N° 31, juin 2008

Photographier des tombes





Massoud Ghardashpour est né à Mashhad en 1976. Diplômé de langue et de littérature françaises à l’Université Shahid Beheshti de Téhéran, il a commencé à se consacrer à la photographie il y a 3 ans.

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Cimetières, 3, 2005. « Ci-gît ». L’opposition entre l’écriture de ci-gît en bas et le désordre des lignes du haut m’a frappé.

"Je ne sais plus exactement comment et pourquoi j’ai commencé à photographier des tombes. Au départ, je prenais des photos sans avoir une idée précise. La mort a toujours suscité en moi, depuis ma tendre enfance, une sorte de fascination et d’attrait indescriptible. C’est peut-être la raison pour laquelle j’ai décidé de me confronter à ce pays de l’ombre. Il me semble que ce projet, né d’une sorte "d’appel venu d’outre-tombe", est toujours ouvert et ne sera clos que le jour où ma tombe deviendra elle-même le sujet d’une photographie. Ces photos ont été prises dans des cimetières aux alentours de Mashhad (Khâjeh Abâsalt, Torogh, Torghabeh) et également dans deux cimetières de Pâveh, ville du Kurdistan, province située à l’ouest de l’Iran, près de la frontière irakienne. Une tombe, c’est comme la maison d’un mort. Elle a une place et une orientation bien précise dans les cimetières, construits à l’image de nos villes. L’architecture de la tombe, les matériaux utilisés pour sa construction, ce qui est gravé sur la pierre, parfois l’ajout d’ornements, tout cela peut faire l’objet d’une étude qui nous en dit long non seulement sur la vie du mort mais aussi sur les coutumes mortuaires des différentes régions, sur l’évolution de ces coutumes au fil du temps, évolutions influencées par les changements de représentation. A chaque fois que je regarde ces photos, la présence irrémédiable de la mort me frappe sans détour."


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