N° 24, novembre 2007

L’infanticide dans la littérature iranienne et irlandaise


Arefeh Hedjazi


Le Shâhnâmeh (Livre des Rois) de Ferdowsî, monument de la littérature persane dont chaque chapitre est un monde en soi, une scène de théâtre où la vie entière défile. Parmi les plus beaux passages - et les plus tristes - de ce chef d’œuvre, on peut notamment évoquer la mort de Sohrâb, ce jeune prince et héros légendaire, fier, jeune, beau et sage, qui meurt de la main de son père, le grand Rostam. Dans ce chapitre, l’un des plus tristes et des plus beaux du Shâhnâmeh, Ferdowsî traite d’un thème universel de la littérature : l’infanticide. Que ce soit par amour, par haine, par ignorance, par pauvreté, par honneur… tous ses thèmes ont déjà été explorés par les explorateurs de l’esprit et de l’écrit, de Sénèque à Toni Morrison en passant par Ferdowsî et Yeats. L’humanité n’a pas attendu l’âge moderne et celui de l’écriture pour connaître l’infanticide, dont les racines remontent au plus profond des mythes.

Parmi les infanticides mythologiques les plus similaires, on peut notamment évoquer celui de Rostam l’Iranien et de Cuchulainn l’Irlandais, deux mythes puisant leur source dans la tradition indo-européenne.

Deux héros se battent au corps à corps. Ils sont père et fils mais l’ignorent. Le combat dure, les partis, de force égale, s’épuisent sans vaincre jusqu’à ce que le père, plus expérimenté, ruse et réussisse à tuer son enfant. Et ce n’est qu’après la mort de l’enfant que le père, désespéré, découvre son identité. Tel est le schéma de la plupart des infanticides de la mythologie indo-européenne.

Dans ces histoires, le père, qui est un héros, rencontre une femme habitant souvent dans de lointaines contrées. Il reste avec elle une nuit, un mois, un hiver ou même parfois quelques années, jusqu’à ce que cette dernière donne naissance à un enfant. Il la quitte un jour pour retrouver sa patrie. Toutefois, avant son départ, il donne à son épouse un signe de reconnaissance - bague ou brassard de métal qui porte ses armes.

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Le combat de Rostam et Sohrâb, attribué à Siavosh Gorjestâni, Collection Rezâ Abbâssi, 1576

Après le départ de son époux le héros, la femme met au monde un garçon. En grandissant, il se rend peu à peu compte qu’il est différent des autres, que les autres enfants ont un père et que lui n’en a pas. Parfois, on l’appelle même bâtard ou sans père. Pourtant, il est plus fort et plus intelligent que ses compagnons dont il est le chef naturel. En grandissant, il demande la vérité à sa mère qui la lui révèle. Il se lance alors à la recherche d’un père dont il ne possède qu’un emblème.

Après bien des péripéties, le fils retrouve le père, sans le reconnaître. Le hasard les met en réalité face à face sur un champ de bataille, ignorants de leur lien de parenté. Ils ne se reconnaissent souvent pas car il n’est pas d’usage de se présenter à un tel moment ou parfois, des rivaux ou des jaloux cachent ce détail.

Quoiqu’il en soit, le fils et le père se battent et le fils est tué par son père.

Ce mythe est notamment mis en scène par Ferdowsi dans son Livre des Rois. Le héros principal du livre, Rostam, tue son fils Sohrâb, en ignorant qu’il s’agit de son fils. L’irlandais William Butler Yeats a repris ce même thème dans l’une de ces pièces intitulée Le vent dans les roseaux, écrite en 1904. En outre, dans la littérature allemande, on trouve également le mythe de "Hildebrand und Hadubrand" qui reprend le thème de l’infanticide et du fils tué par le père. En définitive, on peut dire que ce thème existe sous des formes différentes dans un grand nombre de mythologies. On peut aussi évoquer L’Odyssée de Homère, le mythe russe d’Ilia et le Faucon, Cuchulainn et Conlai, le mythe irlandais repris par Yeats, etc.

Au-delà du mythe, tout au long de l’histoire, de nombreux rois ont tué leurs enfants, souvent pour des motifs futiles. En Iran, le grand roi safavide Shâh ’Abbâs, le "Roi-Soleil persan", tua son fils Sâfî ’Alî, qui était son dauphin, uniquement parce qu’il craignait que le jeune homme ne le tue, lui. Il en fut de même pour Nâder Shâh. Ces rois ne tuaient leurs fils que par égoïsme, par peur ou par futilité.

Mais Rostam ne voulait ni le pouvoir ni l’argent, ni ne percevait Sohrâb comme une menace quand il l’a tué. Ceux qui ont tenté d’expliquer ce meurtre par des motifs œdipiens étaient influencés par la psychologie moderne. Mais pourquoi ont-ils choisi Rostam pour illustrer leur pensée ?

De nombreux chercheurs ont prétendu que Ferdowsi avait composé le beau mais triste chapitre sur la mort de Sohrâb après la mort de son propre fils. Nul ne sait si cela est vrai mais il est hors de doute que Ferdowsî y déploya tout son talent littéraire et fit de ce passage un monument de la littérature persane. L’épisode de la mort de Sohrâb, tué par son père dans un combat au corps à corps et celui du combat de Rostam et d’Esfandyâr comptent parmi les plus beaux et à la fois tragiques épisodes du Livre des Rois. Car seuls les jeunes Esfandyâr et Sohrâb, tués par Rostam, sont dignes de le remplacer. Ce n’est qu’à force de ruses que Rostam réussit à les tuer tous les deux, le rabaissant par ce biais du rang de héros à celui d’anti héros :

"La pleine lune avait étendu son éclat d’argent sur le champ de bataille. Les vertes feuilles des arbres prenaient une teinte étrange sous l’éclat de la lune et brillaient telles des escarboucles. Le frais ruissellement de la source chantait et les grillons avaient peur du silence. Des oiseaux virevoltaient dans les arbres et une légère brise soufflait, rafraîchissant la brûlante terre de Tourâne. La nature attendait la rencontre de Rostam et de Tahmineh.

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Cuchulainn fait traverser la rivière à Conlai

Rostam marchait dans le parc et cherchait son fidèle cheval Rakhsh. Il vit de loin une silhouette, s’approcha. Une jeune touranienne immobile, debout sur les marches du parc, abandonnait sa chevelure à la caresse de la brise. Ses yeux brillaient et sa robe rouge fit trembler le cœur de Rostam. Il s’approcha et son regard se perdit dans les yeux de la jeune fille. La princesse, fille du roi Samangân, descendit les marches et s’arrêta devant lui. Rostam avait l’impression de se détacher du sol, de voler. Soudain, dans les noires pupilles de la jeune femme, une silhouette blanche se dessina. C’était Rakhsh qui galopait. Et Tahmineh vit dans les yeux de Rostam l’enfant qui l’attendait depuis toujours.

Ce soir-là, Tahmineh donna Rakhsh à Rostam et Rostam donna un fils à Tahmineh…

Quelques temps plus tard, assis sur son fier coursier, il lui fit ses adieux… Il lui donna un brassard pour qu’elle le noue au bras de leur enfant si c’est un garçon ou à sa chevelure si c’est une fille et s’en alla rejoindre sa patrie. Au revoir, princesse… Au revoir jusqu’au jour où nous nous retrouverons tous les trois, toi, moi et notre enfant.

***

Qui est ce héros tourani qui s’imagine conquérir l’Iran ?

Garsivaz répondit : " Un enfant… Enfin, je ne sais pas trop si on peut l’appeler enfant, ô mon seigneur. ةcoutez-moi attentivement. Il s’appelle Sohrâb, c’est le fils de la princesse Tahmineh, petit-fils du roi Samangân et de Rostam, l’invincible héros iranien."

- Le fils de Rostam ?... alors, pourquoi se bat-il contre les Iraniens ?

- Car il veut couronner son père roi.

- Ah ? … Armez-le et donnez-lui des hommes. Ne lui dites rien de Rostam. Peut-être que ce vieil héros sera tué de la main de ce jeune lionceau…

- A vos ordres, Sire. Si quelqu’un peut tuer Rostam, c’est bien son fils.

Afrâsiâb se perdit dans ses pensées. Rostam doit mourir, ou Sohrâb. Qui sait ce que nous réserve l’avenir ?

***

- Qui est ce héros touranien qui s’imagine conquérir l’Iran ?

- C’est un enfant, mon seigneur. Encore que je ne sais pas trop si je peux l’appeler enfant. On dit qu’il a douze ans, mais il est fort comme Rostam. Il a vaincu Hojir et Gordafarid et occupé une de nos forteresses frontalières. Maintenant, il attend de pied ferme l’armée iranienne. Son honneur ne lui permet pas d’avancer avant d’avoir l’ennemi devant lui…

- Envoyez Guiv au Zâbolestân avec un message pour Gejdham. Qu’il nous envoie Rostam. La bataille est proche.", ordonna le roi après un moment de réflexion.

***

- Qui est ce héros touranien qui s’imagine conquérir l’Iran ?

- C’est un enfant, mon seigneur. Mais je ne sais pas si on peut l’appeler enfant, ô seigneur. On dit qu’il est le fils du plus grand héros de l’époque. Comment pourrais-je vous cacher à vous, qui êtes le plus grand héros de cette terre, qu’il a les bras forts comme des arbres et des jambes d’Atlas ! Il a dépassé avec son armée nos frontières, a pris nos forteresses et maintenant, il cherche un adversaire à sa mesure.

- Comment ce fait-il que ce jeune homme ait décidé de conquérir l’Iran ?, demanda Rostam pensif.

***

Le jeune homme montre sa puissance. Comme un lion, il défie le monde mais une chaîne invisible lui enserre le cou. Il ne peut plus reculer. Sohrâb est maintenant l’objet des jeux politiciens amis et ennemis. On le pousse et on le repousse. Le jeune commandant, qui n’a toujours pas retrouvé son père, qu’on lui cache soigneusement des deux cotés, ne voit la solution que dans la défaite des Iraniens. Il a déjà battu Farâmarz, Guiv, Tous, Goudarz et Farhad Niv. Mais où est donc Rostam ?"

Le narrateur décrit ensuite la lutte entre père et fils :

"Coup de massue, éclair de sabre, je vise et je lance une flèche. Je vise et je lance ma lance. Tout cela est inutile. Le corps à corps commence. Entre moi et mon père. Entre moi et mon fils. Entre père et fils. Pour retrouver le père, il faut d’abord que je tue ce vieil imbécile. Comme il est fort ! Pour un jour retrouver mon fier fils Sohrâb, je dois mettre à genoux ce lionceau de Touran. Ah ! De qui donc tient-il cette puissance ? Comme si je luttais contre moi-même ! Même le Diable Blanc n’était pas si fort… Il faut que je fasse mordre la poussière à ce vieillard. Aaahhh. Ça y est.

Où est le bras qui mettra à genoux ce vieil héros…. Le voilà.

Comme une montagne qui s’effondre, Rostam tombe. Sohrâb respire. Il sort son poignard pour décapiter le héros persan. Rostam dit :

"C’est ainsi qu’on se bat chez vous ? Où est donc passé ton respect, jeune homme ? Tu ne connais donc pas les règles ? Ignores-tu la coutume qui exige d’un jeune qui a battu un vieux qu’il ne décapite pas immédiatement le vaincu ? Hein, tu l’ignores ?

- Non…Je le savais.

Rostam avait hurlé sa question. Mais la réponse fut faite d’une voix si douce, si innocente que Rostam n’hésita plus à se savoir vainqueur.

De nouveau…. Coup de massue, éclair de sabre, je vise et je lance une flèche. Je le vise de ma lance. Tout cela est inutile. S’il me jette de nouveau à terre, ce sera ma fin… Cette fois, tu ne pourras plus me tromper. Je ne te laisserai plus la vie sauve. Ce soir, ta tête au bout d’une lance ornera ma tente… ah ! Je l’attrape, je le tiens. Je le peux. Je le peux.

Rostam se rapproche de Sohrâb pour le saisir à la taille. Il le colle contre lui. Il le sent.

Comme il sent bon, comme je connais ce parfum ; mais d’où vient-il donc ?... D’ici même, d’ici même !

Rostam tient Sohrâb. Il hurle, arrache son fils de terre et le rejette à terre. Son poignard brille. Il tue son fils, son lion… La liesse ne connaît plus de bornes… Faites silence et écoutez le Vieux Conteur de Touss…

Quel est ce père qui tua son enfant ? […]

La fille du roi Samangân et le vieil héros persan pleurent leur fils. Ils pleurent, les Touraniens pleurent, les Iraniens pleurent… Un héros est mort.

William Butler Yeats et Coholin

William Butler Yeats, poète et dramaturge irlandais, naquit le 13 juin 1865 en Irlande. A six ans, il quitta l’Irlande pour l’Angleterre où il vécut plusieurs années. C’est à Londres et à Dublin qu’il fit ses classes primaires et secondaires et commença en 1883 des études d’art dramatique à Londres. Il obtint sa licence en 1886 et vécut quelques années à Londres. Là-bas, il fit la connaissance d’Ernest Rice avec l’aide duquel il fonda le Rymers Club, société littéraire.

Il publia son premier recueil de poésie en 1889, à 24 ans. Dès sa parution, ce recueil attira l’attention du public qui reconnut immédiatement en Yeats un grand poète. Priestley a notamment écrit : "Le génie et un charisme singulier sont deux des caractéristiques que Yeats possédait à profusion."

Mais c’est avec le théâtre que Yeats accéda au rang qui lui est vraiment dû. Selon ses propres mots : "Il n’y a rien de plus public que le théâtre pour envoyer un écrivain nu devant son public."

Ou peut-être est-ce la nécessité pour son pays l’Irlande d’avoir un théâtre indépendant qui le poussa à écrire des pièces. Sa pièce intitulée La Comtesse Kathleen, qu’il rédigea en 1889, lui conféra une place à part dans le monde théâtral.

Yeats a rédigé plus de trente pièces dont l’une d’entre elles a le même thème que Rostam et Sohrâb. Il a écrit cette pièce d’après le mythe de Cuchulainn, Le Chien de Culann. Ce mythe puise ses racines dans la mythologie irlandaise. Les Irlandais, descendants directs des Celtes, tribu aryenne qui immigra des rives du Danube vers les côtes de l’Europe occidentale, étaient un peuple imaginatif, doté d’une poésie fantaisiste et merveilleuse ainsi que d’une mythologie à la fois riche et belle. Cette mythologie se divise en plusieurs branches dont l’une d’elles concerne la vie du héros Cuchulainn. C’est la plus belle branche de la mythologie irlandaise. Cuchulainn était l’Achille irlandais, un combattant exceptionnel dont les colères lui valurent, à lui et son entourage, bien des tourments.

On ne sait pas d’où vient le personnage de Cuchulainn et quelles sont ses origines. Dans la mythologie irlandaise, il était le guerrier et le champion d’Ulster. Son nom signifie "Chien de Culann", bien qu’on l’appelât souvent le Chien d’Ulster. Sa mère était la fille du druide Cathbad, conseiller du roi d’Irlande. Ce druide prédit un destin exceptionnel à l’enfant qui, d’après lui, mourrait jeune. L’enfant vint au monde au château d’Imbret et on l’appela Setanta. Il passa son enfance à la cour du roi son père et fut très vite initié au métier des armes. Il montra immédiatement de bonnes dispositions à gouverner. A six ans, il quitta son lieu de naissance et rejoignit la cour de Conchobhar à Emain Macha dans le pays d’Ulster (actuellement l’un des états du nord de l’Irlande).

Le roi Conchobhar, célèbre souverain irlandais, a réellement existé. Vivant au Ier siècle, il fut contemporain d’un César romain. Cuchulainn vainquit rapidement tous les jeunes hommes de la région et devint leur chef. Il avait très vite appris à se battre mais on ne se rendit vraiment compte de sa puissance que le soir où il tua un chien féroce à mains nues. Il s’était présenté assez tard à la porte du forgeron Culann qui recevait le roi. Le chien de garde du forgeron l’ayant attaqué, Cuchulainn écrasa la tête de l’animal contre la porte de la forge. Le forgeron s’étant plaint de la perte de son animal, Cuchulainn offrit d’en prendre la place le temps de trouver un autre chien, mais Culann déclina l’offre. C’est ainsi que Setanta fut nommé Cuchulainn "Chien de Culann".

Bien que son grand père, le druide Cathbad, l’ait averti que quiconque se battrait pour la première fois à telle date mourrait, la saison des tournois étant arrivée, Cuchulainn ne put résister au désir de se battre. Il se mesura à trois ennemis semi-divins, Tuachell, Fannell et Foill et les vainquit tous. Toutes les femmes d’Irlande tombèrent alors amoureuses de lui. Les habitants d’Ulster décidèrent de le marier mais aucune femme n’était digne de lui. Ce fut finalement Cuchulainn lui-même qui régla ce problème. Il tomba amoureux d’Emer, fille de Forgall, un très rusé chef de guerre au fief proche de Dublin. Il demanda au père la main de la fille, mais Forgall, peu favorable à ce mariage, posa pour condition à son acceptation que Cuchulainn fasse un apprentissage en Ecosse, auprès de deux des grands guerriers cotais. Le jeune s’en alla donc en Ecosse afin d’apprendre à mieux se battre. Or, l’un de ses maîtres était une femme prénommée Scathach. Il fit la connaissance de la sœur de cette dernière, Aoifa, autre éminente princesse guerrière. Ils devinrent très proches et Cuchulainn l’épousa avant de rentrer en Irlande. De leur union naquît un garçon, qu’Aoifa nomma Conlai.

L’affrontement entre le père et le fils selon Yeats

Un matin de bonne heure, un jeune inconnu se présenta et défia au combat le grand Cuchulainn. Ce jeune inconnu était un habitant de la Terre des Ombres en Ecosse. C’était en fait le fils de la reine Aoifa.

La belle princesse guerrière Aoifa s’était battue dans les rangs écossais contre les Irlandais conduits par Cuchulainn, et avait été vaincue par ce dernier. Cuchulainn l’avait donc obligée à l’épouser et lui avait fait un fils, Conlai. Il était ensuite rentré en Irlande.

Cuchulainn, défié par ce jeune inconnu, remarque sa ressemblance avec Aoifa et refusant le défi, lui propose son amitié. Mais le roi rusé et pervers que sert Cuchulainn exige la tête du jeune homme. Le héros irlandais se lance donc dans une lutte qu’il n’avait pas souhaitée. Ni le fils ni le père ne daignent décliner leur identité et s’affrontent en un combat dur et cruel. Le père, plus expérimenté, réussit à tuer son fils et ce n’est qu’en voyant l’anneau d’or au doigt du jeune mort qu’il découvre son identité. Mais il est trop tard et Cuchulainn, désespéré, se jette à l’eau.

On peut donc percevoir une origine commune à ces deux mythes. Chacun des deux héros (Rostam et Cuchulainn) rencontrent une princesse ennemie (Tahmineh, la touranienne et Aoifa, l’écossaise) et l’épouse. De leur union naît un fils (Sohrâb, Conlai). Quelques années plus tard, les garçons, devenus de grands héros, découvrent la vérité et se lancent à leur tour à la recherche du père inconnu, par la main duquel ils sont tués après un douloureux affrontement et sans qu’ils se doutent de leur lien de parenté. Après leur mort, leur père les reconnait - grâce au brassard pour Sohrâb, et à l’anneau paternel pour Conlai.

Il est cependant moins sûr que les origines indo-européennes de ces deux histoires aient eu une quelconque influence sur leur déroulement, d’autant plus que l’infanticide existe dans toutes les civilisations. Peut-être pourrait-on simplement affirmer que tous les mythes humains, trouvant leurs origines dans la conscience de l’homme, reflètent uniquement l’imaginaire de cette conscience au fil de l’histoire.


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