N° 29, avril 2008

Le troisième Farhâd (I)


Hassan Bani-Âmeri
Traduit par

Arefeh Hedjazi

Voir en ligne : Dernière partie


Il était devenu impossible de forcer Tahmouress à se taire, qu’il se taise et nous laisse étudier. Il jouait dans l’herbe avec son vélo et parlait de l’étrange vieille dame. Il disait que ses vêtements et son chapeau et même son écharpe étaient rouges. Il disait qu’elle était folle. Il disait qu’elle se maquillait et se fardait de rouge, et qu’elle venait tous les matins une rose rouge à la main, à Park-e-Shahr, avec une vieille photo fanée et qu’elle demandait à tout le monde : "Vous n’avez pas vu mon Farhâd ?"

"En plus, la lèpre lui a emporté le nez."

Et je ne savais pas ce qu’était la lèpre et je savais aussi que Tahmouress ne le savait pas non plus, et cela suffisait pour que je me taise.

"Je n’ai pas peur d’elle." disait-il.

"Je veux juste l’effrayer.", disait-il.

"Tu verras !" disait-il.

Et il riait et me faisait signe de faire attention à mon esquimau qui avait fondu et qui tombait goutte à goutte sur mon livre d’histoire. J’ai ri. Il fallait qu’il comprenne que son discours ne m’avait pas pris par surprise. J’ai sucé ce qui restait de l’esquimau et j’ai frappé Tahmouress au visage avec le bâtonnet, et je lui ai dit d’aller raconter ses bobards à quelqu’un d’autre. Puis j’ai léché mes doigts et j’ai ramassé un papillon mort qui gisait sur l’herbe. Le soleil ne me chauffait plus le dos mais la paresse m’a empêché d’approfondir ce phénomène.

"Hé !", dit Tahmouress.

Sur le moment, je n’ai pas saisi la peur dans sa voix. Les couleurs des ailes du papillon s’étaient imprimées sur mes doigts, et Tahmouress m’appelait par mon nom et je n’avais pas du tout l’intention de lui répondre, et il m’appelait encore et encore et me demandait de regarder au dessus ma tête. Puis, le parfum du jasmin a tout envahi et j’ai pensé que c’était le papillon qui sentait comme ça, mais j’ai humé ses ailes ; ce n’était pas le papillon et j’ai vu Tahmouress, toujours assis, qui se traînait loin de moi sur les fesses, et qui continuait à m’appeler en montrant quelque chose au dessus de ma tête. J’ai ri et je lui ai dit qu’il n’avait pas besoin d’avoir peur de moi, je n’allais pas l’embêter. Et il était maintenant carrément muet et faisait des gestes avec ses mains et je ne comprenais pas et je riais. Le soleil le brûlait, je le voyais brûler dans l’ardeur du soleil, alors que je ne sentais rien. Quand je l’ai vue, je parle de l’ombre, qui s’étirait et se tendait en une drôle de sarabande devant moi sur l’herbe, j’ai lâché le papillon. L’ombre n’avait pas de nez. Et il était particulièrement douloureux pour moi d’accepter l’idée que, pour une fois, Tahmouress avait dit la vérité. L’ombre demanda, pas à moi, à Tahmouress : "Tu n’as pas vu mon Farhâd ?"

Je n’osai pas me retourner pour la regarder. Tahmouress hoquetait de peur. Il se leva. Son pied se prit dans quelque chose, peut-être le rebord cimenté du trottoir, il tomba et se releva encore et recula et ne put s’arrêter et s’enfuit pieds nus. Et j’ai enfin compris quel salaud il était, et combien j’étais seul sans lui.

"Tu n’as pas vu mon Farhâd ?"

J’ai ramassé le papillon tombé sur l’herbe. Peut-être pensais-je que, même mort, par sa seule présence, il pouvait me rassurer. Je fixais le papillon, si facilement mort, qui commençait à faire suer ma main et je m’entendais silencieusement hurler : "Ne tremble pas, ne tremble pas …"

"Tu n’a pas vu mon Farhâd ?"

Le papillon fut écrasé entre mes doigts et je fus obligé de me retourner, et c’est ce que je fis. Le soleil m’aveugla. L’ombre était toujours une ombre, et je ne la voyais pas, et le soleil la coiffait et se plantait dans mes yeux. Je pense que je lui ai répondu, peut-être même avec un tremblement dans la voix : "Non…Je ne l’ai pas vu."

L’ombre pencha la tête et s’assit. Maintenant, elle n’était plus une ombre. Elle s’était assise bien droite en face de moi et me regardait avec ses yeux verts. "Oh !", ai-je dit.

Et j’ai tremblé autant que toutes les fois où j’avais tremblé dans la vie. La peau de mon visage s’est froissée, et pendant un instant, j’ai cru n’apercevoir qu’un trou au milieu de son visage. Un trou, noir ou peut-être pas, ou s’agissait-il d’un morceau de chair pourrie, gangrénée qui sentait… non, pas mauvais, non, elle sentait la fleur, le jasmin, je crois.

La vieille posa ses mains sur mes épaules et s’exclama : "Farhâd !"

Et que sa voix était vieille et ses yeux verts et jeunes !

"Je suis… Daniel.

- "Farhâd !... Farhâd chéri !" Ses mains me pétrissaient les épaules.

Elle enfonça sa main dans mes cheveux et me colla contre elle. Son odeur de jasmin me rendait malade. "Où étais-tu, mon enfant, toutes ces années ?...Où étais-tu donc ?"

Elle glissait ses doigts osseux dans mes cheveux longs. Ses doigts étaient des serpents, des serpents qui s’entortillaient dans mes cheveux et qui voulait, comme la vieille, me… Je hurlais :

"Sur le Shâh Tcherâgh, je suis Daniel.

- Mon Farhâd… Mon grand Farhâd !", dit la vieille en me serrant plus étroitement. J’allais vomir. Je criais encore :

"Tahmouress, espèce de salaud, viens, à l’aide !"

Tahmouress n’était pas là. Je savais qu’il n’était pas là. Je savais qu’il avait couru, pieds nus, jusqu’à chez lui, d’une traite, en se passant même de ses livres et de notre tapis de piquenique et surtout de son vélo.

"Tu l’as enfin retrouvé, M’me Shirine ? Une voix d’homme posa la question, d’un ton moqueur.

-Eh oui, je l’ai retrouvé." La vieille riait.

Et elle prit ma tête entre ses mains, m’écarta d’elle et fixa mes yeux : "Je savais que tu reviendrais… je le savais !"

J’étais absolument sur le point de me sentir mal. La bouche de la vieille sentait le tabac spécial et l’odeur se mélangeait avec celle du jasmin, et avec le visage et le trou dedans et cette chair pourrie et sale….

"Lâche-moi !"

La vieille me serra fortement le poing avec ses doigts osseux. J’ai compris alors qu’elle portait des bagues serties de pierres rouges à chacun de ses doigts. La pierre des bagues m’apparut remplie de sang, puis je compris qu’il s’agissait d’agates.

"Je vous jure que j’ai des choses à faire."

Elle ne répondit pas. Se contenta de rire. Elle tira son écharpe et s’en couvrit le visage jusque sous les yeux et mit soigneusement un petit morceau de vieux carton dans son sac. Je devinais qu’il s’agissait de la photo.

"Il faut rentrer au plus tôt. Ton esquimau fond."

Quelqu’un s’approcha, c’était le marchand de glaces, et quand il me regarda avec étonnement et commença de parler, sa voix n’avait plus son ton moqueur :

"Je n’arrive pas à y croire.

- Je vous avais dit qu’il reviendrait.

- Monsieur…", ai-je dit.

L’homme était bouche bée et me regardait la tête penchée. Il dit à la vieille :

"Il est pareil.

- Mais tout le monde dit que la photo est vieille de trente ans, dit-il à soi-même.

- Alors, pourquoi tu es pareil ? me dit-il à moi.

- Je ne comprends rien à ce que Tu fais, dit-il à Dieu.

Et finalement, à quelqu’un que je ne réussis pas à localiser :

- Grand Dieu !"

Et il partit en se grattant la tête. Il n’y avait personne d’autre aux alentours. Le jardin était vide et silencieux. Et pourquoi pas ? Il était midi !

J’ai crié : "A l’aide !"

J’ai crié : "Tahmouress, espèce de salaud !"

J’ai crié : "Où t’es passé, espèce de vache ?"

Et il n’y avait personne pour me venir en aide.

La vieille femme me tirait par la main. Je me suis jeté sur l’herbe. Il fallait que je l’injurie, et c’est ce que j’ai fait. Ses yeux se sont agrandis et elle est venue me prendre dans ses bras, et j’y étais léger comme une plume et j’appelais seulement à l’aide, et elle disait :

"Calme-toi, mon petit chéri !"

Et quand je gigotais fort pour me libérer, elle me pinçait la jambe et disait :

"Vous recommencez ?"

Je lui ai tiré les cheveux. J’ai jeté son chapeau par terre. J’ai tiré sur ses boucles d’oreilles et je me suis même compissé. Peine perdue. Elle me regarda juste du coin de l’œil, me reposa par terre, saisit énergiquement mon poignet, sortit quelque chose, que je n’ai pas réussi à identifier de son sac, et me demanda de la manger, en bon garçon.

"Jeee…nonnnnnn !

- Vous avez toujours mal pris vos médicaments."

Et elle me força à avaler cette chose qui ressemblait à une pilule, et qui était acidulée d’abord, trop salée ensuite, et pour finir amère et impossible bien sûr à cracher à ce moment, et je l’ai avalée et elle me tirait par la main et m’emmenait.

Quelqu’un que je ne pus voir demanda :

"Comment va votre cœur, M’me Shirine ?

- Il va bien. Maintenant il va très bien… Tu sais ce que cela veut dire, très bien ?"

Et elle me reprit dans ses bras. Il fallait que j’appelle à l’aide. Il fallait que je crie. Il fallait que je trouve un agent et que je lui dise que je suis en train d’être kidnappé, mais c’était impossible. Tout avait l’air différent. On aurait dit que tout changeait. Tous les bruits se mélangeaient et les choses devinrent grandes et petites et commencèrent à onduler. La vieille dit, de derrière son écharpe : "Dors, mon enfant chéri !... Arrête… de… gigoter !"

Et je ne voulais pas dormir et je me devais de penser à mon examen d’histoire et une voix, très loin, me demanda de rester tranquille, de dormir, sinon je serais puni. Et j’ai posé ma tête sur un monde d’herbe en velours rouge, dont les voisins étaient des jasmins qui fumaient du tabac spécial, et de colère.

Mon sommeil était un sommeil écarlate et quand j’ai eu le désir de me réveiller, tout était toujours rouge. L’oreiller sur lequel je dormais, les tables, les chaises, les cadres, les rideaux, et même les vitres des fenêtres. La colonne de lumière aussi, qui tombait sur mon visage, était rouge, et chaude. J’ai levé la tête et j’ai compris que j’avais dormi assis, attaché, dans un fauteuil de velours rouge, et que c’était surement la vieille qui m’avait couvert les pieds avec tous ces coussins.

Il n’y avait personne. S’entendait seul le bruit de couverts qui s’entrechoquaient.

"Où je suis ?

-Vous vous êtes enfin réveillé ?" La voix de la vieille provenait du même côté que les couverts.

Devant moi il y avait une immense table couverte de plats que j’aimais. Du shirine polo, du kalam polo, du khorecht d’herbes, de l’ash de yaourt, de l’ash d’herbes, de l’ash aux prunes, et même une grande assiette remplie d’esquimaux. Je me léchais les lèvres. La lumière de la salle s’alluma. La vieille rit. Au-dessus de ma tête, il y avait un lustre doté d’une multitude de pendentifs qui firent un doux bruit de cristal quand le lustre s’illumina.

"Vous avez comme d’habitude oublié votre glace d’avant le déjeuner. Vous devenez distrait."

Elle apporta un grand plat qu’elle plaça devant moi. La vapeur qui s’en dégageait m’empêchait de voir son visage. "C’est de l’ash karde."

Elle rit et combien son rire était laid ! J’ai détourné le visage et je me suis mordu les lèvres et quand je me suis figuré que tous ces plats avaient été préparé par cette vieille lépreuse, j’ai senti ma bouche s’emplir de bile et que j’allais vomir.

"Je…encore. Pardonnez-moi."

Elle alla se couvrir de nouveau le visage avec son écharpe et revint. Elle versa ensuite un peu de tous les plats dans les assiettes qu’il y avait devant moi et plaça une chaise en face de moi.

"Je mangerais pas.

- Après toutes ces années, vous n’avez toujours pas oublié vos habitudes.

- Vous vous trompez de personne, madame. Je….

- Je connais très bien mon fils.

- Sur le Châhtcherâgh….

- اa suffit… S’il te plaît."

Elle me disait gentiment de la fermer et c’est ce que je fis. Mais il était hors de question que je mange de ces plats. Je ne pouvais pas manger et me figurer que c’était une lépreuse qui… ma bouche s’est remplie de bile à ce moment et j’ai rendu tout ce que j’avais mangé dans le plat d’ash. J’ai attendu qu’elle vienne comme maman Sephora me battre avec sa pantoufle, m’engueuler en disant : "Et qu’est-ce que je vais dire à ton père ? " Ou "Pourquoi faut-il que chaque fois…"

Elle s’est levée et s’est approchée de moi. J’ai fermé les yeux. Je me suis préparé à recevoir les premiers coups de pantoufle… mais c’est un doux tissu qui a glissé sur mon visage et même sur mes vêtements.

"Vous avez sali votre joli costume. Faites attention à cela, au moins."

Mes vêtements ne valaient pas le moindre soin mais justement, je ne les avais plus sur moi. Je portais un costume blanc et une chemise de soie blanche avec une cravate rouge, rouge exactement comme la rose qui dépassait de ma pochette. Je me suis mis à suer et j’ai dit : "Si je rentre tard à la maison, mon père va me fouetter.

- Votre père est mort depuis des années.

- Non, il est vivant. C’est moi-même qui suis allé lui acheter de l’ash d’herbes ce matin.

- Quand je dis qu’il est mort, c’est qu’il est mort.

- Sur le Châhtcherâgh, sur le Prophète, il est vivant.

- Silence… S’il vous plaît."

Elle ne disait que cela. Je pouvais uniquement sentir grossir la boule que j’avais dans la gorge et c’est ce que j’ai fait. Et les serpents sont revenus se tortiller dans mes cheveux et la vieille m’a demandé de ne pas pleurer et elle m’a dit que si j’étais gentil, elle me raconterait l’histoire de Shirine et de Farhâd, comme d’habitude.

"Mange maintenant !"

Et j’ai mangé, les yeux fermés, le cœur au bord des lèvres, avec mes grosses larmes qui tombaient… et j’ai dit : "Je veux manger moi-même les glaces."

Elle me regarda du coin de l’œil et me demanda : "Tu promets de…ne pas t’enfuir ?

- Promis."

Je savais très exactement ce que j’entendais par là.

La vieille a libéré mes mains. J’ai mangé ce qui restait des glaces, fondues, même si je sentais que j’allais mourir si je prenais une bouchée de plus. J’ai jeté un coup d’œil mine de rien vers les portes et je me suis levé très vite en frappant la vieille au visage avec le bâtonnet de l’esquimau. Sa main a plané pour attraper la mienne. Je les ai poussé fort toutes les deux. Elle est tombée sur la table. Elle a crié et le grand bol d’ash est tombé par terre. J’ai couru vers la porte. Elle était fermée. J’ai essayé une par une toutes les portes, fermées. La vieille gémissait et me demandait de rester et de ne pas la laisser seule.

"Ah non, pas celle-là !"

Et elle s’est agrippée la poitrine et a commencé à s’étouffer. Elle faisait semblant. Je le savais. Et je savais aussi que je devais casser les vitres et c’est ce que j’ai fait. Je les ai cassées en me servant des assiettes et des plats de porcelaine. Quel bruit ça faisait ! La vieille disait non et râlait. Et je ne pouvais plus rien distinguer. J’ai sorti la tête par la fenêtre. Nous étions au deuxième étage. Il était impossible de sauter. Quelques vieux et vieilles s’étaient rassemblés au milieu de la rue et parlaient avec animation en me montrant du doigt.

"Vous voyez ce que je vois ?

- C’est vous, monsieur Farhâd ?

- Mais vous devez au moins avoir la trentaine !

- Est-ce que quelqu’un aurait une échelle, s’il vous plaît !, ai-je gueulé.

- Il faut que j’aille prévenir le mari de madame Shirine. S’il apprenait que…

- C’est vraiment lui. Madame Shirine savait qu’il reviendrait."

J’allais devenir fou. J’ai hurlé :

"Vous avez une échelle, oui ou non ?"

Tout le monde est parti. La vieille a essayé de se relever en agrippant le dossier de la chaise. Elle n’a pas pu. Elle est retombée par terre en soufflant. Je me suis approché d’elle en me mordant les lèvres. Elle n’avait plus son écharpe. Sa lèvre tremblait. Je ne pouvais pas la regarder.

"Tu me prends pour un autre. Laisse-moi partir.

- Où ?

- Au diable.

- Tu ne peux pas ne pas y aller ?

- Non."

Et je suis parti vers le hall. Je ne savais pas ce que je voulais.

"Tu ne me laisses pas partir ?"

Elle me regardait encore… la tête toujours penchée et…un sourire.

"Tu veux absolument te faire prier ?"

C’était la première que je demandais cela à quelqu’un. Une larme a glissé sur son visage. Elle m’a tendu le poing. Dedans, il y a avait une clef dorée. Je l’ai prise et me suis mis à courir. La clef ne s’engageait que dans la serrure d’une seule des portes, la grande, qui s’est ouverte. J’ai voulu partir mais il y avait quelque chose comme un grand album photo recouvert de velours rouge tombé juste devant la porte. La vieille qui continuait de faire un drôle de bruit de râpe en respirant me dit :

"C’est… notre album familial. Pourquoi tu ne le regardes pas ?"

Je n’ai pas pu partir. Sur la première page je me suis vu, avec un papillon dans la main que je regardais en riant, je peux le jurer, avec les mêmes cheveux emmêlés et les mêmes yeux mordorés et le même sourire qui me creusait les fossettes et les dents pas toutes en ordre et pas très blanches et le grain de beauté sur la joue gauche, mais les cheveux… je les avais parfaitement noirs, alors que sur la photo, ils étaient blonds ou châtains ou dorés.

J’ai feuilleté l’album. Je me suis mordu les lèvres et je suis sur d’avoir arrêté de respirer. Il y a avait quelques dessins sur les deuxième et troisième pages. Des dessins qu’il fallait voir de ses propres yeux pour y croire. Sur le premier, je dormais les mains attachées sur le même fauteuil de velours rouge, sur deux trois coussins également de velours rouge. Maintenant que j’y pense, ce n’était pas le même fauteuil que celui sur lequel j’avais dormi.

Sur le deuxième dessin, la vieille femme n’avait pas son écharpe et j’avais détourné le visage, me mordant les lèvres.

Sur le troisième dessin, je m’étais levé et j’avais jeté le bâtonnet de mon glaçon sur la table.

Sur le quatrième, je cassais les vitres avec un bâton ou quelque chose comme ça.

Plus tard, quand j’ai eu le temps de réfléchir, je me suis rendu compte que ce genre d’activités était habituel à Shirine et à Farhâd le deuxième (Farhâd le fils) et que Shirine ne dessinait que pour compenser l’absence de son Farhâd.

A suivre...


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