N° 23, octobre 2007

Les îles iraniennes du golfe Persique


Mortéza Johari


L’île d’Ormuz

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L’île d’Ormoz

L’île d’Ormuz (Hormoz) est située près du détroit du même nom entre le Golfe Persique et la mer d’Oman.

Elle fait partie des îles volcaniques du Golfe Persique. De forme ovale, son périmètre mesure près de 17 km. A la surface de l’île, on peut apercevoir des collines dont la hauteur ne dépasse pas les 90 mètres, à l’exception d’une montagne située au milieu de l’île dont le sommet culmine à 210 m. Par rapport à celui de Bandar Abbas, son climat est plus doux et comporte également des pluies hivernales.

Les mines de boue rouge d’Ormuz font partie des plus riches et des plus pures au monde, et s’exploitent facilement. En outre, le sel que l’on y trouve est également supérieur du point de vue de sa composition et de sa pureté. Le minerai de boue rouge est l’un des plus rentables d’Iran, faisant de cette île un enjeu stratégique en temps de guerre ou de conflit.

Les pentes des côtes Sud et Est de l’île sont dures et abruptes, alors que celles des côtes Nord et Ouest sont moins escarpées et plus douces car la profondeur de l’eau y est moins importante.

On peut aussi visiter les ruines de Nahr-e Qadîm situées au Nord de l’île, près de la citadelle portugaise, et qui furent construites à l’époque des sassanides.

L’île de Lârak

L’île de Lârak est située à 19 km d’Ormuz, à 12 km de Qeshm et à 40 km de Bandar Abbas. De forme ovale, elle s’étend sur 11 km et sa largeur est de 7,5 km. Cette île est majoritairement montagneuse excepté une partie longiligne située au Nord et Nord-Est. Son plus haut sommet culmine à 155 mètres. La roche des montagnes est riche en minerai de fer. L’île abrite également deux villages.

La terre de l’île de Lârak est majoritairement cultivable, mais sa population se consacre davantage aux activités liées à la pêche. Deux espèces de poisson (mâhî koul et mâhî sangsar) sont abondantes sur les rivages de l’île. L’approvisionnement en eau potable est assuré par la présence de plusieurs réserves d’eau et des puits.

On y trouve également deux mines de sel et une mine de boue rouge, dont la qualité est cependant moindre que celles présentes sur l’île d’Ormuz. On y trouve également un édifice construit à l’époque de la domination portugaise dans le Golfe Persique, du début du XVIe siècle au milieu du XVIIIe siècle.

L’île de Qeshm

Qeshm est la plus grande et la plus peuplée des îles iraniennes. Elle mesure 115 km de long et sa largeur varie de 10 à 35 km, et son périmètre est de 275 km. Elle est située à 19 km de l’île Ormuz et à 12 km de Lârak. On y trouve des pierres de chaux sur des pentes abruptes tout le long du rivage, certaines étant près du bord et d’autres plus éloignées du rivage. Le sommet le plus haut de cette île s’appelle Kîsh Kûh ; situé à l’est de la ville de Basaïdu, sa hauteur ne dépasse pas les 350 m.

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L’île de Qeshm

Le climat de l’île est plus doux que celui des autres îles du Golfe Persique et son eau est sensiblement plus douce que celle des îles voisines, ce qui y a facilité l’installation de populations locales.

Cette île fut affectée par un important tremblement de terre en 1922 à la suite duquel 124 personnes trouvèrent la mort et les 31 villages et les 40 mosquées qu’elle abritait furent détruits. La citadelle de Qeshm construite par les Portugais, les ruines des barrages, les grandes réserves d’eau, les cimetières, les ruines Turân-Sahahî, comptent parmi les sites historiques de l’île de Qeshm.

Le sel de l’île est très blanc et comestible. On y trouve également de la terre rouge et du plomb.

L’île de Qeshm est située dans la province de Hormozgân. Les îles de Hengâm, Lârak et Ormoz sont également situées aux alentours de Qeshm. La ville de Qeshm est située à l’extrémité Est de l’île. Au cours de ces dernières années, l’île de Qeshm a développé ses activités portuaires et ses échanges avec l’extérieur tout en augmentant considérablement ses infrastructures commerciales, ce qui lui a permis de connaître une croissance économique importante.

L’île de Hengâm

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L’île de Hengâm

Située au sud de Qeshm, cette île, d’une longueur de 9,8 km et d’une largeur qui va de 3 à 6 km a, comme tant d’îles de cette région, connu plusieurs dominations et fut gouvernée par différentes dynasties au fil des siècles. Son périmètre mesure près de 50 km. De forme relativement conique, elle s’étend du nord-est au sud-ouest. Les rivages de cette île sont dentelés et descendent en pente douce vers le Golfe. La profondeur de l’eau aux alentours de l’île permet aux barques et bateaux de plaisance d’y jeter l’ancre, en particulier dans les bassins du nord de l’île où la profondeur de l’eau est de 10 à 15 mètres. Le plus haut mont de cette île, le mont Mitra, culmine à 106 mètres. Le climat est chaud et humide et l’eau de pluie permet de constituer des réserves d’eau potable. L’île de Hengâm est située à 60 km de Lârak, 55 km de Qeshm et 50 km de l’île d’Alghanam. Le lieu est favorable à la pêche et on y trouve de nombreuses espèces de poisson. Cette île possède des mines de sel cristallisé, de plomb et d’argile.

L’île de la Grande Tomb

Cette île située au sud de l’extrémité est de Qeshm est célèbre dans l’histoire pour ses pêcheurs de perle, qui d’ailleurs continuent d’exercer leur métier de père en fils. Aujourd’hui encore, la pêche des perles demeurent aussi importante que celle du poisson dans cette île dont le plus point culminant se situe à 53 mètres au dessus du niveau de la mer. L’agriculture est peu développée et l’eau des puits y est légèrement amère. Cette île possède un petit phare.

L’île de la Petite Tomb

Cette île, toujours citée avec la Grande Tomb, est située à 12 km à l’est de cette dernière. Elle n’est pas habitée et son plus haut point culmine à 35 mètres au dessus du niveau de la mer.

L’île d’Abû Moussa

L’île d’Abû Moussa est située entre le port de Lengeh et Dubaï et s’étend sur une superficie de 4,5 km. Sur l’île, une chaîne de montagnes rocheuses dont le sommet, Kouh-e-Halvâ (La Montagne Douce) culmine à 110 mètres. Ses habitants vivent de la pêche des perles, du poisson et d’un peu d’agriculture. Cette île possède des mines d’argile et de bons pâturages.

L’île de Sîrî

Cette petite l’île située au milieu du Golfe Persique s’étend sur 7 km et sa largeur est de 4 à 7 km. Elle est située à 35 km de Farur, 76 km de Bandar Lengeh, et 50 km de l’ouest de l’île Abû moussa. Son plus haut point est situé à 15 m au dessus du niveau de la mer. Les habitations de l’île sont faites de pierres et elle possède plusieurs vieilles mosquées, un centre de pêche de poisson et de perles, ainsi qu’un centre commercial. On trouve également facilement de l’eau douce sur cette île.

L’île de la Grande Fârur

Cette île est située au nord de Sîrî et au sud-ouest du port de Lengeh. Elle mesure 7 km de long et de 4 à 5 km de large. Elle est formée d’une masse volcanique dont la traîne et la continuation vers le nord apparaissent sous forme de rochers marins, situés à une faible profondeur au sud-est, et célèbres sous le nom de la Petite Fârur. Son plus haut sommet culmine à 145 m. Fârur possède deux villages, l’un au sud et l’autre à l’ouest de l’île.

Les pentes de ses rivages sont abruptes et les falaises sont en moyenne à une hauteur de dix mètres. Pourtant, cette île possède également quelques plages à l’inclinaison douce au sud et à l’ouest. Le fond de la mer est pierreux ou sablonneux, il est donc difficile d’y jeter l’ancre. L’intensité du flux et reflux y est également important.

L’île de la Petite Fârur

Cette île est en réalité un ensemble de rochers marins de 37 m de haut et d’un diamètre moyen de 1,5 km, situés à 15 km du sud de la Grande Fârur. La Petite Fârur est inhabitable.

L’île de Kîsh

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L’île de Kîsh

D’après les documents historiques, l’ancien nom de Kîsh était Kiân et cette île était dans l’Antiquité une voie commerciale très importante et un lieu d’échanges entre les Indo-iraniens et les Mésopotamiens. On peut aujourd’hui visiter les vestiges de l’ancienne ville de Kîsh, située au nord de l’île. Kîsh a joué un rôle central lors de la campagne d’Alexandre le Macédonien.

L’île de Kîsh dispose d’une rade et de plusieurs puits d’eau douce. De forme ovale, elle s’étend sur près de 85 kilomètres carrés, avec une longueur de 15km et une largeur de 7 km. La population vit du tourisme, de la pêche et de la construction navale.

L’île de Hendurâbi

Son nom est dérivé du mot persan "Andar âbî" qui signifie "à l’intérieur des eaux". Cette île se nommait précédemment Darâb, qui a le même sens. Elle est couverte d’une chaîne de montagnes peu élevées qui culminent à 31 mètres. Il est difficile d’aborder cette île par l’est et le nord-ouest en raison des nombreux rochers, et seuls les bateaux et les petits navires peuvent s’approcher de ses rivages. L’île de Hendurâbi est située à 28 km de l’île de Kîsh. Elle possède en son centre une vallée dotée de quatre villages. Sa longueur est de 24 km et sa largeur de 5 km. La majorité des bords de l’île sont dentelés et pierreux.

L’île de Khârk

Depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui, cette île a eu une grande importance du fait de sa proximité avec les ports de Rig et de Boushehr. Depuis 1958, l’île de Khârk est le deuxième port d’exportation pétrolière iranien (le premier étant Mâhshahr), ceci en raison de la facilité d’abordage des grands pétroliers. Khârk est également le port d’exportation du pétrole de Gâchsarân.

L’île de Khârk fait partie de la province de Boushehr. Elle est située à 37 km du sud-est du port de Gonaveh et à 35 km du port de Rig. Elle s’étend sur 8,5 km et sa largeur est de 3,5 km. Son plus haut point culmine à 87 mètres. Il n y a pas de rivière ou de ruisseau dans l’île de Khârk à proprement dit, mais les inondations printanières se fondent en des ruisseaux saisonniers secs les autres saisons. L’île possède par ailleurs quelques qanâts et sources.

Le climat de Khârk est, comme partout ailleurs dans le sud de l’Iran, très chaud, mais l’île étant située face aux vents marins, son climat est
donc légèrement plus doux en comparaison des autres îles.

L’île de Khargo

Cette île située au nord-ouest de l’île de Kharg s’étend sur une longueur de 4,5 km et une largeur de 700 mètres. L’île est parfaitement plate et en raison de la faible profondeur de l’eau, seules les barques peuvent s’en approcher.

L’île de Lâvân

Cette île située à 28 km de l’ouest de Nakhilo appartient à la province de Bushehr. Elle possède quatre bornes principales d’exportation de pétrole brut. Sa surface mesure près de 76 km carrés, et elle est la plus grande île iranienne après Kîsh et Qeshm. Le climat est chaud et humide. La seule marchandise exportable de l’île est la perle.

L’île de Minoo

Cette île appartient à la province du Khuzestân et est proche de la ville d’Abadan.

L’île de Shatvar

Cette île située à près de 1,5 km du sud-est de l’île de Lâvân, mesure 1,7 km de long et 800 mètres de large. Inhabitée par l’homme, elle est un important habitat pour la faune du Golfe Persique. Cette île est depuis 1987 déclarée zone protégée par l’Organisation de la Protection Environnementale nationale.

Liste des autres îles iraniennes inhabitables du Golfe Persique

Forurgân, Abbâsak, Shif, Omolkarm, Nakhîloo, Ommosileh, Guerme, Bouneh, Dârâ, Ghâbre Nâkhodâ, Moulyat, Sedandoon, Motâf, Morghî, Cherâghî, Jonoubî, Rostam, Sheikh Shoeyb, Shomâlî … et d’autres plus petites îles.


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