Le dialecte guilaki est l’un des dialectes iraniens parlés au nord-ouest de l’Iran. Ce dialecte ferait partie de l’une des branches de la langue dite pahlavi-ashkâni ou kurde parlée dans les provinces du Guilân, Tabarestân (actuel Mâzandarân), Gorgân, Ghazvin, Rey, Dâmghân, Semnân, Hamedân, etc. Les peuples du nord de l’Iran, de Gorghân à Rezvânshahr, parlent guilaki mais avec des accents différents. Les accents sont également différents dans l’est et l’ouest du Mâzandarân et du Guilân. Comme dans le passé, l’ouest et l’est du Guilân n’avaient que peu de liens, le dialecte guilaki de ces deux régions est considérablement différent : ainsi, à l’époque de Rezâ Shâh, avant la construction du pont Korpi sur la rivière Sefid Roud, les peuples de l’est et l’ouest de cette province ne pouvaient facilement communiquer et échanger les uns avec les autres.

Le guilaki se subdivise en quatre sous-dialectes principaux : le bieh pasi (parlé au Guilân de l’ouest), le bieh pishi (Guilân de l’est), le bieh pish et le ghâleshi. Les habitants du nord-ouest du Guilân parlent un autre dialecte de la famille des langues de cette région appelé le tâleshi. Cependant, la différence des sous-dialectes et des accents n’empêche pas les habitants des différentes régions du Guilân de se comprendre.

Les chercheurs ont parfois hésité à qualifier le guilaki de dialecte ou de langue à part entière, cependant, la majorité d’entre eux s’accorde aujourd’hui sur le fait qu’il est un dialecte. Sa grammaire est très proche de celle du persan et peu de mots sont différents. Cependant, dans le guilaki, comme en anglais et contrairement au persan, parfois la place du nom et de l’adjectif, ainsi que celle du nom et de son complément sont inversées. Contrairement à la langue persane, dans le dialecte guilaki, le temps est souvent exprimé par des intonations. Ils prononcent également certains mots persans en les prolongeant d’une façon particulière. Ainsi, le [s] et le [â] de certains mots persans est prolongé, le [h] n’est parfois pas prononcé et se transforme en [y] (ء en persan). L’autre particularité est que les personnes parlant ce dialecte parlent plus vite que ceux qui parlent le persan. Enfin, le guilaki a conservé certaines caractéristiques des langues iraniennes anciennes. Par exemple, la conjugaison des verbes en guilaki est similaire à la conjugaison des verbes en langue pahlavi ou parsi.

Le sous-dialecte parlé par les habitants de la ville de Râmsar a des caractéristiques particulières que l’on ne retrouve pas dans ceux des villes voisines comme Tonekâbon et Tchâboksar car cette ville se situe entre deux provinces : Guilân et Mâzandarân. Ainsi, par exemple, on prolonge quelques voyelles et quelques consonnes. Il existe également des mots différents dans le guilaki de Râmsar, qui est plus proche de la langue persane que du dialecte guilaki. Dans les villages autour de Râmsar, on parle également avec des accents différents. Ainsi, un spécialiste pourra localiser précisément l’origine géographique d’une personne en l’entendant parler.

Outre le guilaki, certains des habitants de la ville de Roudbâr et des villages alentour sont Kurdes et parlent le kurde. Depuis ces dernières années, avec la migration des peuples turcs de la province d’Ardebil dans le Guilân, la langue turque est également parlée dans certaines villes du Guilân comme Tâlesh, Bandar Anzali et Astârâ.

D’après les historiens, dans le passé, le dialecte guilaki et ses sous-dialectes étaient parlés dans une grande partie du pays. Les Mazandarâniens se nommaient Guilak ou Guil et leur langue guélaki ou guilaki.

Le guilaki diffère donc du persan dans la conjugaison des verbes, la structure des phrases et l’articulation des mots. Actuellement, certains mots guilaki ne sont plus utilisés et ont progressivement été remplacés par des mots persans. Cette influence croissante du persan est importante dans les grandes villes, et c’est donc plutôt dans les villages que ce dialecte est encore en usage dans sa forme la plus authentique.

Sources :
- Pourhâdi, Masoud, Zabân-e Guilaki, Iliâ, 2000.
- Morâdi, Ali-Akbar, Masdar dar zabân-e guilaki be gouyesh-e rashti, Guileh mard, 2005.


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