N° 17, avril 2007

Entretien avec Ebrâhim Javân, joueur de tar et de ney


Amir Borjkhânzâdeh


Comment définiriez-vous la musique, et quelle est la spécificité de la musique iranienne dans le monde ?

Pour moi, la musique est l’art d’énoncer des sentiments au travers de sons agencés d’une manière particulière, ce qui fait d’elle un des moyens les plus directs pour créer une relation affective et partager des sentiments avec notre prochain sans forcément parler la même langue.

Dans l’histoire de la musique, l’Iran occupe une place spéciale de par son ancienneté et de par ses sept Dastgâhs (système modal dans la musique iranienne traditionnelle) particuliers.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la diversité de la musique iranienne ?

La musique iranienne de l’époque de Fârâbi, Avicenne, Abolfaraj Isfahâni et Abdolghâder Marâghi se divisait essentiellement en 10 maghâms ou modes.

Aujourd’hui, on établit davantage une distinction entre les gusheh (figures modales), âvâz (chant) ou dastgâh. Au cours de l’histoire, les divisions de la musique iranienne ont donc subies de profondes modifications.

De façon générale, la musique iranienne est un ensemble de gusheh variables contenant chacun plus de 200 naghmeh (chansons). On peut distinguer deux types principaux de musiques : traditionnel et local.

Des musiques traditionnelles iraniennes telles que le folklore bakhtiâri, et les nombreuses musiques venant du Gilân, Mazandâran et Khorasân, s’enracinent dans un contexte très précis. La géographie de la région qui l’a vue naître - des chemins escarpés et des hautes montagnes - a permis de rendre la musique bakhtiâri moins vulnérable aux changements ; en outre, le peuple d’origine bakhtiâri entonnait des naghmeh spéciaux à chaque occasion, et notamment lors des mariages ou des enterrements.

Parmi les chanteurs de musique bakhtiâri, on peut citer le regretté Bahman Ala ed- Din (Masoud Bakhtiâri), Malekmasudi, Ali Tajmiri, Kourosh Asadpour, Didâr Mahmudi, Mirzâ Ali Chehrâzi et Gholâmshâh Ghanbâri et concernant ses musiciens, nous pouvons nommer Nourollah Momen Nejâd, Hamidrezâ Khojandi, Ataollah Janguk, Abbâs Monjezi et Ali Hâfezi.

A quels problèmes sont aujourd’hui confrontés les musiciens ?

D’une part, le grand nombre de personnes qui souhaiteraient enregistrer leurs œuvres et l’absence d’investissements de la part des maisons de disques pour produire et diffuser les œuvres, ainsi que la part grandissante occupée par la musique pop, comptent parmi les problèmes principaux rencontrés par les musiciens. Les coûts excessifs liés à l’enregistrement de leurs œuvres constituent un autre problème important.

Merci de nous avoir accordé cette interview.


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