N° 147, février 2018

Présentation générale de la
province de Zanjân


Afsaneh Pourmazaheri


La ville de Zanjân est la capitale de la province du même nom en Azerbaïdjan iranien. Elle se trouve à 298 km au nord-ouest de Téhéran, sur l’autoroute principale menant à Tabriz, et à environ 125 km de la mer Caspienne. Par le passé, elle s’appelait Khamseh, ce qui signifie « province à cinq tribus », dont l’une appartenait aux zones de l’ancienne province de Gerrus. L’actuelle province de Zanjân est située sur un plateau au nord-ouest du centre de l’Iran. La province de Hamedân est située à l’est, la province de l’Azerbaïdjan occidental à l’ouest, la province du Kurdistan au sud, tandis que les provinces d’Ardabil et d’Azerbaïdjan oriental sont situées au nord de cette province. Les cantons d’Abhar, Ijrud, Khodâbandeh, Khorramdarreh, Târom et de Mahneshân constituent ladite province.

Les Azéris sont le principal groupe ethnique de la province, suivis des Tâts. Les villes et les villages au sud-ouest de la province de Zanjân ont une population principalement kurde mais comme toutes les autres ethnies de l’Iran, la lingua franca est le persan.

Sandales traditionnelles appelées chârough
Malileh, un artisanat fait de fils d’argent

Zanjân est connue pour ses beaux objets artisanaux tels que les couteaux, les sandales traditionnelles appelées chârough, et le malileh, un artisanat fait de fils d’argent. Zanjân est depuis longtemps célèbre pour ses couteaux inoxydables et tranchants, tradition qui est en voie de disparition aujourd’hui. De nombreux villageois sont des tisseurs de tapis traditionnels, sans doute l’artisanat le plus populaire de la province. L’agriculture est la principale occupation des habitants de Zanjân et les cultures comprennent le riz, le maïs, les oléagineux, les fruits et les pommes de terre. La volaille, le bétail et les moutons y sont aussi élevés. La région est célèbre pour ses raisins sans pépins. Les produits manufacturés comprennent les briques, le ciment, le riz blanchi et les tapis. Elle détient également d’importantes réserves de chrome, de plomb et de cuivre.

La province de Zanjân comprend d’une part, des plaines, et de l’autre, toute une région montagneuse. De nombreuses rivières coulent dans cette province, dont la plus importante est la rivière Qezel Ozan. Sur le plan climatique, la province de Zanjân, sous l’influence des courants d’air humides du nord-ouest, bénéficie de deux types de climats différents : un climat montagneux avec des hivers froids et enneigés, et des étés tempérés. En revanche, la région de Târom Olyâ connaît un climat chaud et semi-humide, avec des étés chauds et des hivers doux. Le pourcentage de précipitations et d’humidité est plus élevé dans la plaine de Zanjân, notamment au printemps et en hiver. Cependant la province souffre parfois de longues périodes de sécheresse.

Rivière Qezel Ozan

Des fouilles archéologiques ont permis de retrouver des traces d’homme ayant vécu à l’époque paléolithique dans cette région. La province de Zanjân a une histoire très ancienne, avec des vestiges datant de la période préhistorique (7e millénaire jusqu’au début du 3e millénaire avant notre ère.). Ceux du 2e et du 3e millénaire av. J.-C. appartiennent à une civilisation prospère du plateau central de l’Iran, notamment dans la région d’Ijrud. L’étude des gravures noires sur les faïences de couleur chamois ou crème permet de mettre en évidence un lien de continuité entre les traces de civilisation retrouvées sur les collines de Dâmghân, Hessâr, Siâlk et Ijrud. On y trouve également des faïences gris-noir qui correspondent à la période de migration aryenne vers cette région. Ce type de faïence est semblable à une théière à long bec retrouvée dans la majorité des tombes de cette époque et utilisée dans les cérémonies funéraires. Selon les documents assyriens, cette zone correspond à une région appelée Andia au IXe siècle av. J.-C., et ses habitants auraient été en communication avec les tribus Lulubi et Gouti résidant sur les pentes de la chaîne de montagnes Zagros. L’abondance des pièces, notamment des dariques (monnaie d’or achéménide) et des rhytons (vase en terre cuite ou en métal) découvertes dans les vestiges près de Khodâbandeh montre que cette région était très prospère sous les Achéménides. D’après certains historiens comme Hamdollâh Mostowfi, savant iranien du XIVe siècle, Zanjân aurait été construite par Ardéshir ou Artaxerxès Ier, premier roi de l’empire Sassanide, au IIIe siècle. Pendant les périodes parthes et sassanides, les vallées de Zanjân et de Qezel Ozan furent des zones prospères de la région, notamment connues pour l’existence d’un temple zoroastrien, le Temple du Feu de Tashvir, dont il ne reste que des ruines.

Culture du riz, Târom
Dôme de Soltâniyeh ou Khodâbandeh. Hammâm de
Sâlâr se situe au premier plan de la photo

Pendant la période islamique, la région fut surtout marquée par la conquête ottomane. Selon les textes et témoignages existants, pendant la période islamique, sous le règne des diverses dynasties telles que les Seldjoukides et les Ilkhanides, particulièrement du XIe au XIVe siècle, cette région prospéra économiquement et culturellement. L’une des raisons pour lesquelles Soltâniyeh (ville qui abrita plus tard le mausolée d’Oldjaïtou, connu pour son architecture particulièrement intéressante) fut choisie comme capitale est que l’ensemble de la région atteignit un apogée économique au XIVe siècle. Ce territoire fut ravagé pendant l’attaque mongole, mais il retrouva son importance sous le règne de Soltân Mohammad Khodâbandeh (appelé originairement Oldjaïtou, prince mongol et huitième roi ilkhanide de Perse) et devint de nouveau la capitale, cette fois, des Ilkhanides, entre 1306 et 1335. Conformément aux ordres d’Oldjaïtou, un rempart fut construit autour de Soltâniyeh au milieu duquel fut construit un immense fort. Il fit également construire un grand dôme qui devait abriter sa tombe connue aujourd’hui sous le nom de « Gonbad » ou dôme de Khodâbandeh. Pendant le règne d’Oldjaïtou, Soltâniyeh fut considérée comme l’une des villes les plus importantes des Ilkhanides après Tabriz. La particularité des habitants de Zanjân à l’époque ilkhanide était le fait qu’ils parlaient tous le pehlevi ou le moyen-perse, une forme médiane du vieux perse parlé à l’époque sassanide.

Temple du Feu de Tashvir
Les montagnes de Mahneshân

Au milieu du XIVe siècle, après le déclin des Ilkhanides, les Sarbedârâns, dynastie locale parmi tant d’autres apparues après la chute des Ilkhanides, arrivèrent au pouvoir dans cette région. Mais lors de l’attaque de Tamerlan, Zanjân tomba de nouveau en ruine. Ce n’est que sous le règne de Shâh Tahmasb Safavide et celui de Mohammad Khân Qâdjâr que ce territoire commença à connaître un certain progrès culturel et économique.

Grotte Katalehkhor

Zanjân a toujours eu de l’importance, en raison de son emplacement stratégique sur la route commerciale de Rey à l’Azerbaïdjan. Certains des sites célèbres de la ville comprennent un bazar traditionnel, une mosquée Jâme’, le mausolée Mollâ Hassan Kâchi et le lavoir de Zanjân. La ville est également connue pour une découverte importante qui eut lieu en hiver 1993 : celle de momies appelées plus tard « hommes de sel ». Il s’agit de six corps humains datant de l’Antiquité tardive et préservés par momification naturelle dans la mine de sel près de Chehrâbâd à Zanjân. La tête et les pieds de l’un de ces hommes de sel sont actuellement exposés sous verre au Musée national d’Iran, tandis que les autres sont exposés au Musée d’Archéologie de Zanjân, dans le Manoir Zolfaqari. La ville possède plusieurs attractions naturelles, notamment la cascade Charchar, la grotte Kataleh Khor ou Katalehkhor, la cheminée des Djinns, les montagnes de Mahneshân et la source thermale de Garmâb. Une station de ski appelée Pâpâyi située près de la ville accueille plusieurs centaines de skieurs chaque année.

Station de ski de Pâpâyi

Bibliographie :


- Granville, E. (2004), A Traveller’s Narrative Written to Illustrate the Episode of the Báb, Kalimat, Los Angeles.


- Malâyeri, Mohammad (2006), Târikh va farhang-e Iran (Histoire et culture de l’Iran), Tous, Téhéran.


- Roux, Jean-Paul, (2006), Histoire de l’Iran et des Iraniens, Fayard, Paris.


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