N° 13, décembre 2006

Lâhidjân


Mohammad Reza Pourmoussa
Traduit par

Arefeh Hedjazi


Lahidjan, belle et douce province des bords de la mer Caspienne, est l’une de ces régions trop fréquentées et pourtant peu connues du nord de l’Iran. Dotée, comme tous les autres recoins de ce pays antique, d’une histoire millénaire et tourmentée, elle fascine pourtant, non par son histoire, mais tout simplement de par sa beauté fertile et verdoyante, ses montagnes uniformément couvertes de forêts belles à en couper le souffle, ses immenses plages de sable ou de rochers qui bordent la mer Caspienne, - si polluée et pourtant si attachante. Pour beaucoup d’Iraniens habitués aux tons ocre des paysages désertiques, cette région est sans aucun doute un avant-poste du paradis.

C’est le fleuve Sefid Roud dont le lit est la vaste vallée qui sépare les deux grandes chaînes montagneuses Alborz et Talesh poursuivant sa longue route depuis les hauteurs de la chaîne Alborz jusqu’à la Caspienne et érodant sur son trajet les falaises de ces orgueilleuses montagnes, qui a permis à la plaine du Lahidjan, coincée entre les hauteurs de ces redoutables monts et les eaux mouvantes du plus grand lac de la planète bleue, d’être parmi les plus fertiles de l’Iran puisque tous les dépôts de l’érosion de la fière Alborz y terminent leur existence. Cela, conjugué à l’humidité et aux fortes pluies provenant de la Caspienne, permettent à cette plaine de bénéficier d’une fertilité et d’une fraîcheur sans pareilles dans le reste de l’Iran, pays par ailleurs désertique et montagneux.

La partie nord de cette plaine qui borde la Caspienne est la plus basse et plus on s’avance vers le sud, plus l’altitude augmente. Les montagnes de l’ouest de chaîne Alborz sont situées dans l’est et le sud de cette région. Nommées Sheytan Kouh, Gamal et Ahta Kouh, elles sont couvertes de forêts touffues, qui dissimulent en leur sein une faune diversifiée comprenant loups, chacals, renards, ours, lynx, gazelles, chamois, castors, hérissons, lièvres, sangliers, pumas d’Asie, hyènes et certains animaux locaux, tel ce rat-lièvre au poitrail blanc, ennemi juré des poulaillers, que l’on appelle le " Ganj Banou ", ou ce minuscule crocodile sans nom, qui hante les marais de la région. Il ne faut pas oublier de mentionner la flopée d’oiseaux aquatiques ou non comme les multiples familles de canards sauvages, d’oies sauvages, de marabouts et autres oiseaux à longues pattes, de piverts, d’aigles marins, de chouettes et hiboux en tous genres. Ces montagnes forment donc un écosystème très complet tant au niveau de la flore que de la faune et offrent aux regards une débauche magnifique de la Nature.

Sheytan Kouh

La province du Lahidjan comprend les villes de Langaroud, Deylaman-o-Siahkal, Rankouh, Astaneye Ashrafyeh et ses plus importantes rivières sont Pel Roud ou Pileh Roud (la Grande Rivière), Sham Roud ou Shim Roud, Sefid Roud et Pardeh Sar.

Parmi les curiosités géographiques, on peut évoquer l’existence du " Toit Vert " situé sur les hauteurs de Sheytan Kouh. Quatre-vingts marches de pierre, bordant une magnifique cascade à l’eau pure qui jaillit depuis le sommet de la montagne pour finalement se jeter dans une grande piscine construite sur ordre du roi safavide Shah Abbas le Grand au VIIème siècle, ont été taillées depuis le sol jusqu’à cet endroit. Malheureusement, il reste peu de vestiges de cette piscine historique.

Lahidjan, située entre la haute chaîne Alborz et la mer Caspienne, est couverte de forêts. Son climat est humide, tempéré et très doux, et il échappe aux violents extrêmes du climat iranien puisqu’en été, la température de cette province ne dépasse pas les 32 degrés et ne descend pas à moins de 4 degrés centigrades durant l’hiver. Il pleut en moyenne entre 1300 et 1500 millimètres chaque année, surtout dans la partie bordant la mer Caspienne, c’est-à-dire dans la plaine.

Etant donné ce climat, la ville de Lahidjan est un pôle agricultural et ses particularités géographiques et économiques lui ont permis d’occuper une place à part parmi les villes du Gilan.

Lahidjan, ville phare de cette province, est une grande et vieille cité du Gilan. Avec ses 1498 kilomètres carrés, elle est la troisième grande ville gilanaise et, avec ses 256 000 habitants, d’ethnies Guilaks et Galeshs, elle en est la deuxième ville la plus peuplée. Le dialecte local est le guilaki.

Etymologiquement, Lahidjan, autrefois appelée Lahedjan signifie " la Ville de la Soie ".

Les Lahidjis, d’abord adeptes de la religion antique de la Perse, se sont convertis à l’islam sous le règne d’un suzerain autochtone, Nasser Alhegh Otroush.

L’agriculture est l’activité principale des Lahidjis, qui cultivent principalement le riz dans la plaine et le thé dans les piémonts. Le commerce est également très florissant. Les principaux produits exportés de cette région sont la soie, le riz et le thé.

A l’attention des gourmets, on peut signaler le Koloutcheh, sorte de gâteau traditionnel fait de farine, de pistache, de noix, de banane et de noix de coco. En outre, c’est en 1873 que Mohammad Hossein Esfahani planta pour la première fois du thé en Iran mais son essai échoua et il fallut attendre 1890 et un homme, Kashef-o-Saltaneh, surnommé " le Planteur de Thé ", qui se lança avec succès dans la culture de cette plante si prisée des Iraniens, pour que le thé entre définitivement dans la liste des productions régionales du nord de l’Iran. Aujourd’hui, le thé de Lahidjan est l’un des plus importants produits d’exportation du pays. Quant au tourisme, la situation exceptionnelle de Lahidjan lui a permis de s’adouber sans peine du titre de la " Reine des Villes du Nord", surtout qu’étant proche du chef-lieu du département, elle a très bien su favoriser l’essor de l’industrie du tourisme.


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