N° 49, décembre 2009

Les femmes iraniennes et le sport


Lâdane Motamedi




Equipements sportifs dans la plupart des parcs de l’Iran

La nécessité de permettre aux femmes d’avoir une activité physique dans une grande ville comme Téhéran a été au cours des dernières années l’objet de l’attention des pouvoirs publics en Iran. Ainsi, de nombreux centres sportifs et parcs pourvus d’équipements sportifs réservés aux femmes ont récemment été ouverts dans la ville de Téhéran. En outre, 57 associations sportives publiques pour femmes ont été créées à l’initiative de la municipalité de Téhéran. Ces dernières sont largement concurrencées par les associations sportives privées, mais n’en répondent pas moins à une demande croissante. Si les centres sportifs privés existent depuis longtemps, les associations sportives publiques sont des créations récentes et concernent les femmes de tous âges. Elles manifestent également un engagement croissant du secteur public dans ce domaine.

Les sportives amateurs

Lâleh Keshâvarz

Depuis quelques années, la municipalité de Téhéran organise des programmes de sport collectif matinal pour hommes et femmes dans des centaines de parcs. L’engagement de monitrices d’éducation physique a donné aux femmes l’occasion de satisfaire leur besoin d’activité physique adapté au rythme de chacun, tout en leur offrant un espace de détente. Madame Mahshid Navabi est l’une de ces monitrices. Quand à 6 heures du matin, je suis allée au parc de mon quartier pour l’interviewer, elle était occupée à entraîner les femmes avec beaucoup d’énergie et d’enthousiasme. Elle est notamment persuadée que le sport permet aux femmes de trouver un meilleur équilibre dans leur vie tant familiale que sociale.

Sârâ Khosh Djamâl

La section sportive de la municipalité de Téhéran organise également d’autres programmes, parmi lesquels des randonnées en montagne pendant l’été qui eurent lieu pour la première fois en juillet 2009. 1100 femmes, inscrites dans les centres sportifs des 22 arrondissements de Téhéran, ont participé à cette randonnée.

L’installation d’équipements sportifs dans la plupart des parcs de la capitale est une autre stratégie mise en œuvre par la municipalité pour inciter les Téhéranaises à pratiquer davantage d’activités physiques. Ces équipements présentent l’avantage d’être gratuits et accessibles à toutes. Toutefois, les femmes fréquentent les centres sportifs publics et privés bien plus que les parcs. La raison en est peut-être la variété des activités et disciplines proposées par ces centres. D’ailleurs, selon les statistiques, les femmes iraniennes préfèrent le sport en salle au sport en plein air.

A l’heure actuelle, 57 centres sportifs publics proposent aux Téhéranaises des programmes sportifs dans des disciplines diverses, et les associations sportives privées ne cessent de se multiplier ; l’engouement des femmes pour ces associations n’a jamais été aussi grand.

Les sportives professionnelles

Atoussâ Pourkâshiân

Ces dernières années, nous avons été témoins d’une présence féminine de plus en plus remarquable dans les compétitions sportives nationales et internationales. Les hommes sont statistiquement meilleurs en sport professionnel ; les femmes ne sont toutefois pas en reste. Au cours de ces dernières années, quelques sportives iraniennes ont effectué des performances brillantes au niveau national et international. Sârâ Khosh Djamâl, la première taekwondoïste iranienne à avoir participé aux jeux olympiques - lors des jeux de Pékin - en est un bel exemple. Atoussâ Pourkâshiân a obtenu l’appellation de Grand Maître lors des Olympiades d’échecs en Allemagne. Leilâ Ebrâhimi a remporté la médaille d’or de course à pied en 2007 en Iran. Et le transfert de Behnâz Khayât -gardienne de but de l’équipe nationale de footsalle dans une équipe espagnole a fait grand bruit dans les milieux du football féminin en Iran. Des sports plus inattendus sont également pratiqués par les Iraniennes. En escalade, Massoumeh Saïdi s’est fait connaître dans toute l’Asie avec sa belle ascension en Chine. Lâleh Keshâvarz – qui vit dans la province de Sistân et Balouchistân - et Farkhondeh Sâdegh sont les deux premières femmes à avoir hissé le drapeau de l’Iran sur le plus haut sommet du monde, l’Everest.

Farkhondeh Sâdegh

La présence des femmes dans les compétitions nationales et leurs victoires dans les compétitions internationales a incité l’Organisation de l’Education Physique – équivalent du Ministère du sport en Iran - à envisager de créer un centre spécialisé dont l’objectif serait la découverte des talents sportifs chez les femmes. Ce centre est en cours de construction. Les athlètes iraniennes percent en petit nombre à un bon niveau, mais il leur reste encore un long chemin à faire pour acquérir une meilleure visibilité au niveau international.


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2 Messages

  • Les femmes iraniennes et le sport 4 janvier 2010 11:47, par claire

    BONNE ANNEE 2010,je la veux riche en projets,en partage,en bonheur pour tous et surtout pour les femmes iraniennes.Je veux qu’avec la nouvelle année 2010,la FRANCE ouvre ses portes d’avantage aux femmes actives iraniennes :(dans le sport,art,ecriture,cinéma,ect...)
    Bravo ! et courages pour les femmes "iranies".
    clairmack@hotmail.fr

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    • Les femmes iraniennes et le sport 17 janvier 2010 11:30, par Aurélie

      Bonjour à tous.

      Dans le cadre de mon projet professionnel pour un BTS communication visuelle, j’aimerais travailler sur le sport et les femmes en Iran. Je suis très intéressée si vous avez d’autres informations à ce sujet comme le nom et l’adresse de quelques enceintes sportives, etc. Je vous laisse mon adresse mail pour qu’on puisse converser, si vous le souhaitez :

      aurelievillon@gmail.com

      Merci beaucoup, j’espère recevoir votre réponse.
      Cordialement

      repondre message