Il y a sept ans Mohammad Hassan Khoshnevis, directeur du bureau des recherches culturelles, lançait la collection "Que sais-je de l’Iran", dont le cinquantième titre est paru dernièrement. Ces ouvrages ont reçu un accueil favorable du public et certains d’entre eux en sont à leur quatrième édition.

Ces livres offrent des informations générales sur des aspects de l’Iran dans des domaines aussi variés que l’histoire, la culture et la littérature. Bien que respectant les standards académiques au niveau du contenu, ses ouvrages ne s’adressent pas à des chercheurs professionnels mais plutôt à un public de jeunes et d’étudiants. Les sujets couvrent les catégories suivantes : la géographie de l’Iran, l’histoire des villes et régions, les coutumes et les cérémonies religieuses, la langue et sa calligraphie, l’architecture, le cinéma, l’économie, les personnalités culturelles et littéraires et enfin les oeuvres littéraires et historiques. Chacun des thèmes traités comprend un ou plusieurs titres et offre ainsi au lecteur une vision globale du sujet.

Tous les écrivains sont des experts en leur matière et leurs analyses s’appuient sur une recherche systématique et profonde. Leur caractéristique commune est le souci de l’information.

Dans la catégorie géographie, Lorestân est le vingtième opuscule de cette collection écrit par Mohammad Bâgher Vossoughi. Cet ouvrage présente la région du Lorestan, située au sud dans la province de Fars. L’auteur analyse également la situation historique et sociale, en donnant des informations bien étayées sur l’ancien et le nouveau Lorestan.

La procession des palmiers constitue un autre thème abordé par Ali Boloukbashi. L’importance du travail de l’écrivain réside ici dans le regard détaillé et précis qu’il développe sur la procession des palmiers et la signification de ce mot. Le palmier serait le symbole du cercueil, porté sur les épaules pendant le deuil de l’Imâm Hossein, lors de la cérémonie de l’Achoura. L’auteur s’est ici appuyé sur de nombreuses sources persanes, arabes et anglaises. En annexe, des images, photos et dessins de toutes sortes de palmiers, ainsi que de nombreuses notices en bas de page en rendent la lecture plus ludique.

Dans la catégorie des personnalités culturelles et littéraires iraniennes, on peut citer la recherche de Hâshem Banâpour sur la vie, les oeuvres et les idées de Eynolghozat Hâmedâni, haute figure du soufisme. Certaines de ses œuvres comme Des résolutions et des lettres sont également considérés comme des textes classiques du soufisme. Sa vie fut brève : il n’avait pas encore atteint sa trentième année quand il fut pendu et son corps brûlé, sacrifié à la haine des Oulemas rigoristes de son époque.

Concernant le sport, le Football en Iran retrace l’histoire et la situation de cette discipline. Son auteur, Hossein Mohammad Nabi, relate les origines de ce jeu populaire, la constitution des différents clubs ainsi que son évolution en Asie et dans le monde. Outre les informations globales concernant le processus de formation du football en Iran, Mohammad Nabi s’intéresse également à la dimension scientifique de ce sport et aux règlements le concernant.

Certains des livres de cette collection offrent également un regard historique intéressant sur l’Iran, avec notamment Les églises arméniennes en Iran de Lina, Malekiân, Téhéran de Nasser Takmil Homâyou, Les Timurides de Gholâm Rezâ Amirkhâni et Nâder Shâh Afshâr de Rezâ Shabâni.

L’ouvrage de Lina Malekmiân sur les églises arméniennes est d’une grande clarté et s’appuie sur des références solides. Elle explique ainsi que c’est durant la période Safavide que les immigrés Arméniens ont introduit en Iran la branche géorgienne du christianisme, qui existait en Arménie depuis 1700 ans. Au premier siècle après Jésus-Christ, les régions du Nord, Nord-Est et les parties centrales de l’Iran ont été traversées par les évangélistes de l’époque. Un des premiers disciples fut Tatavous qui se rendit dans en Cappadoce et invitait tous ceux qu’il rencontrait à suivre la nouvelle religion de Jésus. A certaines époques, et en dépit du lien historique unissant les Iraniens et les Arméniens, l’église arménienne se trouva en position de conflit direct avec l’administration religieuse officielle. Malekmiân analyse ce sujet dans ses moindres détails et nous relate la répression des chrétiens par Yazdgerd II (Sassanides). On apprend également que la construction des églises a commencé en Iran sous le règne de Shâh Abbâs II, et les églises de Téhéran ont quant à elles été édifiées sous le règne des Qâdjârs. Il donne ainsi un riche aperçu sur les Arméniens de l’Iran.

Téhéran de Nasser Takmil Homâyou nous présente quant à lui l’histoire et l’évolution de Téhéran, du village aux grandes tours de la cité métropolitaine. Nous y apprenons que "la surface actuelle de Téhéran est de 46 km/carré, à peu près onze fois celle du Téhéran de l’époque de Fath Ali Shâh et deux fois et demi celle de Nassere-Din Shâh".

Les lecteurs intéressés par l’histoire, l’architecture et la culture iranienne pourront également trouver dans les autres ouvrages de cette collection - notamment Les bazars de l’Iran, Le cinéma iranien, Norouz, La langue et la littérature de l’Iran antique, L’Avesta, Les fêtes iraniennes, Les ports iraniens du golfe Persique, La construction des routes en Iran, etc.- de quoi satisfaire leur curiosité.

Le bon accueil réservé par le public à cette collection a encouragé le bureau des recherches culturelles à poursuivre ses efforts. Il est permis d’espérer qu’au fil des prochaines éditions, on puisse être témoin d’une amélioration de l’impression et de la qualité des illustrations. Et peut-être une traduction en français des titres les plus vendus…


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