Surpris devant ce poème, tu me demandes de le lire.

Quelque chose te prend

A la gorge

Et cet indéfini familier

Tu le connais parce qu’il

tremble au fond de toi

Ayant lu ces phrases de Stéphane Barbery, je m’arrête. Quelque chose me prend à la gorge. Quelque chose que je ne connais pas surgit au fond de moi. Tout à coup je sens une envie, une envie d’écrire… de décrire son nom. Je le connais maintenant : il est mon propre fond. J’écris son nom sur un papier : "mot".

On parle beaucoup de ce mot, bien que personne ne puisse le toucher. On parle beaucoup des ensembles faits par différents mots dont l’interprétation est le but du choix des mots, bien qu’il y ait souvent des malentendus. On parle beaucoup de sa famille que l’on appelle la langue, bien que personne ne sache le nombre de ses membres. Chez eux, la différence prouve l’existence. Cette existence a une essence sans quoi le mot reste incompris, une essence qu’il est impossible de changer. Parce que Dieu a utilisé des mots pour parler à l’homme. Saint mot prophète est responsable, un moyen pour porter les messages de Dieu. Les messagers de Dieu sont les mots.

Tu me rappelles le souvenir du tableau de la classe sur lequel on avait écrit : "les mots sont les origines des malentendus."

Surpris par ce souvenir, je te demande de lire la suite :

Les mots, ils m’aident, sans fatigue, jour et nuit, dans l’air ou sur le papier, à dire n’importe quoi, à communiquer, à établir une relation avec toi. Je parle ; j’oblige les mots à porter un certain message. Les mêmes mots peuvent comporter différents messages. Mais n’oublie jamais, c’est le contexte qui change le message ; le contexte que je choisis, que tu choisis, que nous créons. Je ne peux pas envoyer un message par les mots dont l’interprétation donne le message. Parler c’est s’imposer et je vais te tromper ! Aujourd’hui, je parle franchement et toi, tu résistes parfois au message. D’un côté, tu veux que les mots soient les tiens ; détenant la puissance et la liberté, tu veux tout faire avec les mots. De l’autre, fasciné par la littérature comme moi, tu ne les regardes pas de la même façon. Tu les interprètes d’après des éléments organisés soi par toi-même, soi par les autres. Tu seras un être différent de celui que j’attends et ainsi, le message compris sera différent du message envoyé.

Les mots ne sont jamais détachés de nous ; le malentendu n’est donc pas hors de nous. Nous sommes, aujourd’hui, des symboles du malentendu sauf là où l’on est esclave de la vérité. Il faut payer pour bien comprendre et être bien compris, sinon nous sommes condamnés au reste du poème :

Alors

Tu essayes encore,

de réparer,

ce qu’on t’a cassé,

la mère de tranquillité

Et rien ne reste pour l’homme, même pas la langue !


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