N° 42, mai 2009

L’histoire de la littérature persane
du début du XIe siècle à la moitié du XIIe siècle* (II)


Mahnâz Rezaï

Voir en ligne : L’histoire de la littérature persane du début du Xe siècle jusqu’à la moitié du XIe siècle (III)


La période s’étendant du XIe à la première moitié du XIIe siècle est intéressante à étudier à plusieurs égards, notamment en ce qu’elle marque l’âge d’or de l’islam en Iran. Le XIe siècle, premier siècle après un intermède de quatre siècles qui vit un souverain persan régner, fut un âge brillant pour le développement de la littérature et des sciences. La première moitié de ce siècle fut marquée par le règne de la dynastie des Samanides, qui régna principalement sur la Transoxiane, le grand Khorâssan, le Sistân, Rey et Gorgân (c’est-à-dire les actuels Tadjikistan, Afghanistan ainsi que l’est et le nord-est de l’Iran jusqu’au centre du pays), et qui tenta, avec un succès relatif, de revivifier les anciennes coutumes perses. Cette politique, appliquée pendant moins d’un siècle, donna de si bons résultats qu’elle aurait sans doute influé sur l’ensemble du cours de l’histoire iranienne si les Samanides n’avaient pas finalement été vaincus par les nomades turcophones de l’Asie centrale. Il s’agissait des Turcs Garakhâni de la tribu d’Afrâssiâb, qui vainquirent les Samanides et prirent le pouvoir en Transoxiane.

Bal’ami, version persane de L’Histoire universelle de Tabari, XIVe siècle

Les dynasties régnantes iraniennes se multiplièrent et furent nombreuses à gouverner en Iran. On peut signaler l’existence des grandes familles régnantes de l’est du pays qui gouvernaient souvent sous forme de suzerains locaux. Les Saffârides, qui régnèrent de 899 à 1002, comptent parmi la plus importante dynastie de l’époque.

Cependant, les Samanides étaient à l’époque la plus importante famille régnante de l’Iran. Issus d’une branche de la noblesse perse préislamique (leur ancêtre, Sâmân Khodâ, fut un célèbre zoroastrien converti à l’islam), ils s’intéressaient sérieusement à leur héritage perse et aux coutumes et traditions du grand Khorâssân et de la Transoxiane. Ils montraient également beaucoup de respect envers la caste des propriétaires terriens, ils estimaient préserver mieux que quiconque l’héritage persan. Ainsi, l’intérêt de ces rois éclairés pour leur propre culture et traditions les poussa à encourager vivement le développement des lettres et des arts persans dans leur Etat. Il faut également citer une autre puissante famille régnante de cette époque : celle des Al-e Ziâr. Ces derniers, suzerains locaux plutôt que grands rois, encourageaient également les sciences et les arts. Cette famille compte également parmi ses membres quelques célébrités scientifiques et littéraires dont les plus importantes sont Shams al-Ma’âli Ghâbous Ibn Voshmguir, qui fut courtisan, savant, poète et auteur du Kamâl al-Balâgha. On peut également citer l’un des souverains Al-e Ziâr, Onsor al-Ma’âli Keykâvous, dont l’ouvrage Ghâbous Nâmeh, recueil de conseils donnés à son fils et dauphin, est très connu pour la sagesse de ses fables, ou encore les fils du Bouyide Deylami, Ali, Hassan et Ahmad, partisans de Mardâvij, qui régnèrent après la mort de celui-ci en 934. Divisés, les uns régnèrent à Bagdad, dans le Khouzestân et le Fârs jusqu’en 1055 et les autres, à Rey jusqu’en 1028.

Colophon d’un ouvrage de médecine de Râzi écrit en arabe

Après avoir vaincu les Samanides, Saboktakin et son fils Mahmoud montèrent sur le trône et établirent la puissante dynastie des Ghaznavides. Saboktakin était en réalité l’un de ces nombreux esclaves turcs, capturé lors des razzias et des affrontements entre l’armée samanide et les tribus nomades turques aux frontières de l’Empire samanide, et qui réussirent peu à peu à occuper une place importante au sein de l’armée, où ils servaient pour la plupart. Son fils Mahmoud fut le roi le plus important de cette dynastie et régna de 996 à 1029. Cette époque fut marquée par une forte ségrégation raciale dans tous les domaines sociaux, politiques et culturels. Cependant, les Iraniens réussirent alors à réaffirmer leur indépendance et revivifier la langue persane. Cette ségrégation poussa les Iraniens à répondre par une exaltation exagérée des vertus de leur culture nationale et poussa certains sur la pente de ce que l’on pourrait qualifier de "racisme perse" qui répondait au racisme arabo-turc de la classe régnante. C’est pourquoi, cette époque est considérée comme celle de l’exaltation de la race et la nationalité iraniennes, accompagnée d’une certaine forme de liberté d’expression. C’est également sous le règne de Soltân Mahmoud que les grandes œuvres épiques iraniennes virent le jour, avant que ce patrimoine préislamique ne soit irrémédiablement détruit. En réalité, le règne de Soltân Mahmoud fut une période brillante qui commença avec un savant-inventeur comme Zakâriyâ Râzi et s’acheva avec un grand poète comme Ferdowsi.

Dernière page d’un manuscrit du Qâbous Nâmeh, 1349, Musée national d’Iran

De la fin du XIe siècle au début du XIIe siècle, les anciennes lignées iraniennes, qui avaient un rôle à jouer dans les affaires politiques du pays, préservèrent encore leurs anciennes coutumes. Les propriétaires terriens formaient une couche sociale particulière et originale dotée de ses propres us et coutumes. C’est en raison de cette préservation de la culture nationale par ces grandes et vieilles familles que, par exemple, toutes les fêtes iraniennes préislamiques, dont la plupart avaient été pourtant frappées d’interdits par les officiels religieux, demeurèrent en vigueur, et continuent de l’être encore aujourd’hui. Ces fêtes et coutumes nationales ou religieuses étaient respectées tant à la cour des rois samanides, ziârides, bouyides ou khârazmides, que parmi le peuple iranien. Selon les géographes et les historiens, l’Iran des cinq premiers siècles de l’hégire fut un pays très peuplé et très riche. Les rois samanides étaient célèbres pour leur sens de l’équité.

Cette cour samanide se fit également remarquer par le nombre important d’esclaves turcs qui s’y trouvaient. Ces esclaves étaient pour la plupart des prisonniers de guerre et leur beauté était très appréciée selon les critères esthétiques de l’époque. C’est pourquoi, ils se vendaient très cher. De plus, les esclaves masculins étaient également intégrés dans l’armée où ils furent nommés à de hauts postes et prirent peu à peu le pouvoir. Avant cela, de grands rois tels que Mardâvij ou Ahmad Ibn Esmâïl Sâmâni furent tués de leurs mains. Arrivés au pouvoir, ces ex-esclaves ne manquèrent pas non plus de s’attaquer au patrimoine culturel du pays qui les avait réduits en esclavage. Pourtant, cela n’empêcha pas pour autant les Iraniens d’être de fervents admirateurs de leur beauté physique, qui se transforma dès lors en un code poétique visible jusque dans la poésie classique persane contemporaine.

Illustration d’une éclipse de lune par Al-Birouni

Quant à la question de la religion, il est à noter que jusqu’aux dernières années de ce siècle, les anciennes religions telles que le zoroastrisme, le manichéisme, le mazdéisme, le christianisme et le judaïsme continuèrent d’exister sans subir de pressions jusqu’au début du règne des souverains persans, où la tolérance religieuse ambiante leur permit même de reprendre un grand essor. De grands centres religieux étaient actifs en particulier en Azerbaïdjan, dans la Transoxiane et dans le Fârs. Au XIe siècle et au début du XIIe siècle, les chiismes duodécimain et ismaélien comptaient de nombreux fidèles. Les activités des chiites ont beaucoup contribué à leur développement et à l’apparition des grands savants chiites.

Le XIIe siècle vit également le développement du soufisme en Iran. Le soufisme islamique, qui prêchait la retraite spirituelle et un certain ascétisme, devint alors la source de nombreuses réflexions dont le but était de connaître les vérités de ce monde. Les plus célèbres soufis de cette époque furent Bayâzid Bastâmi, Hossein ibn Mansour al-Hallâjj et Abou Saïd Abo-l-Kheir Mihâni.

Les premiers ouvrages et commentaires sur le soufisme qui nous sont parvenus datent du XIe siècle. Parmi ces ouvrages, l’on peut citer le Ketâb at-Ta’ârof d’Aboubakr Bokhâri, sa traduction persane d’Abou Ebrâhim Bokhâri, le Ghovvat al-Gholub d’Aboutâleb Makki, l’Al-Lom’a d’Abou Nasr Serâj Toussi et Al-Eshârât va at-Tanbihât d’Avicenne.

Cette époque fut également celle de l’âge d’or du développement des diverses sciences en terre d’islam, développement marqué par la rédaction d’un grand nombre d’ouvrages scientifiques, de l’ouverture de nombreux centres de recherches et de bibliothèques. Ce mouvement scientifique et artistique était alors vivement encouragé par les rois. Les orientalistes occidentaux du XIXe et XXe siècle ont classé l’ensemble de ces savants musulmans comme arabes, ceci alors que la presque totalité des grands écrivains et scientifiques de l’époque étaient des Iraniens (de Khorâssân, Rey, Ispahan, Khuzestân, Gorgân, Samarkand et Khârezm), qui écrivaient en arabe, alors langue scientifique dominante du monde musulman, tel que le latin dans l’Europe médiévale.

Les sciences religieuses connurent également un grand développement du fait des recherches des Iraniens en la matière. On peut citer le commentaire arabe du persan Mohammad ibn Jalil Tabari, traduit en persan, le commentaire d’Abouzeyd Balkhi, le grand philosophe khorâssânien, du Coran, intitulé Nazm al-Ghor’ân, et les commentaires d’Avicenne sur quelques sourates coraniques. De plus, à cette époque, les ouvrages traitant des hadiths (propos du prophète ou d’un de ses compagnons) et du fiqh (jurisprudence religieuse) furent nombreux. En théologie islamique, les kalâmistes (théologie dogmatique) les plus célèbres sont Abouhâmed Asfarâyeni et Ibn Fourak Esfahâni. Parmi les ouvrages concernant le hadith, il faut citer le Kâfi de Kolayni, Man Lâ yahzoro al-Faghih de Sheikh Sadouq, et Tahzib et Estebsâr de Sheikh Attâyefe Toussi. Les grands philosophes de cette époque sont Râzi, Farâbi, Ibn Maskouyeh et Avicenne. Les sciences mathématiques et l’astronomie atteignirent leur apogée lors de ces deux siècles. Outre les philosophes cités, les plus grands mathématiciens de cette époque furent Abolvafâ Bowzjâni de Neyshâbour, Abouja’far Khâzen du Khorâssân, Abousaïd Sagzi du Sistân, Abolhossein Soufi Râzi et Aboureyhân Birouni. En médecine également, les plus grands maîtres de cette époque furent tous iraniens. Le premier et le plus important fut Zakâriyâ Râzi dont le livre le plus connu, Al-Hâvi fut rapidement traduit en latin. Les autres médecins célèbres de cette époque furent Abou Mansour Bokhâri, auteur du Ghani et Moghni (on dit qu’il fut le maître d’Avicenne), Ali Majoussi Ahvâzi, auteur de Kâmel al-Sanâ’at (considéré comme le plus important ouvrage en médecine après le Canon d’Avicenne), Abousahl Issâ Jorjâni, ami d’Avicenne et auteur d’Al-Ma’teh fi Sanâ’at at-Tabi’eh. Avicenne demeure cependant le plus important médecin de cette époque. Son Canon, traduit en latin, fut des siècles durant l’ouvrage mondial de référence le plus important en médecine.

Page de garde d’une édition du Kitâb Al-Qânûn fi-l-Tibb du début du XVe siècle

La science pharmaceutique connut également un grand essor. L’Al-Saydaneh d’Aboureyhân Birouni en arabe et l’Al-Abnieh ’an Haghâyegh al-Advieh d’Aboumansour Movaffagh Ibn Héravi en persan furent les plus importants ouvrages en la matière. En matière de chimie, ’Eyn al-San’at va ’Oyoun al-Sanâ’at de Mohamad Ibn Abdolmalek Sâlehi est très célèbre. Mais c’est Zakâriyâ Râzi qui a laissé les plus importants traités de chimie. En géographie, le plus ancien traité qui nous soit parvenu est la traduction persane du texte arabe d’Abou Zeyd Balkhi intitulé Sovar al-Aghâlim. Le Masâlek al-Mamâlek rédigé en arabe d’Abou Eshâgh Ebrâhim Ibn Estakhri et le Hodoud al-’Alam min Mashregh ila Maghreb, rédigé en persan, du même auteur, figurent également parmi les ouvrages géographiques de référence qui donnent des informations précieuses sur la géographie, la démographie et la situation sociale des pays islamiques durant ces siècles.

Parmi les plus grands savants de cette époque nous pouvons également citer :

a) Le groupe des Akhavân Safâ (les Frères Safâ) : comme les Pythagoriciens, ils organisaient des réunions secrètes durant lesquelles ils étudiaient ou enseignaient diverses sciences morales. A ces séances pouvaient participer des philosophes, écrivains, savants, princes, vizirs, commerçants et paysans. Leur but principal était l’enseignement des sciences religieuses et métaphysiques. Concernant les autres sciences, leur travail consistait principalement en la compilation d’essais scientifiques. Cinquante-quatre de ces essais nous sont parvenus. La plupart d’entre eux avaient été traduits en persan. L’importance et la nouveauté de ces travaux résident dans leur simplicité. Il s’agit en réalité d’un travail de vulgarisation réussie et très moderne. Les Akhavân Safâ tentaient également de rapprocher la philosophie et la religion. Bien que les noms des auteurs de ces essais aient été généralement tenus secrets, nous connaissons cinq d’entre eux parmi lesquels Abou Soleymân Mohammad Ibn Ma’ashar Basti, qui dirigeait l’ensemble des travaux de ce groupe.

b) Mohammad Ibn Zakâriyâ Râzi, médecin, philosophe et inventeur de cette époque naquit en 865 dans la ville de Rey où il fit ses études en alchimie, médecine et philosophie. Il continua dans la voie scientifique qu’il avait choisie jusqu’au dernier jour de sa vie, alors même qu’il était aveugle depuis plusieurs années. Il mourut en 925. Son œuvre, principalement rédigée en arabe et consacrée à des thèmes scientifiques, est importante et variée. Elle aborde principalement des thèmes liés à la chimie, la médecine, et à la philosophie. Dans le domaine de la philosophie, sa doctrine va à l’encontre de celle d’Aristote. Elle est influencée par Pythagore, par les croyances anciennes iraniennes et par le manichéisme. Râzi ne croyait pas à l’ascétisme, mais uniquement en une vie vertueuse au sein de la société. Selon lui, il faut jouir des plaisirs nécessaires, tout en se gardant des abus et en se consacrant à la perfection de l’âme. Râzi fut également grand chimiste et c’est à lui que l’on doit la découverte de l’alcool et de l’acide sulfurique. Mais il est plus connu en tant que médecin, à tel point qu’on le place à côté d’autres grands noms dans ce domaine, tels que Galien et Hippocrate. Le plus important de ses cinquante-six ouvrages de médecine est Al-Hâvi, qui est en réalité une grande encyclopédie médicale où Râzi a également ajouté ses propres expériences de médecin. Ce livre a été traduit en latin. Ses autres ouvrages en médecine sont Ketâb al-Mansouri, traduit en latin au Moyen Age, Al-Jadri, Al-Fâkher, Al-Fosoul, Al-Madkhal, etc. Râzi est particulièrement réputé pour sa grande maîtrise de la médecine et l’ampleur de ses travaux et ses inventions. Ce fut les résultats de ses recherches scientifiques qui aidèrent plus tard à la guérison de maladies telles que la variole. Il est vrai qu’avant lui, Ali Ibn Jarir Tabari avait été l’un des premiers auteurs iraniens d’ouvrages de médecine. Mais Râzi demeure cependant le véritable fondateur de la médecine en Iran et le précurseur de tous les grands médecins iraniens.

c) Fârâbi : Mohammad Ibn Mohammad Fârâbi naquit en 259 à Fârâb (également nommée Otrar et aujourd’hui située au Kazakhstan), en Transoxiane et mourut en 950. Ses commentaires sur les œuvres d’Aristote le distinguent des autres philosophes. C’est également lui qui fit connaître ce penseur grec aux musulmans. Pour cela, il fut surnommé "Le second Maître". Sa doctrine philosophique peut être considérée comme une relecture islamique de Platon. Outre de nombreux ouvrages en éthique et en philosophie, Fârâbi est également l’auteur de très beaux quatrains. Musicologue hors pair, il composa aussi un livre sur la musique qui a été traduit en français. Le nom de Fârâbi est souvent cité aux côtés de grands penseurs tels qu’Avicenne, Platon et Aristote.

d) Ibn Maskouyeh : De son nom Abou Ali, il était surnommé le "Khâzeni" (Le bibliothécaire) car il était le chef de la bibliothèque Ibn Alamid. Il fut l’un des plus grands savants de cette époque, maître dans les domaines de la philosophie, la médecine, la chimie, la littérature et l’histoire. Ses ouvrages les plus importants, le Tahzib al-Akhlâgh, Jâvidân Kherad (qui traite de l’éthique iranienne préislamique), le Tajâreb al-Omam (narrant l’histoire de l’Iran et des rois de la dynastie Deylamite) ont tous été rédigés en arabe.

e) Avicenne ou Abou Ali Sinâ, connu pour avoir été le plus grand savant musulman de son époque et le successeur d’Aristote, est né en 980 près de Boukhara où il fit ses études primaires. A dix-huit ans, il avait déjà appris en autodidacte toutes les sciences de son époque, y compris les mathématiques et la médecine. Et c’est à vingt et un ans qu’il commença la rédaction de ses ouvrages. Il fut vizir des Deylamites, qui régnèrent à Hamedân et dans le centre du pays au début du XIe siècle. Cette période fut fertile pour ses recherches qu’il continua durant son ministère. Une partie de son célèbre ouvrage philosophique, le Shifâ, fut rédigé pendant cette période. Il mourut en 1036 à Hamedân et son tombeau se trouve aujourd’hui dans cette ville. Avicenne est l’un des rares savants à avoir rédigé des ouvrages dans tous les domaines scientifiques de son époque, et l’ensemble de son œuvre comprend près de 238 ouvrages parmi lesquels le Shifâ (traduit notamment en arabe, latin, allemand et français), Al-Nejât, ou encore le Dânesh Nâmeh Alaî, rédigé en persan et se présentant comme une encyclopédie traitant de philosophie. Enfin, il faut également citer le Me’râj Nâmeh, où Avicenne a tenté de prouver que l’ascension céleste du prophète Mohammad est un fait spirituel et non pas physique ou encore le Ghânoun (Canon), le plus important ouvrage en médecine de l’époque islamique.

Parmi ses élèves, ce fut Djowzdjâni, son fidèle disciple et ami, qui l’accompagna de 403 à la fin de sa vie. Mais son élève le plus brillant fut sans doute Bahmanyâr Ibn Marzbân, un zoroastrien d’Azerbaïdjan dont l’ouvrage At-Tahsil en logique, théologie et sciences naturelles fut un ouvrage de référence aux XIe et XIIe siècles. Abou Abdollah Ma’soumi, auteur du Esbât al-Mofâreghât, figure également parmi les élèves d’Avicenne.

f) Aboureyhân Birouni : grand inventeur, mathématicien et astronome de son époque, peu d’éléments biographiques nous sont parvenus à son sujet. On sait qu’il naquit en 972 à Kâs près de Khârazm où il fit ses études. Il vécut une partie de sa vie à Gorgân, au service du roi Ghâbous Ibn Voshmguir, à qui il dédicaça son Asâr Al-Bâguieh. Il le quitta ensuite pour rejoindre à Khârazm la cour des Kharazmshâhides d’Al-Ma’moun. Il demeura au service de cette dynastie jusqu’à la prise de leur capitale par Mahmoud le Ghaznavide qui marqua la chute de leur dynastie. Après cela, il devint l’astronome officiel de la cour de Mahmoud et voyagea avec le roi en Inde où il apprit le sanskrit. A Ghazneh (Gazne), il devint l’astronome de la cour de Soltân Mahmoud. Il voyagea en Inde avec ce dernier où il apprit le sanskrit et fréquenta les savants de ce pays, de qui il apprit les sciences, les coutumes et les croyances des Indiens. Mâl al-Hend, son chef-d’œuvre sur la géographie de l’Inde, est le bilan de tous ses voyages et recherches dans ce pays. Il mourut à Ghazneh en 1048. L’œuvre d’Aboureyhân est abondante et diverse, et compte plus d’une centaine de titres. Malheureusement, seule une vingtaine de ces ouvrages nous est parvenue parmi lesquels figurent Sanâ’at at-Tanjim, écrit simultanément en persan et en arabe et traitant des mathématiques, de l’algèbre et de l’astronomie, Maghalid Elm al-Hei’at, Al-Esti’âb fi San’at al-Esterlab, l’un des meilleurs ouvrages traitant de l’astrolabe, ou encore Al-Jamâher fi Ma’refat al-Javâher, ouvrage trait ant des minéraux et des métaux. En philosophie, ce savant suivait plutôt la doctrine d’Aristote, associée à certaines croyances indiennes et de la Perse antique.

A suivre…


* Ce texte est une adaptation de la deuxième partie (pp. 63-158) du premier volume de l’ouvrage Târikh-e Adabiât dar Irân (Histoire de la littérature en Iran) de Zabihollah Safâ.


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