N° 13, décembre 2006

Herât, la plus iranienne des villes de l’Afghanistan


Maaike Bleeker, Shâhin Ashkân


Située tout près de la frontière iranienne, Herât, une des plus anciennes villes d’Afghanistan, trouve ses racines dans l’Iran antique.

Herât faisait auparavant partie de l’une des étapes de la Route de la Soie. Elle a joué un rôle considérable dans le commerce entre la péninsule indienne, le Moyen-Orient, l’Asie Centrale et l’Europe. Sa position géographique, au croisement des civilisations orientale et occidentale, a fait de Herât l’un des berceaux de la civilisation.

En 1401, Châh Rokh, fils de Tamerlan, et sa femme Goharshad, déplacent la capitale des Timûrides [1] de Samarkand à Herât. Au XVe siècle, la ville atteint le sommet de sa célébrité ; c’est alors l’âge d’or de Herât.

Fermes de Herât

Les Timûrides furent les premiers à associer leur culture nomade à la culture sédentaire existant déjà dans la plaine de Fars. En construisant des dizaines de mosquées, des écoles, des bibliothèques et des parcs publics, les Timûrides ont métamorphosé Herât en une cité

majestueuse. A cette même époque, le grand peintre et miniaturiste Behzâd offre ses talents à la cour pour parer Herât de mille ornements. Amir Ali Chirnavaï, poète et écrivain, alors ministre de Châh Rokh, écrit ainsi : "A Herât, on ne peut

La place Ta’mir

faire un pas sans croiser un poète". Le poète persan Djâmi était également présent à la cour d’Ulug Beg, le fils de Chah Rokh.

Après avoir construit des dizaines de mosquées, Goharshad inaugure, en 1417, la construction son propre mausolée au pied de la ville. Cet ensemble comprend une mosquée et une école. Ses colonnades ouvragées de mosaïques bleues ornées de fleurs en arabesques, sa coupole dont le pourtour est décoré d’écrits dorés des versets du Coran, font de ce monument l’un des chefs-d’oeuvre de l’architecture islamique. En 1937, après avoir observé cet ensemble, Byron le qualifia comme étant le plus bel exemple architectural de polychromie que l’homme ait inventé pour immortaliser son rapport avec Dieu. Une grande partie de ce majestueux monument fut détruit par les anglais en 1885. Les soviétiques, quant à eux, en minèrent tout le périmètre, de peur qu’il ne soit utilisé comme refuge par les moudjahidines.

La mosquée de Djameh, vue extérieure

Lieu de passage de tous ceux qui rêvaient d’étendre leur empire, Herât demeure un haut lieu de résistance contre des envahisseurs en tout genre, ainsi qu’un lieu de lutte pour la liberté.

Notes

[1Ou descendants de Tamerlan.


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