N° 12, novembre 2006

L’Exposition Internationale du Coran : l’art du verbe


Arefeh Hedjazi


La 14ème Exposition Internationale du Coran s’est tenue du 27 septembre au 19 octobre 2006 dans le grand Mosalla de Téhéran.

Chaque année, à Téhéran, le mois de ramadan donne l’occasion à ses milliers de personnes de tous âges et de toutes professions se sont rassemblées au grand Mosalla pour découvrir ou redécouvrir le Coran au travers des multiples genres qui l’illustrent, de la calligraphie au design industriel ; de la psalmodie musicale du Texte Divin à l’ébénisterie.

Situé sur un vaste terrain, pris dans l’étau de deux autoroutes, le Mosalla de Téhéran a l’ambition de devenir le plus grand lieu de prière d’Iran.

D’ici là, il offre ses belles plates-bandes parsemées de roses, jasmins, narcisses, saules, peupliers et autres êtres verts aux pas las des visiteurs de l’Exposition.

Rassemblant quelques trois cents stands, l’Exposition s’est tenue sur deux étages et a compris également des petites galeries exposant des œuvres très variées.

Le premier étage est une longue galerie coupée de niches où ont été placées les œuvres internationales des calligraphes, peintres, graphistes, ébénistes, tailleurs de pierre et tanneurs contemporains inspirées par le Coran. C’est toute la magie du Livre Saint sous le pinceau attentif et raffiné de l’artiste, matérialisée au travers de quelques centaines de tableaux ornés de " Verbes " coraniques, arabesques géométriques calligraphiées avec soin, souvent sur fond uni, parfois coupées d’un trait puissant, rajoutant par son asymétrie une plus grande harmonie à l’ensemble. Travail dont on ne sait pas exactement s’il a été réalisé par un calligraphe, un graphiste ou un peintre.

En outre, divers ateliers mobiles ont été placés dans les différents coins de la galerie et des artistes musulmans - du Maghreb à l’Asie du Sud-Est - œuvrent sous l’œil attentif des visiteurs qui peuvent voir naître sous leur regard émerveillé de sublimes tableaux.

Quant aux matériaux utilisés, on peut nommer entre autres le papyrus, le bambou, le bois, le cuir, le bronze et la pierre.

Parmi les participants, la présence de l’Office international pour la traduction du Coran fut à remarquer. Cet Office a participé à l’Exposition en présentant plus d’une cinquantaine de traductions coraniques en diverses langues telles que l’hébreu, le danois, le finnois, le polonais, le chinois, le créole, le bosniaque, etc.

On y a trouvé également toute une partie réservée aux éditeurs de Qom, qui avaient organisé des séances de questions-réponses concernant les lois religieuses qui régissent la vie de tout croyant, et ce en présence de théologiens invités.

Le rez-de-chaussée fut, quant à lui, consacré aux stands des maisons d’édition, associations et centres d’études venus présenter les nouvelles ou les anciennes éditions du Coran. On a pu admirer par exemple ce minuscule Coran, d’une épaisseur de 5 millimètres, haut de deux et large d’un centimètre, publié en 1870. Ou cet autre Livre Saint, sorti tout droit des imprimeries personnelles du roi qâdjâr Nasser-e-Din en 1828.

Les nouvelles éditions du Coran, quant à elles, allient le classicisme de la calligraphie à de superbes innovations au niveau des reliures, enluminures, formats ou coloris.

Des Corans de poche à la reliure de cuir fermé par un zip aux immenses Corans pour mal-voyants, en passant par les minuscules Corans de bord, grands comme des boîtes d’allumettes et minutieusement disposés dans des plumiers de velours, des milliers d’exemplaires de ce Livre Divin répondent à tous les goûts et ferveurs.

Outre ce Livre Saint, on a pu trouver également d’autres ouvrages : ainsi, les nombreuses maisons d’édition présentes à cette exposition firent découvrir aux visiteurs de nombreux titres allant des livres de prières et commentaires coraniques à des œuvres traitant de tous les aspects de la vie moderne à la lumière des nouvelles interprétations religieuses.

Cette année, les enfants et les adolescents n’ont pas été oubliés car plus d’une vingtaine de stands leur ont proposé des activités. La moitié d’entre eux ont été ainsi aménagés en ateliers de poterie, peinture, gravure, calligraphie, écriture et spectacles où les enfants et adolescents ont pu user de leurs talents pour illustrer les divers thèmes religieux de l’Exposition.

Une cinquantaine de stands ont été également destinés aux jeunes. Parmi eux, une vingtaine présente de multiples programmes multimédia consacrés au Coran. Toutes sortes de CD interactifs, logiciels, jeux, films, enregistrements coraniques, sites internet et liens ont été ainsi présentés de façon très ludique et intéressante.

Autre stand interactif, celui de la télévision et de quatre compagnies cinématographiques produisant des films tels que Marie et l’Imam Ali. On a pu y admirer les costumes de ces films ainsi que quelques maquettes représentant des villes antiques, des statues de pharaons, etc.

Un autre stand à ne pas manquer était celui où des scènes de la vie quotidienne du Prophète (bsi) étaient représentées dans un décor très réaliste, avec des personnages de cire. D’autres illustraient également un sujet particulier comme le personnage du Prophète (bsi) ou encore de la femme musulmane. L’ensemble a donc présenté de façon très vivante toute l’actualité du Livre Saint et la grande source d’inspiration qu’il représente pour des artistes du monde entier.


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