N° 45, août 2009

La situation actuelle de l’astronomie en Iran


Sharâgim Amini*
Traduit par

Samira Fakhâriyân


Lorsque Nassireddin Tusi construisit l’observatoire de Marâgheh, le plus grand observatoire de la région dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, il pensait, avec raison, que l’astronomie iranienne deviendrait alors le leader mondial de cette science. Après la construction de cet observatoire, terminé après deux décennies d’efforts incessants, d’autres observatoires furent bâtis sur son modèle, notamment ceux de l’Inde et d’Istanbul. Pendant longtemps, l’observatoire de Marâgheh fut l’un des plus importants observatoires du monde. Aujourd’hui, de ce centre scientifique, il ne reste que de rares vestiges, éparpillés sur une colline surplombant la ville de Marâgheh. Heureusement, les autorités ont décidé de rénover les restes de ce monument après les fouilles archéologiques effectuées sous la direction de Parviz Vardjâvand.

Maintenant que le diamètre des plus grands télescopes du monde dépasse une dizaine de mètres et que même dans les pays voisins de l’Iran tel que l’Arménie, de grands télescopes de plus de deux mètres de diamètre (un télescope de 2,5 mètres pour l’Arménie et un télescope de 3 mètres de diamètre en construction en Iraq) sont en service, on ne peut plus considérer l’Iran comme un leader en matière d’observation des astres ; mais la nouvelle de la fondation de l’observatoire national d’Iran en 2003 a enchanté la société scientifique et en particulier les astronomes de notre pays.

Les maîtres de ce domaine

La couverture du numéro 186 de la première revue mensuelle spécialisée en astronomie en Iran

Dans les domaines de la physique et de l’astronomie, ainsi que dans ceux de la médecine et de l’ingénierie, les Iraniens ont de grands savants qui travaillent actuellement dans les meilleurs centres scientifiques du monde. Parmi ceux qui travaillent à l’extérieur de l’Iran, on peut nommer le professeur Firouz Nâderi, directeur adjoint de la NASA Jet Propulsion Laboratory et responsable de la formulation des projets et de la stratégie [1], le professeur Bahrâm Mobâcher, professeur de physique et d’astronomie d’observation à l’Université de Californie et expert de l’Institut des sciences du télescope spatial Hubble [2], ainsi que le professeur Mohammad Heydari-Malâyeri, astronome à l’observatoire de Paris [3]. En Iran également, de grands noms occupent le devant de la scène en astronomie. Il y a maintenant plus de cinquante astrophysiciens professionnels (chercheurs et doctorants) dans ce domaine. Les plus éminents sont trois professeurs de physique : le professeur Yousef Sobouti, ex-président de l’Association d’astronomie d’Iran, le professeur Réza Mansouri, président de l’Association de physique de l’Iran et le professeur Abdollâh Riazi [4], astronome enseignant à l’Université de Shirâz.

L’Association d’astronomie d’Iran

L’Association d’astronomie d’Iran, qui était l’une des branches de l’Association de physique jusqu’en 1994, devint indépendante cette année-là. Cette association, ainsi que les autres associations scientifiques du pays sont financées par le Ministère des Sciences et de la Recherche. Le bureau présidentiel et le Centre d’Etudes et de Collaborations Scientifiques Internationales du Ministère des Sciences et de la Recherche allouent également un budget annuel à cette association. Le Club d’Astronomie Amateur de cette association a été fondé en 2002. La tâche de ce club est de suivre et de superviser les activités de l’astronomie amateur en Iran. Les programmes essentiels de ce club consistent à organiser le congrès annuel des astronomes amateurs d’Iran, et de superviser les activités de l’Atelier national de l’astronomie amateur, ainsi que d’organiser la session mensuelle du Club d’Astronomie. Il gère également les participations à la compétition d’observation des astres ‘‘Charles Messier’’ [5].

Les observatoires situés en Iran

Aujourd’hui, il y a plus de vingt-cinq observatoires actifs en Iran, à Téhéran, Tabriz, Mashhad, Shirâz, Ispahan, Ahvâz, Kâshân, Kermân, etc. Ces observatoires poursuivent différents buts de recherches, d’enseignements et de divertissements. L’observatoire de Tabriz est le plus grand observatoire de l’Iran, suivi de l’observatoire Abu Reyhân Mohammad Birouni (dont le diamètre du télescope est de cinquante centimètres) et ceux de l’Université de Kâshân et de Zanjân (avec des télescopes de quarante centimètres de diamètre), sans compter l’Observatoire national d’Iran, actuellement en construction, dont l’inauguration est prévue pour 2015. [6]

La Voie Lactée, vue de nuit à Marandjâb, dans le désert central de l’Iran

La revue Nodjoum [7]

Au mois d’octobre 1991, un groupe composé de professeurs de physique et d’astronomes amateurs publièrent la première revue mensuelle spécialisée en astronomie en Iran. La société Zarvarân, première compagnie iranienne de construction d’observatoires, est l’éditeur de cette revue, intitulée Nodjoum. Le premier rédacteur en chef de Nodjoum fut le professeur Towfigh Heydarzâdeh. Son remplaçant est le professeur Mansour Vessâli, qui occupe toujours ce poste. Cette revue est la seule revue iranienne spécialisée en astronomie et sciences spatiales. Elle possède également un site internet bilingue du même nom.

Le marché des livres astronomiques

La situation du marché des livres astronomiques n’est pas brillante en Iran. Parmi les milliers de titres publiés chaque année dans le pays, seule une centaine traite de l’astronomie. Ces titres concernent généralement l’astrophysique, la cosmologie, l’histoire de l’astronomie, les instruments d’observation, l’astronomie amateur, la connaissance des planètes et les sciences spatiales. La plupart des publications astronomiques sont des traductions et parmi elles, les livres traitant de la cosmologie ont le plus grand nombre de lecteurs.

L’éclipse solaire de l’année 1999

En 1999, une éclipse solaire totale eut lieu et l’Iran était la meilleure région d’observation. Cet événement développa le goût des Iraniens pour l’astronomie et de nombreux clubs d’astronomie amateurs virent le jour. Même les médias iraniens diffusèrent plus d’émissions sur ce sujet.

L’astronomie amateur

Dans tout le pays, plus de mille astronomes amateurs organisent des groupes d’observation des astres. Les étudiants et les élèves constituent la majorité de ces astronomes amateurs.

Bien que les déserts de l’Iran, à cause de leur obscurité, soient parmi les meilleurs sites d’observation des astres, il n’existe en Iran que trois observatoires situés hors des villes. Aucun observatoire n’est construit en bordure ou dans les deux grands déserts iraniens, le Dasht-e Lout et le Dasht-e Kavir. C’est la raison pour laquelle les astronomes amateurs iraniens organisent souvent des excursions astronomiques dans le désert. Les déserts, les plaines et les hauteurs aux vastes horizons, éloignés de toute forme de pollution visuelle ou sonore, constituent les sites d’observation favoris des astronomes.


* (membre de l’Association des jeunes physiciens iraniens)

Notes

[4Le professeur Riâzi, astrophysicien, est notamment l’auteur de deux ouvrages intitulés An Introduction to Cosmology et An Introduction to Modern Astrophysics, publiés par l’institut World Scientific Publishin.

[5En l’honneur de Charles Messier, astronome français.

[6Vous pouvez lire un article sur l’observatoire national d’Iran dans ce même numéro.

[7Le mot « nodjoum » signifie « astronomie » en persan.


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