N° 17, avril 2007

Sheikh Mahmoud Shabestari


Monireh Borhani
Traduit par

Helena Anguizi


Né en 687 de l’hégire à Shabastar près de Tabriz, Sheikh Saad od-din Mahmoud ben Amin od-din Abdolkarim ben Yahya Shabastari fait partie des grands mystiques du VIIIème siècle (XIVe siècle de l’ère chrétienne) et est considéré comme un important poète persanophone de l’époque.

Ses premiers pas dans le mysticisme furent guidés par Bahâoddin Yaghoub de Tabriz, auprès de qui il acquit de vastes connaissances en la matière qu’il échangea plus tard avec les grands mystiques de cette époque. Il choisit de s’établir un temps à Kermân, d’où l’existence d’une longue lignée reconnue sous le nom de Khâdjegân, formée par sa descendance dans cette région.

Le Sheikh décéda en 720 de l’hégire. Il fut enterré au cimetière de Shabastar, auprès de son maître Bahâoddin Yaghoub.

Il composa plusieurs œuvres en prose et en vers dont la plus connue de toutes est le Golshân-e Râz. Il s’agit d’un recueil de poèmes du genre narratif d’une certaine longueur, où le poète répond aux dix sept questions posées, elles aussi en vers, par un certain Amir Seyyed Hossein Hosseini Herâwi.

On raconte qu’une fois connues du Sheikh Bahâoddin Yaghoub Tabrizi, ces questions trouvèrent une réponse instantanée, vers par vers, auprès du Sheikh Shabastari. Ce qu’il nous reste aujourd’hui de cet ouvrage est en fait la totalité de ces questions-réponses versifiées, auxquelles se sont ajoutés au fil du temps d’autres vers complétant l’œuvre.

Il présente le moment où lui furent expédiées ces questions auprès de son maître, c’est-à-dire en l’an 717 de l’hégire, comme étant la date du commencement du Golshân-e Râz, pour ajouter que c’est à partir de cette date qu’il se lança dans la poésie car auparavant, il n’avait jamais composé aucun vers. Du fait de sa simplicité, cette œuvre fut très vite appréciée de tous.

On peut également faire allusion à Sâ’adat Nâmeh, autre grande œuvre qui nous reste de ce maître mystique. Dans ce recueil, trois mille vers publiés en huit volumes exposent au lecteur de multiples faits et histoires. Le Sheikh y cite également les propos de cinq grands mystiques du Vème siècle de l’hégire originaires d’Azerbaïdjan, à savoir Hassan Sorkhâbi, Bâbâ Faradj Tabrizi, Mohammad Kadjâni, Khâdje Abdolrahim Tabrizi et Khâdje Sayedoddin Tabrizi. Il évoque par ailleurs ses longs voyages ainsi que ceux d’oulémas et de sheikhs :

Une grande partie de ma vie
En quête de la science de l’unicité
A cheval, ô ami, j’ai cavalé
Nuit comme jour à travers l’Egypte, Damas, et l’Arabie.
Mois après mois,
Année après année,
De village en village,
Et de ville en ville
Je suis passé tout comme passe le temps.
Que de sheikhs et de connaisseurs en cette matière,
J’ai rencontré dans ces contrées
A l’écoute de leurs mystérieuses paroles
J’ai tiré des conclusions dans mes écrits,
Où mot pour mot, j’ai tout raconté.

Parmi ces œuvres en prose, on peut citer Ressâlato Haghol-yaghin fi mâarefati rabbol -âlamin, et Meratol Mohaghegheen, dans lequel le Sheikh a exposé l’essentiel de son message.

Ne te laisse pas emprisonner par l’espace qui t’entoure
Apprends à regarder le monde tel qu’il est
Réfléchis à la création des cieux
Pour te prosterner devant tant de signes divins
Et te rendre compte pourquoi on parle de Dieu et de sa miséricorde
Quel lien existe-t-il réellement entre l’homme et son créateur
Pourquoi les cieux et le cœur humain
Sont en perpétuel mouvement
Le cœur serait-il le centre du ciel
Pour que l’un se tourmente pour l’autre
Sans repos et sans relâche
Tournant sans cesse d’Est en Ouest
Et en l’espace d’un jour ce grand cercle fait le tour du monde
Les quatre éléments, l’eau, le vent, le feu et la terre
Se complètent tout en étant contradictoires
Comment Dieu les regroupe-t-il
Alors que nul ne croirait une chose pareille.


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1 Message

  • 21 mai 11:56, par trussi

    ècrit Nurbakhs dar moqaddameh de son edition de G.R. ....amma saheb-e Golshan-e raz dar esh’arash murshed-e khod ra sariha’ Amin al din ma’refi karde va mifarmaiad :

    Sheykh va ostad-e ma Amin al-din
    dad alhaqq giavabha ie cenin
    man nadidam degar cenan ostad
    ke afarin bar ravan pakash bad

    please excuse my translitteration, trusso

    Répondre à ce message


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