre la France et la Perse remontent au Moyen-Âge, le dialogue culturel lui date plutôt du XVIIème. On le doit aux nombreux voyageurs français venus en terre persane : Jean-Baptiste Tavernier, Jean Chardin, Raphaël du Mans, Jean Thévenot, François de la Boullaye… « Tavernier et Chardin ont mis l’Iran « à la mode à l’époque », commente François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran (2001-2005). Dans leurs « 100 questions sur l’Iran », Mohammad Reza-Djalili et Thierry Kellner, tous deux spécialistes reconnus du pays, précisent : « L’attrait pour la Perse remonte sans doute à la publication en 1686 par Chardin du « Journal de voyage du chevalier Chardin en Perse et aux Indes orientales. »

À peine 30 ans plus tard, en 1715, l’ambassadeur de la Perse rend visite au Roi-Soleil. Un événement qui influence un certain Montesquieu, dont les Lettres persanes connaissent un succès immense. « C’est véritablement à partir d’ici que la persanophilie démarre », nous assure Mohammad Reza-Djalili, docteur en sciences politique et diplomatique de l’université de Bruxelles. Et ce, même si certains grands classiques de la littérature persane (les Mille et une Nuits, Le Golestan de Saadi…) avaient déjà été traduits en français. Cette influence littéraire se poursuit dans le temps avec la traduction du célèbre Livre des rois par exemple.

Dans un tout autre domaine, Manijeh Nouri, directrice de l’association toulousaine Ariana, spécialisée dans l’expertise de la culture persane millénaire et les arts persans en lien avec la culture occitane, tient également à souligner le rôle joué par les époux Marcel et Jane Dieulafoy : « Ils ont multiplié les voyages en Perse à partir de 1881. Ils ont photographié des monuments, mené des recherches en architecture, participé à des fouilles… » On retrouve également la « patte » persane tant dans les arts décoratifs que dans la peinture, la musique et même la langue française : aubergine, assassin, satrape, turban… « Le mot « pyjama » vient du persan « pây djamak » (« pijâmah ») », prend en exemple Manijeh Nouri, également spécialiste de la littérature mystique persane.

La culture iranienne a indéniablement touché la France par le passé. Et inversement, car « de 1905 à 1979, les élites iraniennes étaient francophones, prend en exemple Mohammad Reza-Djalili. Ces échanges ont été facilités par le fait qu’à côté de la pression anglo-russe, la France n’a pas eu d’ambitions coloniales en Iran. »

La fréquentation du festival Cinémas d’Iran est en nette augmentation d’année en année. Ils étaient plus de 3 000 spectateurs lors de la dernière édition.

 

Quel héritage aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui en 2016, que reste-t-il de cette influence colossale ? Le premier élément important est le rôle joué par la diaspora iranienne en France. Mohammad Reza-Djalili décrit « une forme d’inversion » en termes d’influence, après « la rupture culturelle de 1979 ». Pendant des siècles, ce sont d’abord les voyageurs et diplomates français qui ont « importé » la culture persane. Aujourd’hui, les expatriés iraniens, venus lors de plusieurs vagues migratoires, avant et après la Révolution islamique, jouent ce rôle.

Difficile de trouver une statistique officielle sur le nombre d’Iraniens, ou de personnes d’origine iranienne, vivant dans l’hexagone. Une étude menée par le Centre d’informations et d’études sur les migrations internationales, en 2015, évoque tout de même « une fourchette allant de 24 000 à 26 000 Iraniens résidant en France en 2006 ». Une donnée qui ne prend pas en compte la toute dernière vague migratoire de l’après 2009.

Quel que soit son nombre, « la diaspora a envie de parler, constate l’écrivain Parisa Reza. Elle joue un rôle important. Les gens sont actifs. » Cette auteure, arrivée en France il y a 34 ans, vient de sortir Les jardins de consolation. C’est son tout premier roman en français, dont l’action est ancrée dans les années 1920-1950 dans son pays natal, évidemment. Son ouvrage a été récompensé par le prix Senghor 2015 du premier roman francophone. Une belle « surprise » qui n’est en aucun cas due à ses origines : « Ce n’est pas parce qu’on est Iraniens et qu’on écrit sur l’Iran que les maisons d’édition s’intéressent à vous. Ça n’a pas été un plus pour que Gallimard me publie. C’est la qualité de l’œuvre qui compte. »

Si Parisa Reza ne pense pas qu’il y ait « une mode de l’Iran de la littérature », il semble pourtant que l’intérêt pour les ouvrages en lien avec l’ancienne Perse soit grandissant. La preuve avec l’ouverture, il y a moins d’un an, d’Utopiran Naakojaa, une librairie 100% Iran nichée dans le 18ème arrondissement de Paris. Elle se revendique être « la seule librairie en Europe qui offre une variété importante de livres en persan et français sur l’Iran et le monde iranien ». À l’intérieur de cette petite et discrète boutique, plus de 10 000 ouvrages ! « 70% sont écrits en persan, et le reste en français », chiffre le gérant franco-iranien, Tinouche Nazmjou.

Pourtant, quelques années plus tôt, en 2012, Utopiran Naakojaa n’était « qu’ » une maison d’édition ayant publié environ 130 ouvrages « d’auteurs qui sont tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. On ne fait pas de la politique. Notre seul critère de sélection, c’est la qualité littéraire. » Cette activité première a évolué au fil des mois. « On a commencé par exposer quelques ouvrages édités dans notre local, raconte Tinouche Nazmjou. De plus en plus de gens sont venus nous voir en nous suggérant d’ouvrir une librairie. Ce n’était pas du tout dans nos plans de départ. » Son public ? « Autant d’Iraniens que de non-Iraniens, c’est du 50-50. »

C’est bien là une preuve supplémentaire de l’intérêt des Français pour la culture iranienne. Mais ce n’est pas tant la littérature, connue aussi pour ses grands poètes, qu’une autre forme d’art qui a su attirer l’attention bien plus tôt : le cinéma. Reconnu internationalement pour son « talent, l’originalité, la qualité du travail artistique et aussi la dimension universelle du message qu’il délivre », écrit Mohammad Reza-Djalili dans son ouvrage, le 7ème art iranien est la véritable locomotive de la culture iranienne en France. On a pu le noter avec les deux exemples mentionnés en début d’article. Ce rayonnement cinématographique est intervenu plus tôt. « Il date d’il y a 30 ans », évalue Parisa Reza. C’est en 1990, un 21 mars, qu’un premier Kiarostami, Où est la maison de mon ami ?, sort dans les salles françaises. Jusqu’à l’apothéose de 1997, avec la Palme d’Or décernée pour Le goût de la cerise, du même auteur.

 

Le cinéma, locomotive culturelle

 

Le cinéma occupe une telle place qu’une association est lancée pour participer à ce rayonnement. Né de la rencontre d’étudiants français, iraniens et franco-iraniens à l’Institut national des langues et civilisations orientales, « Cinéma(s) d’Iran » organise chaque année un festival. Ce rendez-vous, comparable aux événements existant dans une dizaine de mégapoles du monde (Londres, San Francisco…), est unique en France. C’était la quatrième édition en juin dernier, toujours à Paris, étalée sur une semaine. Son président Nader Takmil Homayoun raconte la genèse du festival qui occupe une place grandissante : « On avait l’impression qu’il y avait de plus en plus de bons films iraniens qui restaient sur les étagères. » Dès son lancement, la notion pédagogique s’est imposée : « On a réalisé que faire un festival avec pour seul but de diffuser, ça n’avait pas de sens. Quand on aborde un pays, il faut apporter des portes d’entrée sur les problématiques. » Cela passe par des temps d’échanges avec les réalisateurs invités à venir présenter leur film, de débats… Cette année, l’association a choisi la comédie comme fil rouge, avec près d’une trentaine de films et documentaires. Avec en point d’orgue, Le Client de Farhadi, tout juste primé, qui a fait salle comble.

La statue du célèbre poète persan Ferdowsi trône à l’entrée de l’ambassade iranienne à Paris, dans le 16ème arrondissement.

Le festival attire environ 3 000 spectateurs, un nombre en constante augmentation. Pour le réalisateur de Les Pieds dans le tapis, pas de doute : « Il y a une locomotive qui suit le cinéma iranien. On entend beaucoup parler de la photographie iranienne, de la musique… Elle est moins médiatisée, mais à Paris, il n’y a pas un mois sans une, deux voire trois expos sur l’Iran. » Pourquoi et comment ce 7ème art s’est-il retrouvé en tête de ce train culturel ? « Il y a eu un volcan de qualité du cinéma iranien, si bien qu’aujourd’hui, quand on parle de ce cinéma, on dit « Ah ! C’est du bon cinéma. » Un cinéma qui touche tant dans sa dimension « traditionnelle » que contemporaine. » Le pays possède une écriture cinématographique, une marque de fabrique iranienne qui « touche ». »

Cette écriture-ci a un « avantage » sur la littérature : le sous-titrage. « C’est beaucoup plus facile dans le cinéma que pour les écrivains, qui doivent s’approprier la langue avant d’écrire », note Parisa Reza. Alors que dans le cinéma, « vous envoyez un dvd, vous faites sous-titrer en Iran et après vous voyez si le film est de qualité », complète Nader Homayoun. Cinéma d’Iran attache d’ailleurs un intérêt particulier à ce travail : « Contrairement aux autres festivals qui reçoivent des films déjà sous-titrés en anglais, nos formons des traducteurs pour sous-titrer nous-mêmes les films. »

Outre cet aspect technique, les films iraniens s’appuient sur des « têtes d’affiche » bien connues du grand public. Des réalisateurs donc, mais aussi des acteurs ou actrices hyper médiatisés.

Le rôle des associations franco-iraniennes

 

Mais derrière ces figures de proue, bien plus exposées médiatiquement, cette diaspora qui, selon Nader Homayoun « sent une espèce de devoir à parler en public de son pays à travers sa culture, et fait cela, de manière non officielle », s’exprime aussi un peu partout en France, à travers des associations culturelles. « La diaspora iranienne sent une espèce de devoir à parler en public de son pays à travers sa culture, Nader Homayoun. Et fait cela, de manière non officielle. » Il existe des dizaines d’associations, réparties dans les grandes villes du pays. La plupart proposent conférences, concerts, cours de persan, animations autour de Norouz… Exemple à Rennes, où Suzanne Jestin dirige l’association franco-iranienne de Bretagne. « Dès le début en 2004, j’ai eu envie de montrer la culture persane », indique-t-elle. La présidente s’appuie sur un énorme réseau d’Iraniens politologues, artistes… qu’elle connait « très personnellement grâce à sa famille. » Elle a pu récemment faire venir, à l’une de ses conférences, l’écrivaine Nahal Tajadod, qui a reçu de l’Académie française en 2007 la Grande médaille de la francophonie. Ou encore le chanteur Mohammad Reza Shajarian. « C’était complet, décrit la responsable. On est une toute petite association sans budget. Mais à partir du moment où vous proposez des choses intéressantes, les gens viennent, ils sont curieux. »

La ville de Strasbourg est le foyer d’un des pôles associatifs les plus dynamiques. En marge de son université, l’une des rares à disposer d’un département d’études persanes, elle compte notamment l’association franco-iranienne d’Alsace, née « dans l’esprit de la rencontre, du dialogue et de l’intégration », note son directeur Pacha Mobasher.

L’association Strass’iran, elle, en plus d’un fonctionnement tout au long de l’année, mise également sur le très gros événementiel. Tous les deux ans, elle organise une quinzaine culturelle iranienne (musique, littérature, cinéma, art contemporain, gastronomie…) à Strasbourg, rendez-vous phare, à l’instar du festival Cinémas d’Iran, qui se revendique comme « unique en France, voire en Europe ».

L’un de ses responsables, Syamak Agha Babaei, souligne un élément important quant au dynamisme de la diaspora : « On a l’impression qu’il y a une vraie mode pour le pays en ce moment. Mais elle ne peut pas être durable sans des acteurs locaux. Ces acteurs de la culture iranienne se montrent, alors que pendant très longtemps, les assos étaient communautaires. C’était un moyen pour les expatriés de rester entre eux pour se remémorer le pays, en vase clos. Aujourd’hui, il y a un changement de générations. Chez nous par exemple, on parle français autour de la table. Notre association n’est absolument pas repliée. » D’où une plus grande ouverture et donc visibilité auprès du grand public.

Encore faut-il que les Français, ou au moins une partie d’entre eux, montrent une appétence intellectuelle envers cette culture. C’est le cas. Et à entendre la majorité des acteurs interrogés, cet intérêt ne date pas de juillet 2015 et de la signature des accords sur le nucléaire iranien. Ces accords ont d’abord fait exploser l’attrait touristique. « C’est la folie pour l’Iran !, s’exclame Faezeh Mohebi, présidente de l’active association lyonnaise. Je reçois tous les jours des coups de fil de gens qui vont en Iran. » Même constat du côté de l’office du tourisme de l’Iran à Paris. La France surfe sur la tendance mondiale. Selon l’organisation mondiale du tourisme, l’ancienne Perse est passée de 2 millions de touristes attirés en 2008 à… près de 5 millions en 2014 !

 

Quel public intéressé ?

 

« Il y a une curiosité touristique, estime Faezeh Mohebi. Mais aussi une curiosité pour découvrir la culture. Nos manifestations attirent beaucoup plus de monde depuis l’ouverture récente. » « Cet intérêt a existé dès nos débuts, poursuit Suzanne Jestin. À partir du moment où on montre la culture, juste la culture, les gens s’ouvrent. » Dans sa librairie, Tinouche Nazmjou décrit lui aussi « une fascination plus vive ». À Strasbourg, Pacha Mobasher nuance, et dit ne pas avoir senti « un regain d’intérêt ou un engouement supplémentaire » ces dernières années. C’est sans doute oublier l’évolution de la fréquentation de la quinzaine iranienne, dont la prochaine édition aura lieu du 13 au 26 mars 2017, par exemple : la première édition, en 2010, avait attiré 1 000 personnes ; cinq ans plus tard, c’était cinq fois plus ! Avec, là encore, autant d’Iraniens, que de non-Iraniens. « L’engouement de ces deux dernières années, poursuit Syamak Agha Babaei, est aussi lié à l’image médiatique bien plus positive envers le pays. Résultat, la curiosité est constante. » « Il y a de plus en plus d’effervescence artistique côté iranien, ce qui crée une effervescence dans l’intérêt de nos visiteurs », juge Yassi Metghalchi de la galerie parisienne Nicolas Flamel, créée en 2009, dont le but est de promouvoir « les jeunes artistes iraniens, de les mettre à-côté des « maîtres » Comme le peintre Aydin Aghdashloo que nous avons récemment accueilli pour vernissage. »

Curiosité générale ou limitée ? « Cela dépend des milieux, rétorque le musicien Hossein Rad, musicien, interprète et professeur de musique persane. Je pense aux milieux étudiants, artistiques, intellectuels… » Nader Homayoun va dans le même sens pour ce qui est du cinéma : « Le cinéma iranien touche un public confidentiel, de cinéma d’art et essai. Ce n’est pas encore un cinéma grand public. Il y a eu des exemples, comme Une Séparation de Farhadi (près de 850 000 entrées en France) qui a été une révolution totale. Mais on ne peut pas dire que le cinéma iranien soit un cinéma grand public, malgré tous les efforts qui sont faits pour l’être. Dans tous les cas, il faut avoir un lien avec l’Iran, soit de famille, soit par un voyage, ou au moins un intérêt intellectuel. »

 

Le Louvre mise sur l’Iran

 

C’est peut-être dans les musées que cette ouverture se fera. L’une des dernières grosses expositions en date s’est tenue au musée d’Art moderne de Paris, en 2014. « Unedited History - Iran 1960-2014 » se voulait offrir « un nouveau regard sur l’art et la culture visuels en Iran des années 1960 à aujourd’hui », à travers plus de 200 œuvres pour la plupart inédites en France.

Le « MAM » va bientôt être imité par le Musée du Louvre. La Perse occupe déjà une place importante dans le musée, avec pas moins de 16 salles consacrées et environ 2 500 objets exposés dans le département des antiquités orientales, et plus de 1 500 chefs-d’œuvre dans les collections des arts de l’islam. « Nous avons l’un des fonds les plus importants au monde, hors Iran », assure Yannick Lintz, directrice de ce département. C’est le fruit de décennies d’échanges au siècle dernier. « Les archéologues français ont beaucoup œuvré là-bas à partir de la fin du XIXème siècle, sur le site emblématique de Suse notamment », décrit François Bridey, conservateur au département des antiquités orientales.

Ces échanges ont (re)pris une nouvelle dimension, il y a quelques mois, avec la signature d’un contrat jugé « historique », à l’instar de l’accord sur le nucléaire. Cette convention-cadre de cinq ans passée entre le Louvre et Téhéran intervient onze ans après le précédent accord entre les deux parties. 2005 est aussi la date de la dernière exposition au Louvre consacrée à l’Iran.

Ce contrat prévoit une collaboration en terme scientifique, des échanges d’experts, de chercheurs… Et pour la partie visible de l’iceberg, des projets d’expositions : une du Louvre en Iran, et une autre dans le chemin inverse. Cette dernière, consacrée à la dynastie qâdjâre, aura lieu au printemps 2018 au Louvre-Lens. Quant à l’expo en Iran, le Louvre y travaille : « On prépare pour 2017. Les Iraniens la veulent assez rapidement. »

Tous ces éléments tendent à montrer que la culture iranienne a encore de beaux jours devant elle en France. Mohammad Reza-Djalili en est convaincu : « Si l’ouverture s’approfondit, cette évolution sera renforcée. » Prudence dit Pacha Mobasher, en simplifiant : « Il y a un an, l’Iran était le mauvais. Maintenant, il est gentil. Qu’est-ce qu’il sera dans six mois ? » Faezeh Mohebi, elle, ne veut qu’une chose : « Ne pas laisser la politique trop jouer sur le dialogue culturel. »


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