N° 153, août 2018

Aperçu sur la poésie
d’Ali Moussavi Garmâroudi


Mohammad-Kâzem Kâzemi
Traduction et adaptation : 

Khadidjeh Nâderi Beni


Ali Moussavi Garmâroudi est né en 1941 à Qom. Son père, figure religieuse importante de Qazvin, assure son éducation primaire. Puis il se rend à l’école nationale de Bâgherieh où il suit des études religieuses. En tant que poète, traducteur du Coran, et professeur de littérature persane, il a exercé une influence particulière dans le domaine de la poésie rituelle contemporaine (she’r-e âyini). Il est également considéré comme l’un des précurseurs de la poésie de la Révolution en Iran. Même avant la victoire de la Révolution islamique, il aborde dans sa poésie des thèmes religieux et révolutionnaires. Etant à la fois un poète moderniste et traditionaliste, sa poésie embrasse une grande étendue de thèmes et de formes. C’est un poète minutieux et un érudit qui a publié un grand nombre de livres consacrés à la littérature et à la poésie. Le nombre de ses recueils poétiques dépasse la vingtaine. Le vers libre (she’r-e sepid) et le ghassideh (sorte de poème lyrique) sont les formes poétiques préférées de ce poète ; la plus grande partie de ses poèmes étant rédigée en vers libres.

 

Du point de vue thématique, ses vers libres sont divisés en deux groupes : les poèmes religieux et rituels, et ceux qui expriment les sentiments intérieurs d’un poète amoureux de la vie. Certains de ses poèmes ont fait partie des œuvres les plus lues des années 1980, et lui ont apporté une grande renommée ; La ligne du sang et A l’ombre du dattier du Prince des croyants figurant parmi ses poèmes religieux les plus connus. Avec La ligne du sang, Garmâroudi se fait connaître comme poète moderniste et précurseur de la poésie religieuse. En fait, cette œuvre est considérée comme le poème en vers libres le plus connu consacré à l’Ashourâ. Le poète y décrit le désastre de Karbalâ, au travers un regard à la fois révolutionnaire et historique. Ce poème jouit aussi d’une originalité esthétique qui le rend unique – du début à sa fin :

 

J’aime les arbres

Qui restent debout pour te respecter

Et l’eau

Héritage de ta mère

Ton sang a confondu l’honneur

Le crépuscule réfléchit ta pauvreté

L’épée qui déchira ta gorge

Divisa toute chose en deux :

Celles qui te sont attribuées

Et d’autres à Yazid…

***

 

…la fin de la parole

C’est la fin du Moi :

Tu n’as pas de fin.

 

Ali Moussavi Garmâroudi

Malgré sa grande habileté dans le domaine de la poésie nouvelle (et surtout le vers libre), Garmâroudi porte une grande attention aux formes poétiques classiques dont le masnavi, le ghazal et plus particulièrement le ghassideh. Toutefois, le poète est moins novateur dans ce domaine. La raison est peut être que le ghassideh jouit d’une forme et d’un style déjà définis, et que cette forme poétique n’offre pas de grand choix de thèmes. Dans le poème ci-dessous, le poète exprime ce qu’il ressent lorsqu’il découvre les chutes du Niagara :

 

O toi ! Si magnifique, si noble

Toi une mer qui s’écoule au sens renversé

Toi tu cries et intimides le dragon

Tu souffles terriblement comme le dragon, rebelle

 

Garmâroudi a su forger son propre style dans la façon dont il aborde les différents thèmes : là où il aborde un thème religieux, national ou rituel, il choisit un style sérieux et raffiné, ce qui se perçoit dans le choix des mots et des figures de style. En revanche, quand il s’agit d’une émotion ou d’une impression personnelle, le poète utilise un ton amical, simple et franc.

 

Heureux moi, quand je suis auprès de toi et d’un livre ouvert

A côté de l’arbre, de l’herbe, de l’eau, du soleil

 

***

J’admire l’eau

Qui cherche à monter dans les veines de la plante

Plus que la rivière

Qui gémissant, avance

Dans son inévitable lit

 

Une grande partie de la poésie de Garmâroudi est consacrée à la poésie religieuse et nationale qu’il présente sous de nouvelles formes poétiques dont le vers libre. En voici un exemple au sujet de Mostafâ Tchamrân, ministre de la Défense et commandant de la guerre au début de la guerre Iran-Irak :

 

Un homme grand comme l’honneur

Subtil comme la tige du figuier

Rocher sous l’eau

Rigueur calme et secrète

Simple comme la pluie

Glissant comme l’eau

Dans les cœurs…

 

Du point de vue de sa structure, la poésie de Garmâroudi est chargée de figures poétiques dont la métaphore, l’allégorie et surtout la personnification - le poète a abondamment recours à ce dernier processus lorsqu’il évoque des notions abstraites :

 

Que dis-je ? « La tendresse » est ta mère

La « grandeur » est comme ton esclave

« L’honneur » jouit de ton secours pour s’affirmer sur sa base

« L’amitié » est à ta soumission…

Pour finir, citons quelques vers de l’un des poèmes le plus connus de Garmâroudi, A l’ombre du dattier du Prince des croyants :

Que le nom de Dieu, le meilleur des créateurs, soit béni !

Qui te donna l’existence

Je suis même incapable de m’étonner de toi

Car mon œil est trop petit pour contempler ta majesté :

Avant toi, je ne connaissais point d’océan

Qui tienne debout sur la terre...

Avant toi, je n’avais point vu de maître

Qui mette des chaussures rapiécées

La porte que tu as ouverte sur le jardin de notre pensée,

Est mille fois plus grande que Khaibar

Que soit bénie ta pensée !

Ma poésie reste confondue

Auprès de toi, elle perd sa métrique

La parole t’est redevable de son rythme

Comment puis-je y implanter ta majesté…


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1 Message

  • Aperçu sur la poésie
    d’Ali Moussavi Garmâroudi
    29 septembre 07:32, par deroure

    Nous sommes Nantais en France et poètes de surcroit.Un groupe uni en réunions de lectures mensuelles
    pour l’honneur autant que faire cela, internationalistes tous pronant l’union des peuples, des dirigeants afin d’améliorer le bien etre de chacun sur la planète.Je vous offre cette poésie dédiée à l’etre suprème

    Le temps
    Paramétre invisible
    Il nous fit tous humains
    Pour la paix terre promise
    Amitiés aux lointains

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