N° 105, août 2014

Géographie et ressources naturelles
de la province de Hormozgân


Ali Mokhtâri Amin


La nature de la zone protégée de Geno, près de Bandar Abbâs

Province la plus au sud de l’Iran, Hormozgân est située sur la côte du golfe Persique et de la mer d’Oman et occupe une superficie de 68 476 km². Elle est entourée par les provinces de Kermân au nord et au nord-est, de Fârs et de Boushehr au nord et au nord-ouest, et enfin par celle du Sistân et Baloutchistan à l’est. Au sud, une côte de 900 kilomètres borde la province. Outre son centre administratif, Bandar Abbâs, ses principales villes sont Abou Moussâ, Bandar-e Jâsk (le port de Jâsk), Bandar-e Lengueh (le port de Lengueh), Hadji Abâd, Minâb et Roudân. Elle comprend également plusieurs îles dont celles de Qeshm, Kish, Tomb-e Bozorg et Tomb-e Kouchak.

Caractéristiques géographiques

La province de Hormozgân se divise en deux parties : des plaines côtières, et une vaste zone montagneuse. Près de 70% de sa superficie sont ainsi constitués de montagnes, de plaines, de vallées et de hauts plateaux. Les montagnes de cette région, qui se situent dans la continuité de la chaîne de Zagros, s’étendent du nord-est au sud-est de la province en diminuant progressivement de hauteur, et continuent en pénétrant ultimement dans les eaux du golfe Persique. Cette diminution progressive de hauteur a donné naissance à des paysages singuliers, formés de collines de calcaire, de gypse et enfin de sable.

Les plus hautes montagnes de cette province sont la montagne de Guéno (Geno) qui culmine à 2347 mètres et se trouve à 20 kilomètres au nord de la ville de Bandar Abbâs sur les plaines Ayssyn, la montagne de Farghân culminant à 3268 mètres, et enfin la montagne de la Nuit (shab) avec une altitude de 2861 mètres.

D’un point de vue climatique, cette province est l’une des plus chaudes et sèches de l’Iran, se caractérisant par un climat semi-aride et aride. Cependant, le climat estival sur la bande côtière est très chaud et humide, les températures dépassant parfois les 52°C. Les hivers sont doux et courts sur l’ensemble de son territoire. La sécheresse globale de son climat est due à l’influence des masses d’air sec au nord, à l’ouest et au sud. Les précipitations, rares, surviennent généralement en hiver et prennent la forme d’orages entraînant parfois des inondations. De façon générale, cette province est donc connue pour avoir une longue saison chaude débutant au début du mois de mars et durant neuf mois, et une courte saison douce commençant fin novembre jusqu’à fin février. En outre, selon les saisons, divers vents soufflent tout au long de l’année, dont les plus importants sont le vent du Nord qui souffle neuf mois par an, parallèlement à la côte nord du golfe Persique ; Soheyli, un vent qui souffle l’été du sud-est au nord-ouest et a un rôle crucial dans le mûrissement des dattes ; le Nachi, un vent froid qui souffle du nord-est au sud-ouest et provoque des orages ; l’Arc, un vent d’hiver soufflant d’est en ouest et apportant des précipitations ; et Badlâvar, vent caractéristique des zones désertiques chaudes et arides, également connu sous le nom de "Vent de feu" (âtash bâd).

En raison de sa position géographique à l’extrême sud-est des montagnes de Zagros, la province de Hormozgân ne possède pas de réserves neigeuses, et une partie importante de l’eau des rivières existantes de cette région s’évapore suite aux fortes chaleurs, provoquant l’assèchement des rivières saisonnières. D’autres rivières de cette région passent à travers des plaines salées qui contribuent à saliniser leur eau qui se jette dans le golfe Persique. Les rivières de la province sont donc de deux types : les rivières salées, et les rivières d’eau douce. Les premières, parmi lesquelles Roudkhâneh Shour (littéralement "rivière salée") et Mehrân, coulent à l’ouest de la province, tandis que les secondes, comme les Roudkhâneh Ganj, Minâb et Roudkhâneh Shamil, coulent au nord-est de la province.

Cascade Tazraj, Hâdji Abâd, province de Hormozgân

Ressources naturelles et principales activités économiques

Sur la base des ressources naturelles présentes dans la province, l’économie repose principalement sur l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’exploitation de ressources minières. De façon générale, le climat chaud et humide du sud de la province favorise la croissance rapide de nombreux produits agricoles, dont la culture constitue la principale activité de ses habitants. La pêche et les activités de transport maritime font partie des autres activités majeures des habitants des îles de la province et des habitants des zones côtières.

La plaine de Minâb fait partie des zones agricoles les plus fertiles de Hormozgân, ainsi que le bourg de Hadji Abâd, situé au nord, ou encore Gâvbandi et Bastak, où sont principalement cultivés l’orge et le blé. Outre les céréales, les principaux produits cultivés dans cette province sont la pomme de terre, l’oignon, le citron, le pamplemousse, la grenade, la figue, le raisin, l’amande, la banane, la mangue, une variété d’olive locale et bien sûr les dattes, dont la production culmine à plus de 100 000 kg par an. Hormozgân assure 0,6% de la production agricole iranienne.

Vue de l’île d’Abou Moussâ

L’élevage occupe une place importance dans la province, notamment du fait de la migration hivernale des tribus nomades des provinces avoisinantes, qui recherchent des pâturages pour leur bétail. Chaque année, environ 700 à 800 000 têtes migrent ainsi des provinces avoisinantes pour paître sur les plaines du Hormozgân durant l’hiver. Au niveau local cependant, l’élevage est peu important et consiste essentiellement en celui de dromadaires, de bovins et d’une race de chèvre nommée Tâli.

La pêche est l’une des activités les plus anciennes et les plus ancrées de la province. Qu’elle soit réalisée selon des méthodes traditionnelles ou modernes, elle se fait essentiellement en automne et en hiver et dure jusqu’au milieu du printemps. La variété et le volume des poissons pêchés varient selon les mois et les saisons. Les principaux lieux de pêche qui ont permis à cette province de devenir un centre de l’industrie iranienne de la pêche sont la mer d’Oman et le golfe Persique. Ce dernier compte parmi les fonds marins les plus riches du monde en termes d’abondance et de la variété de sa faune marine : des études ayant été récemment menées à ce sujet ont permis d’identifier près de 340 différentes espèces de poissons. Cette richesse repose également sur le fait que son exploitation industrielle demeure récente.

Pêche à Bandar-e Kong (Port de Kong), province de Hormozgân

La pêche à la crevette est aussi un secteur qui a connu un essor extraordinaire au cours de ces dernières années dans la province. Elle se fait en été, principalement près des récifs coralliens et des sols marginaux des îles du golfe Persique, qui sont les habitats naturels des crevettes. Lorsqu’arrive la saison, la plupart des pêcheurs de cette région se consacrent à sa pêche. Ces crevettes sont pour une bonne part vendues à la criée principalement à Bandar Abbâs, mais sont également transportées dans d’autres villes du pays, malgré le manque persistant de matériel convenable pour le stockage et le transport. Une industrie de la conserverie basée essentiellement sur le thon et la sardine a aussi été développée dans la province.

Hormozgân a également un sous-sol riche et abrite de nombreuses mines, des gisements de pétrole comme Siri, Resâlat et Salmân, et de gaz comme Gavarzin et Salakh. Ses mines sont essentiellement de chromite, de terre rouge, de sel, de souffre et de fer. Aujourd’hui, la province de Hormozgân doit l’essentiel de son essor et de sa croissance industrielle à la découverte de nouvelles mines de sable, de

pierres, de sel et de pierres décoratives.

Quelques îles iraniennes du Golfe persique proches du détroit d’Ormuz : Tonb-e Bozorg (Grand Tonb), Tonb-e Koutchak
(Petit Tonb), Abou Moussâ, Qeshm

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