N° 45, août 2009

Au Journal de Téhéran

Découverte archéologique à Ghâhân
Arcs et trompillons


H. Kamiare


Monsieur le directeur du Journal de Téhéran,

Les journaux Ettelâat et Iran ont attiré l’attention du public sur le résultat d’une tournée effectuée par l’auteur de ces lignes, tournée qui a abouti à la découverte d’un édifice sassanide.

D’autre part, un de vos collaborateurs a bien voulu me demander quelques clichés de l’édifice en question accompagnés d’une notice explicative.

Voici les détails de cette tournée :

Ayant été chargé par Monsieur le directeur du service archéologique d’explorer les alentours de Sâveh, j’ai pris la direction sud-ouest, parcourant les 40 kilomètres qui séparent Sâveh de la vallée de Ghâhân, région géographiquement peu connue, et archéologiquement parlant inexplorée.

Edifice de Borzou. Nous pénétrâmes, moi et mon muletier, dans la fraîche et verte vallée de Ghâhân, nous dirigeant toujours vers les sources les plus hautes, inspectant les hauteurs et interrogeant au besoin les passants. Tout d’abord, nous trouvâmes sur un monticule un petit édicule hexagonal anonyme et à demi-ruiné de l’époque seldjoukide.

Poussant toujours plus loin, nous fîmes encore 10 kilomètres, mais la trouvaille la plus intéressante fut sur la haute plaine de Borzou ; elle nous fit oublier les montées et descentes fatigantes. L’édifice sassanide par son aspect, sa construction, ses vastes baies, ses proportions, ses arcs elliptiques et ses trompes demi-circulaires n’est visible que de la petite plaine de Borzou sur le pourtour de laquelle il se trouve, et nous ne l’aperçûmes qu’après avoir gravi le sentier et posé le pied sur la plaine.

Il est à remarquer que le site a conservé jusqu’à ce jour son ancien nom sassanide. Une piste qui conduit du village de Ghâhân à Tafrech passe à proximité.

Quant à l’édifice, actuellement représenté par quatre piliers reliés par quatre arcs et surmonté d’une coupole effondrée, il est du type Tchâhâr-Tâgh ; un pavillon ouvert sur ses quatre faces. Son plan est carré, extérieurement de 9,04 m sur 9,04 m. La salle mesure 5,10m sur 5,10m. Hauteur actuelle 4,75 m. L’édifice est bâti en moellons liés au plâtre, tout comme ses pareils sassanides disséminés dans divers coins de l’Iran. Nous connaissions déjà cinq de ces bâtiments plus ou moins abîmés, mais tout de même encore debout : un à Neizar, un autre à Djerré, deux à Kâzeroun et un cinquième à Bâzehour.

L’édifice de Borzou que je viens de découvrir est le sixième de la série. Il y en avait plusieurs ; il résulte de l’examen des vestiges. Chaque localité plus ou moins importante en possédait un. Certains indices même me font supposer que bon nombre d’entre eux ont pu être érigés à l’époque post-sassanide.

Quelle en fut la destination ? Sanctuaire ou temple, hôtel, résidence, ou bien cour d’audience d’un chef tribal ? Quoiqu’il en soit, ces bâtiments de style homogène projettent toujours une lumière sur l’activité constructive et le stade de développement urbain atteint par la société contemporaine de la dernière période de l’Iran antique. Les autres détails de l’édifice qui nous occupe ne pouvant intéresser que les spécialistes, je termine ici mon exposé.


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